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Gestion de l’offre : un système qui appauvrit les Québécois – Vers une Réforme Pragmatique

Imagine une famille québécoise moyenne — peut-être la tienne — qui fait ses courses au IGA, Metro ou Provigo. Le litre de lait? Autour de 4 à 5 $. Une douzaine d’œufs? Souvent 5 à 7 $. Du poulet? Plus cher qu’aux États-Unis ou en Nouvelle-Zélande, avec des hausses possibles de 15-20 % dans certains cas. Ces produits essentiels pèsent lourd dans le budget courses, surtout avec l’inflation alimentaire qui reste élevée en 2026 (+4-6 % prévu). Pour une famille de 4, ça ajoute des centaines de dollars par année au panier d’épicerie.

Pendant ce temps, les banques alimentaires du Québec sont débordées : plus de 3 millions de demandes par mois en 2025 (Bilan-Faim 2025), une hausse de 37 % depuis 2022. Près d’un million de personnes aidées chaque mois, dont 35 % d’enfants. Des aînés qui coupent dans le lait pour payer leurs médicaments, des parents qui sacrifient les œufs ou le poulet pour que les petits mangent, des travailleurs qui voient leur frigo se vider plus vite. C’est la réalité dans beaucoup de cuisines québécoises.

Pourquoi on en est là? Parce que la gestion de l’offre — mise en place dans les années 1970 pour stabiliser les marchés du lait, des œufs et de la volaille — est devenue un système rigide qui maintient les prix élevés pour les consommateurs.

Ce système augmente le coût par protéine et influence la qualité de nombreux produits transformés. Dans certains cas, les coûts élevés influencent les choix de formulation dans l’industrie de la transformation, avec parfois plus de poudres et d’additifs au lieu d’ingrédients frais, ce qui peut affecter le goût et la perception de qualité. Et ça se répercute sur le yogourt, le fromage, les plats préparés — souvent plus chers ici qu’aux États-Unis ou en Nouvelle-Zélande.

À l’origine, la gestion de l’offre visait à protéger les petites fermes familiales contre les fluctuations de prix. Mais le résultat est différent : les quotas ont limité l’entrée de nouveaux producteurs et ont contribué à une concentration. Le nombre de fermes laitières a chuté de plus de 80 % depuis les années 1970 (de 145 000 à moins de 10 000), et ça continue aujourd’hui : 100 à 150 fermes ferment chaque année au Canada malgré le système censé les protéger. Une réforme progressive, avec rachat des quotas et soutien à la reconversion, permettrait d’éviter le pire du statu quo actuel.

Le système force aussi des gaspillages : du lait jeté pour respecter les quotas, plutôt que d’ajuster à la demande réelle.

Les conséquences touchent durement les plus vulnérables. Près de 20 % des Canadiens (plus de 8 millions) luttent pour une alimentation nutritive. Pire : ce système est régressif — il frappe proportionnellement 5 fois plus fort les ménages à faible revenu (jusqu’à 2,29 % de leurs revenus) que les plus aisés (0,47 %), selon les études récentes. Les plus vulnérables paient le prix fort pour un système qui bénéficie à un nombre limité de producteurs. Au Québec, +25 % de demandes aux banques alimentaires depuis 2020, avec des enfants et des aînés dans les plus touchés.

Mais en tant qu’optimiste, je vois une opportunité. Une déréglementation progressive, inspirée de pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, où la fin des quotas et subventions a permis plus d’innovation, des exportations accrues et des prix stabilisés ou en baisse réelle à long terme.

Solutions pragmatiques :

1. Phase 1 : Racheter les quotas via un fonds fédéral (économies sur les subventions actuelles ~3-4 G$/an), prêts à faible taux pour aider les fermiers à se reconvertir (bio, niches, export). On ne les laisse pas tomber : on rachète leur droit de produire pour leur offrir une sortie honorable et leur permettre de réinvestir sans la dette écrasante des quotas.

2. Phase 2 : Réduire progressivement les tarifs (10-20 % par an), négocier des accords commerciaux ambitieux.

3. Phase 3 : Éliminer les barrières interprovinciales pour créer un vrai marché canadien unique.

  • Soutien ciblé : Bons alimentaires pour les familles vulnérables, financés par les économies réalisées.

Pour les fermiers, c’est aussi une libération : fin des quotas qui endettent, moins de bureaucratie, liberté d’innover et d’exporter. Moins de règles coûteuses signifient des produits plus compétitifs. Un vrai libre-échange permettrait même une petite part du marché américain ou européen — disons 0,1 à 0,5 % —, ce qui représenterait déjà un volume significatif, souvent plus important que la production québécoise actuelle pour certains segments. Ça créerait des économies d’échelle, baisserait les coûts et générerait de la richesse locale (emplois, revenus stables).

Ça moderniserait l’agriculture : plus d’innovation, emplois mieux payés, durabilité accrue.

La gestion de l’offre n’a plus sa place en 2026. Elle augmente les coûts pour les consommateurs, gaspille des ressources et freine notre potentiel.

Ce n’est pas une solution miracle qui règle tout, mais enlever cette couche problématique rendrait l’alimentation plus accessible et le panier moins cher sur le long terme.

En la réformant, on pointe vers la vraie richesse des citoyens : baisse du coût par protéine pour chaque famille, afin que chacun puisse manger à sa faim avec des produits de qualité, peu importe son statut social, en restant en santé. Manger de la protéine de qualité ne devrait pas être un luxe. Mieux nourrir les Québécois aujourd’hui, c’est vider les salles d’urgence demain. C’est un investissement direct dans notre système de santé.

D’ailleurs, un sondage récent de Spark Advocacy révèle que 58 % des Canadiens estiment que l’idée d’adhérer à l’Union européenne mérite d’être explorée. Une telle adhésion exigerait très probablement la fin de la gestion de l’offre. Cela montre que de plus en plus de citoyens sont prêts à remettre en question ce système rigide, non pas pour plaire à Washington, mais pour diversifier nos partenariats et rendre l’alimentation plus abordable.

Le vrai enjeu n’est pas un produit « d’ici » inabordable pour la majorité, mais une alimentation de qualité à prix raisonnable pour tous — peu importe l’origine. Une réforme priorise le local en éliminant les règles qui ne le rendent pas compétitif, garde nos normes strictes, et permet à chaque citoyen d’avoir une vie meilleure sans sacrifier santé ou budget.

Les Québécois méritent mieux : alimentation accessible, fermes innovantes et prospérité qui mettent l’argent dans les poches des citoyens. Agissons avec optimisme et pragmatisme pour un avenir où personne n’est laissé pour compte.

Sources : Bilan-Faim 2025, Statistique Canada, IEDM, Fraser Institute, OCDE, Rapport canadien sur les prix alimentaires 2026, etc.

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Cédric Tardif
Cédric Tardif
Cédric Tardif est un entrepreneur québécois autodidacte, parti de rien – travail en boucherie à 14 ans, apprentissage sur le tas en tech dès 1997, croissance d’une entreprise puis acquisition et revente après des années de travail intense. Passionné par l’autonomie énergétique, la prospérité de tous les Québécois et l’équité sociale, il souhaite contribuer à un enrichissement durable du Québec avec une vision réaliste et pleine de potentiel, pour que chaque Québécois retrouve justice et richesse dans son quotidien.

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