Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a tenu une rencontre de plus d’une heure avec le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, le 26 avril dernier. À l’issue de cet échange qualifié de très productif, les deux leaders ont affiché une vision commune : redonner aux provinces leur pleine autonomie face à ce qu’ils décrivent comme une centralisation excessive du gouvernement fédéral.
Au cœur des discussions figurait l’avenir de la Confédération canadienne. Duhaime et Moe partagent le diagnostic selon lequel les interventions d’Ottawa empiètent sur les champs de compétence provinciaux, engendrant des dédoublements réglementaires jugés inutiles. Certains qualifient cette dynamique de « fédéralisme coercitif », d’autres de « fédéralisme toxique » — deux expressions qui désignent, selon eux, le même problème structurel.
« Nous venons d’horizons différents, mais nous arrivons à la même conclusion : la Confédération ne peut fonctionner que si Ottawa respecte pleinement les compétences des provinces », a déclaré M. Duhaime à l’issue de la rencontre.
Réduire le pouvoir de dépenser fédéral
Dans la même veine, les discussions ont porté sur la nécessité de restreindre le pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral, en recentrant son rôle sur ses responsabilités fondamentales, notamment la stabilité monétaire et la défense nationale. Les deux hommes ont aussi exprimé leur inquiétude face à la montée d’un sentiment de rupture au sein de la fédération, qu’ils attribuent aux politiques centralisatrices de l’administration libérale fédérale.
Pour M. Duhaime, la voie à suivre est claire et ne passe ni par la soumission ni par la séparation. « Les Québécois ne veulent ni se soumettre à Ottawa, ni quitter le Canada. Ils veulent que le Québec soit maître chez lui, libre de ses choix, dans une Confédération qui fonctionne réellement », a-t-il soutenu.
Une convergence qui dépasse les frontières
Cette alliance illustre, selon le chef du PCQ, que les préoccupations quant à l’équilibre fédéral-provincial ne sont pas l’apanage du Québec. En effet, bien que les deux leaders évoluent dans des contextes politiques distincts — M. Duhaime défendant un fédéralisme autonomiste au Québec, M. Moe portant la méfiance traditionnelle de l’Ouest envers l’interventionnisme fédéral —, ils convergent vers les mêmes conclusions sur la gouvernance de la fédération.
Cette rencontre s’inscrit dans une démarche plus large visant à tisser des liens entre provinces partageant une vision similaire, fondée sur le respect des compétences constitutionnelles et la réduction des chevauchements administratifs. Éric Duhaime y voit une étape importante dans la construction d’alliances interprovinciales autour d’un projet de fédéralisme renouvelé.

