Depuis l’installation du gouvernement Carney en avril 2025, les controverses ne font que se multiplier dans l’indifférence la plus totale, notamment par les propos de ses ministres et députés. Ces personnes semblent avoir les mains libres, malgré leurs bourdes. Ainsi, il importe de se poser la question suivante : Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Les controverses
Les controverses sont monnaie courante au Parti libéral du Canada, qu’il soit sous la direction de Justin Trudeau ou de Mark Carney. Ainsi, il faut se demander que font les whips quand il y a du travail à faire ? Il est de leur devoir de recadrer les ministres et les députés afin de réveiller toutes sortes de controverses.
Mélanie Joly n’en est pas à son coup d’essai. En janvier 2026, lors des renégociations de l’entente entre le Canada et la Chine, Mme Joly avait déclaré « qu’il était plus facile de négocier avec les Chinois qu’avec le voisin du Sud. » Dans ce cas, il s’agit d’une bourde diplomatique, étant donné que la base de la diplomatie est la discrétion (elle devrait le savoir, étant donné qu’elle a été ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Trudeau). En février 2026, elle en remit une couche en affirmant que « depuis 158 ans, le Canada est à la tête du secteur automobile ». Or, ceci est faux, étant donné que le premier moteur automobile a été breveté par un Allemand nommé Karl Benz en 1886. En réalité, le Canada ne fait qu’assembler les voitures des différentes entreprises dirigeantes du secteur automobile, qu’elles soient allemandes, américaines, japonaises ou sud-coréennes.
Puis vint la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Lena Metlege Diab. Depuis sa prise de fonction comme ministre, Mme Diab a démontré une vive difficulté à maîtriser ses dossiers, notamment concernant les renouvellements de visa des demandeurs d’asile. Son passage en comités parlementaires et sénatoriaux en fin octobre 2025 et en février 2026. Ce type de ministre qui semble mal comprendre et mal maîtriser ses dossiers fait mal paraître le gouvernement. Dans ce cas, que fait le Premier ministre ? Qu’attend-il pour changer de ministre ? Considère-t-il que la maîtrise des dossiers ne constitue pas un critère suffisant pour être un bon ministre ?
Puis vint le député défroqué Michael Ma. D’abord élu en 2025 sous la bannière conservatrice dans la circonscription de Markham-Unionville, il traversa chez les libéraux en décembre 2025 au lendemain d’une soirée festive organisée par les conservateurs. Il fit notamment partie de la délégation canadienne lors de la visite du Premier ministre canadien en Chine. Ma se mit dans la controverse lorsqu’il insinua, lors de l’interrogation d’un témoin en comité parlementaire. Il l’interrogea en la demandant si elle avait été elle-même témoin des camps de travail forcé pour la minorité musulmane ouïghoure. Ainsi, il remettait en doute l’existence même du travail forcé des Ouïghours en Chine, bien qu’il s’en défendit par la suite. Il importe d’ajouter que les atrocités commises par le gouvernement chinois envers les Ouïghours sont documentées par les organisations humanitaires et des droits de l’Homme depuis des années. En revanche, lors d’une mêlée de presse, il se fit interroger par des journalistes sur ses propos et se fit demander par ceux-ci s’il remettait en doute l’existence de ces camps de travaux forcés. À cela, il répondit « qu’il y avait du travail forcé partout », puis coupa court en affirmant « avoir une réunion urgente ». Suite à cela, aucune visite du whip, aucun commentaire concret de la part du Premier ministre Carney. Ainsi, il importe de se demander pourquoi aucune sanction d’ordre du parti n’a été émise.
Pourquoi très peu de conséquences?
Il importe de se demander pourquoi aucune de ses personnalités politiques n’a eu de conséquence réelle à part mal paraître quelque temps dans les médias établis. Il est possible de l’expliquer par le fait que pas tous les médias n’ont repris ces controverses. En effet, dans le cas de Mélanie Joly, presque aucun grand média établi n’a repris ses propos. Dans le cas de la ministre de l’Immigration, seulement quelques articles publiés par Radio-Canada ont été rédigés à ce propos et la controverse a à peine duré quelques jours. Pour ce qui en est des propos de Michael Ma, seulement les médias anglophones en ont parlé. Aucun grand média établi québécois ainsi que le média d’État n’ont repris les propos. Du côté francophone, il faut conclure que ses propos ont sombré dans l’indifférence totale.
En revanche, si un député conservateur avait tenu des propos similaires, le traitement médiatique aurait-il été le même ? Il est légitime d’en douter.
Qu’en conclure?
Il faut croire que le cockpit canadien est vide. Le Premier ministre semble désintéressé de la politique. Or, il faut se demander ce qu’il fait en politique s’il s’en désintéresse. M. Carney n’a donc cure de toutes les bourdes que commettent les membres de son caucus et de son gouvernement.


