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Transfuges : réflexion sur un phénomène politique qui divise l’opinion

Le phénomène des transfuges n’est point nouveau, bien qu’il soit de plus en plus discuté depuis la défection de cinq députés conservateurs et néodémocrate vers le Parti libéral du Québec. Certaines personnes voudraient interdire les transfuges, d’autres souhaitent le contraire. Ainsi, il importe de produire une réflexion nuancée et constructive.

Les transfuges, une constante dans la politique

Comme mentionné antérieurement, les transfuges ne constituent pas un phénomène nouveau dans la politique canadienne. En effet, les transfuges existent depuis l’instauration au Canada du système de Westminster, donc de tradition britannique. En ce sens, cela est normal, puisqu’un élu peut traverser de l’autre côté de la Chambre.

Être un transfuge est parfaitement légal. Cela est-il moral? Cela n’est pas à la Loi d’en juger, mais aux citoyens, ainsi qu’aux élus prenant la décision et aux partis politiques qui les accueillent.

Les raisons des transfuges

Les élus qui prennent la décision de changer de parti ont des raisons multiples. Certes, ils donneront des raisons comme « Je le fais pour mes électeurs. », « Je veux contribuer à faire avancer le pays », ou encore « Je n’étais plus à l’aise avec les positions du chef. ». En revanche, il y a des raisons qui sont beaucoup moins honorables.

Certains élus prennent la décision parfois dans l’espoir d’obtenir un ministère, ce qui fut notamment le cas de David Emmerson en 2006, qui avait été ministre libéral pour devenir ministre conservateur, ou celui de Belinda Stronach, qui est passée de députée conservatrice à ministre libérale en 2006. D’autres le font pour éviter de perdre leur siège à la prochaine élection, ce qui risque d’être le cas de Chris d’Entremont, député conservateur ayant traversé chez les libéraux.

Certains élus le font pour des raisons purement matérielles. En effet, il ne faut pas considérer les élus et chefs d’État comme des êtres surhumains, à l’abri d’un quelconque besoin matériel. Au contraire, les élus sont des humains. Ces élus, comble de la coïncidence, voyagent aux côtés du Premier ministre ou font partie de délégations diplomatiques quelques jours voire quelques semaines après avoir traversé. D’autres élus pourraient traverser afin d’obtenir davantage de ressources pour leur bureau de comté ou encore d’obtenir l’exécution d’un projet dans leur circonscription. Cela pourrait être le cas de Marilyn Gladu, députée conservatrice et idéologiquement conservatrice autant sur le plan social qu’économique, qui a traversé pour rejoindre les libéraux. Bien sûr, ce sont des raisons hypothétiques, mais il est légitime de se demander si ce ne sont pas les vraies raisons, allant donc au-delà du discours officiel.

Petites réflexions

À présent que les raisons réelles ou supposées des élus pour traverser la Chambre sont établies, il importe d’apporter quelques réflexions constructives. Certaines personnes, notamment le podcaster et influenceur Olivier Primeau, souhaitent que la possibilité de traverser la Chambre soit interdite par la Loi. Cependant, d’autres personnes préconisent que le système est conçu pour permettre les transfuges, étant donné que comme lors d’un mariage, il ne faudrait pas empêcher un député de se sortir d’une situation dans laquelle il est malheureux.

Ainsi, une réflexion autre doit être apportée. Aucune loi ne devrait se charger de la morale. Quitter un parti pour un autre peut être considéré comme étant immoral. Dans ce cas, il en revient du choix des électeurs de sanctionner l’élu ou pas. Adopter une loi promulguant l’interdiction de transfuges ne ferait que provoquer plus d’hypocrisie de la part des élus. Il en va de même si des critères supplémentaires (obligation de quitter le siège pour se faire élire lors d’une élection partielle, par exemple) sont implantés.

À mon sens, il en revient davantage aux chefs de partis de prendre de telles décisions. En effet, eux seuls doivent fixer des conditions pour les transfuges qui veulent rejoindre leur parti. Les chefs, lors de réunions de caucus, pourront prendre des mesures afin d’y fixer des conditions lorsqu’il est question de transfuges. Lorsqu’ils fixeront des conditions quant aux transfuges, les chefs devront garder à l’esprit que si les députés ont eu assez de cran pour trahir leurs propres convictions, ainsi que leur propre parti, pour rejoindre le leur, ils peuvent reproduire la même chose avec le parti rejoint.

Les règles ou les conditions pour les transfuges peuvent ou bien être décidées en caucus, par le bureau du chef ou par des votes lors de congrès. Cela va selon les goûts de chaque parti. Chaque parti politique devrait être libre de choisir sa politique en manière de transfuges et aucune législation ne devrait empêcher cela.

Certes, il s’agit d’une position libérale (en termes de libéralisme et non de parti), mais il est question de faire appel au gros bon sens de la part des élus et des chefs. Cependant, l’opinion est nuancée et n’appelle aucunement à avoir recours au gouvernement pour régler le problème.

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Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

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