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Radio-Canada ou le Club Med des sarcasmes subventionnés

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Il y a des gens qui créent de la valeur. Il y en a d’autres qui créent des blagues de cafétéria avec un micro payé par Ottawa. Olivier Niquet et sa petite cour de La soirée est (encore) jeune appartiennent, à mon avis, à cette deuxième disgrâce : celle des petits marquis de la radio publique, très braves quand ils ricanent en gang, beaucoup moins impressionnants quand vient le temps de justifier la facture. La véritable radio-poubelle. Que d’autres fassent des podcasts ou des émissions privés en toute vulgarité c’est une chose. Pour des émissions sur une chaîne nationale, ça donne le goût de tout définancer.

Les faits d’abord. La soirée est (encore) jeune a été diffusée sur ICI Radio-Canada Première de 2012 à 2022, avec Jean-Philippe Wauthier, Olivier Niquet, Jean-Sébastien Girard et Frédéric Savard, ce dernier ayant quitté en 2018. L’émission a aussi eu une déclinaison télé/web sur ARTV et TOU.TV. Olivier Niquet, lui, indique dans sa propre bio qu’il est arrivé à Radio-Canada en 2009, d’abord avec Le Sportnographe, puis avec La soirée est (encore) jeune, avant de poursuivre aujourd’hui avec La journée (est encore jeune).

Et la machine continue. En 2026, Radio-Canada vend encore La journée (est encore jeune) comme une émission de 93 épisodes de 30 minutes, avec Wauthier, Niquet et Girard en vedette, diffusée sur ICI Première, OHdio, ARTV et TOU.TV. Le synopsis officiel dit qu’ils « passent l’actualité dans le tordeur ». Formulation très élégante pour dire : on prend l’argent du public, on ricane entre amis, et on appelle ça une mission culturelle. On joue aux bullies en faisant passer ça sur le dos de l’humour à même l’argent durement gagné des citoyens.

Maintenant, la facture. Radio-Canada n’est pas une petite radio de sous-sol avec deux micros USB et une cafetière triste. Hein?!.. Dans le Budget principal des dépenses 2025-2026, la Société Radio-Canada reçoit 1 425 237 411 $ en crédits votés, dont 1 307 346 411 $ pour les dépenses de fonctionnement et 113 891 000 $ pour les dépenses en capital. En 2024-2025, le total était encore de 1 383 237 411 $. Bref : le contribuable ne finance pas un petit ukulélé communautaire. Il finance un paquebot. On est loin de la qualité des reportages animaliers de la BBC…

Pour les salaires, Radio-Canada ne publie pas les montants nominatifs exacts. C’est commode : assez public pour encaisser, assez privé pour ne pas trop rendre de comptes. Mais le sommaire 2024 des personnalités d’antenne donne quand même le parfum du buffet. Sept personnes dans la catégorie « annonceur/animateur » à 353 994 $ de rémunération réelle moyenne ; huit « animateurs/chroniqueurs » dans la tranche 200 000 $ à 249 000 $, à 225 724 $ de moyenne ; trente et un « rédacteurs/présentateurs/chroniqueurs-recherchistes » autour de 164 824 $.

À partir de là, soyons prudents, mais pas naïfs. Ma recherche donne des ordres de grandeur raisonnables : Niquet, depuis 2009, pourrait représenter environ 2,2 à 3,0 millions $ en coûts salariaux cumulés avec charges ; Wauthier autour de 3,0 à 3,5 millions $ ; Girard environ 2,4 à 3,0 millions $ ; Savard, pour sa période plus courte, autour de 0,8 à 1,2 million $. Ce ne sont pas des chiffres officiels nominatifs : ce sont des estimations fondées sur les années de présence, les catégories salariales publiques et les charges patronales.

Puis il y a l’émission elle-même : réalisation, recherche, studio, technique, diffusion, plateformes, gestion, postproduction, tout le petit clergé nécessaire pour transformer des apartés de table de brunch en produit d’État. Là aussi, aucun budget détaillé public par émission. Mais l’ordre de grandeur retenu dans la recherche est de 10 à 30 millions $ pour la production cumulée de La soirée est (encore) jeune sur dix ans. Ajoute les salaires estimés des principaux visages, et on arrive facilement à quelques dizaines de millions de dollars pour cette belle école du ricanement institutionnel.

Et pour quoi? Pour produire quoi exactement? Du contenu à valeur ajoutée? Des enquêtes? Des idées? Des analyses? Non : un club de petits garçons subventionné qui n’ont jamais rien réalisé dans la vie où l’on distribue des taloches symboliques à ceux qui ne fréquentent pas le bon salon, avec l’assurance morale de ceux qui ne risquent jamais leur propre argent. Le privé doit séduire un public. Eux doivent surtout survivre au prochain budget. Si ces bougres avaient existé dans un monde privé… l’émission n’aurait pas duré très longtemps…

Voilà le scandale : ce n’est pas qu’Olivier Niquet existe. Grand bien lui fasse, si cela peut lui suffire à lui-même. Le scandale, c’est qu’une caste de chroniqueurs puisse jouer aux bullies culturels sur une scène payée par tout le monde, y compris par ceux qu’ils méprisent, caricaturent ou ignorent. À la fin, le contribuable ne reçoit pas une œuvre. Il reçoit une facture. Et avec cette facture, un petit rire de studio. Il faut les humilier. Pourquoi? Parce qu’ils humilient les payeurs de taxes et rient à leur gueule depuis presque 20 ans et sans aucune conséquence.

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Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen, alias Le Blond Modéré, est membre des Trois Afueras et collaborateur du podcast Ian & Frank. Titulaire d'une formation en relations internationales à l'Université de Sherbrooke, il s'intéresse particulièrement à la géopolitique, aux zones d'influence et aux différentes formes de pouvoir.

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