Lors d’un discours à la nation le 18 avril 2026, le Premier ministre du Canada Mark Carney a adressé les liens entre le Canada et les États-Unis, qualifiant ces mêmes liens de « faiblesses ». Cela pose question sur les intentions de Mark Carney vis-à-vis des États-Unis.
Intentions contestables
D’emblée, il ne faut pas omettre le fait que Mark Carney s’est fait élire par une promesse phare : régler la situation tendue entre le Canada et les États-Unis. Or, il est au pouvoir depuis 2025. En un an, la situation ne s’est toujours pas améliorée. Les négociations pour l’ACEUM semblent s’enliser.
Ensuite, il faut se poser la question suivante à la suite des propos de Mark Carney : voulait-il vraiment régler la situation avec les États-Unis? Certes, il est vrai que du côté américain, il y a de la mauvaise volonté, surtout par le biais de l’imposition de tarifs douaniers. Cependant, considérer les liens avec les États-Unis comme des « faiblesses qu’il faudra corriger » n’améliore en rien la situation, étant donné que les États-Unis constituent un partenaire essentiel pour le Canada en ce qui concerne l’économie, les ressources naturelles, ainsi que la défense nationale. Si considérer les relations entre le Canada et les États-Unis comme des faiblesses, les renforcer ne fera que renforcer ces faiblesses et non les diminuer. Or, il importe de diminuer les faiblesses et renforcer ce qui peut constituer des forces. En ce sens, il serait légitime de penser que le Premier ministre n’avait aucunement l’intention d’apaiser les tensions entre les États-Unis et le Canada. Force est de reconnaître que rien n’a vraiment avancé, l’accord n’est toujours pas signé, aucune concession concrète n’a été mise de l’avant. M. Carney, lors de son discours, avait aussi fait appel à une période historique bien précise, à savoir celle du début du XIXe siècle. Durant cette période, le Canada, avant même sa naissance, entretenait de mauvaises relations avec les États-Unis, notamment avec la guerre anglo-américaine à laquelle le Haut-Canada avait participé. Utiliser de telles analogies historiques est complètement irresponsable, surtout dans un contexte de tensions entre deux pays si proches géographiquement.
Véritables intentions ?
Il faut donc se demander « pourquoi M. Carney cherche-t-il à couper les liens avec les États-Unis? » M. Carney avait évoqué l’idée que le Canada rejoigne l’Union européenne. Avec cela, il faut aussi se demander « où repose la vraie loyauté de Mark Carney? » Veut-il vendre le Canada à l’Union européenne? Souhaite-t-il que le Canada devienne la colonie de Bruxelles?
Tant de questions et si peu de réponses. M. Carney est même très ouvert à rejoindre l’Union européenne, mais est incapable de fournir des raisons valables de rejoindre l’Union européenne. Ses intérêts sont peut-être avec l’Union européenne, mais le Canada n’a pas intérêt à devenir le vassal de l’Union européenne. Le Premier ministre montre donc qu’il serait à brader le Canada? À quel prix? Rien ne permet d’affirmer la valeur du prix. Cependant, lorsque celui qui est à la tête de l’Exécutif au Canada souhaite couper les ponts et qu’en plus, il avait abordé l’idée de rejoindre l’Union européenne, des questions méritent d’être posées.
Il est aussi raisonnable de douter de la sincérité de Mark Carney quand il prétend être le chantre du libre-échange face à des États-Unis protectionnistes. En effet, en 2021, il fait paraître un ouvrage intitulé Values. Dans cet ouvrage, l’actuel Premier ministre préconisait que le Canada ne devait faire des affaires « qu’avec des pays possédant les mêmes valeurs que les siennes ». Cela signifie donc que Mark Carney souhaite faire du protectionnisme envers des nations ne partageant pas les « valeurs du Canada ». Ainsi, il est raisonnable de croire que Mark Carney a finalement révélé au grand jour qui il est vraiment : un protectionniste hyper-européen et anti-américain.
Le commerce avec les États-Unis : les vrais intérêts canadiens
Le Canada n’a aucun intérêt réel à couper les ponts avec les États-Unis pour les raisons que j’ai mentionnées antérieurement. Le commerce avec les États-Unis est tel que le Canada aurait trop à perdre s’il y en avait absence. De plus, rejoindre l’Union reviendrait à ce que le Canada perde sa souveraineté (surtout en matière de politique migratoire) ainsi que son pouvoir diplomatique, dont une bonne partie serait transférée à la Présidente de la Commission européenne. Contrairement à ce que certains experts tendraient à souligner, c’est-à-dire que le Canada est le vassal des États-Unis, ce qui serait inquiétant, le Canada n’est le vassal d’aucun pays. Point de vue militaire, la fameuse Europe de la défense n’a fait que dégringoler et ce n’est pas avec les Forces armées canadiennes que cela va s’arranger. Seuls les États-Unis peuvent fournir un meilleur partenariat.
Le Canada a donc tout intérêt à rebâtir les ponts avec les États-Unis envers et contre tout. Cette image de pourfendeur anti-Trump que le Premier ministre se targue d’avoir auprès des autres pays n’aide en rien avec la situation aux États-Unis. En ce sens, le ton doit être adouci. Cependant, il n’est pas question de se comporter en vassal, mais en partenaire véritable.
Les intérêts du Premier ministre Carney soulèvent des interrogations, car ils ne sont en aucun cas en adéquation avec ceux des Canadiens. Il faudrait que le peuple le réalise au plus tôt.

