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Vol MH370 : retour sur un mystère toujours irrésolu 🔒

Le 8 mars 2014, le vol MH370 faisait la liaison entre la Malaisie et la Chine. L’avion n’est jamais arrivé à destination et il s’est écrasé dans l’Océan Indien. On n’a jamais retrouvé l’appareil. Onze ans après cette tragédie, les autorités de la Malaisie ont autorisé de nouvelles recherches dans l’espoir de retrouver le Boeing 777.  

Je me suis entretenu avec le journaliste Christian Page sur un des plus gros mystères de l’histoire de l’aviation civile.

Simon Leduc : Le vol MH370, reliant Kuala Lumpur et Pékin, a disparu le 8 mars 2014. Pouvez-vous nous rappeler les événements qui ont mené à cette catastrophe aérienne?

Christian Page : « L’appareil a décollé peu après minuit et il devait assurer une liaison entre Kuala Lumpur et Pékin. C’était un Boeing 777 avec 239 passagers à bord incluant les membres de l’équipage. Vers une heure du matin, alors que l’appareil devait quitter la zone de surveillance de la Malaisie pour entrer sous la supervision du Vietnam, le commandant de bord de l’appareil a dit à Kuala Lumpur merci et bonne nuit. Il y a eu du laxisme de la part des autorités malaisiennes dans la suite des choses.

C’est seulement quelques heures plus tard qu’on s’est aperçu que l’avion n’était pas vraiment passé d’un secteur à l’autre. Quelqu’un à bord de l’appareil a coupé les systèmes de géolocalisations de l’avion, incluant le transpondeur. On soupçonne le capitaine Zaharie Admad Shah d’en être le responsable, mais on ne peut pas le confirmer. Le transpondeur est une petite boîte, qui se trouve dans la queue de l’appareil, qui envoie continuellement des informations aux tours de contrôle pour dire son identité, sa localisation, sa distance et sa vitesse. Tous ces renseignements sont transmis sur les radars que suivent les contrôleurs aériens. Dans le domaine de l’aviation civile, on utilise des radars secondaires. C’est-à-dire qu’ils reçoivent de l’information des transpondeurs dans le ciel. Ensuite, elles sont retranscrites sur un écran. Cela donne une vision artificielle de ce qui se passe dans l’espace aérien.

Donc, le vol MH370 n’apparaissait plus sur les écrans radars. À ce moment-là, la personne qui a coupé le transpondeur manuellement a changé la trajectoire de l’avion. Celui-ci est revenu au-dessus de la Malaisie, a passé au-dessus du détroit de Malacca et s’est dirigé vers la mer d’Andaman. On sait qu’il a fait ce virage parce que dans le nord de la Malaisie, il y avait des installations militaires. Ces dernières utilisent les radars secondaires et primaires. Alors, les autorités militaires ont constaté, qu’entre une heure et deux heures du matin, une intrusion dans leur espace aérien d’un gros objet qui envoyait un écho radar. Elles ont conclu que c’était un avion non identifié, donc forcément le MH370. Donc, on sait que quelque part en mer d’Adaman, l’avion a tourné vers le sud et on a perdu sa trace.

Il y avait 239 personnes à bord de cet appareil. Les autorités ont entrepris des recherches pour le retrouver. On pense que l’avion a disparu quelque part dans l’océan indien entre l’Australie et l’Afrique. Alors, il y a une vaste zone de recherche à scruter. On a calculé le territoire de recherche en fonction du temps de vol du Boeing. Ce dernier aurait pu demeurer en vol entre sept et huit heures après avoir quitté la tour de contrôle.

Avant que les autorités militaires ne fassent comprendre aux autorités civiles de Kuala Lumpur que l’avion avait fait demi-tour, on a axé les recherches en mer de Chine. C’est normal, car on croyait que le MH370 avait disparu dans sa trajectoire officielle. Ils n’ont rien trouvé rien et c’est normal. 24 heures après la disparition du MH 370, les pouvoirs militaires ont fait savoir que l’appareil a changé de trajectoire pour revenir vers la Malaisie et s’est perdu quelque part dans l’océan indien.

Donc, on va entreprendre des recherches afin de trouver des débris de l’avion, mais sans succès. Par contre, quelques mois après sa disparition, on a trouvé un débris (une partie de l’aile de l’avion) sur la côte occidentale de l’Afrique à l’île de la Réunion. Il sera identifié comme étant celui du MH370. Cela prouve que l’appareil est tombé en mer et qu’il s’est partiellement disloqué. On ne retrouvera pas d’autres parties de l’avion. »

Est-ce que la disparition du vol MH370 va mener à l’apparition de théories du complot?

Christian Page : C’est une évidence. Certaines personnes affirment que l’avion aurait été enlevé par des extraterrestres. D’autres pensent qu’il aurait été détourné vers l’île de Diego Garcia. C’est un petit territoire dans l’océan indien qui est une propriété britannique, mais qui est loué par le gouvernement américain. C’est là que se trouve le siège du programme Echelon. C’est un réseau qui est utilisé pour la surveillance et les télécommunications. Cela avait été dénoncé par Edward Snowden. L’île de Diego Garcia est secrète où il y a des installations de la CIA. Donc, l’avion aurait été détourné pour capturer des Chinois soupçonnés d’être responsables de piratages informatiques de serveurs du ministère de la Défense américain. Les autorités américaines auraient voulu les interroger ou les séquestrer. Cette affirmation est totalement farfelue.

Quelles sont les principales hypothèses qui peuvent expliquer la disparition de cet engin aérien?

Christian Page : « Il y a en plusieurs. Tout d’abord, l’avion aurait été abattu en mer de Chine pour faire disparaître des composantes électroniques qui étaient à bord. L’avion aurait sombré en emportant avec lui sa précieuse cargaison top secrète. Mais, on n’a rien retrouvé à cet endroit et cela prouve que cette hypothèse est caduque.

D’autre part, l’hypothèse la plus plausible est le détournement de l’avion par le pilote. Quatre ans après l’incident, les autorités ont publié un rapport où ils expliquent que quelqu’un à bord aurait détourné l’avion. On ne mentionne pas le nom du commandant Zaharie Ahmad Shah. Mais, il est le principal suspect dans cette affaire. Il faut savoir qu’on a trouvé chez lui des simulateurs de vol qui introduisaient différentes trajectoires. Une d’entre elles semblait correspondre à celle empruntée par le MH 370 dans la nuit fatidique du 8 mars 2014. Le commandant avait des problèmes financiers et conjugaux. Il aurait pu décider de se suicider en emportant dans la mort les 238 autres passagers. C’est l’hypothèse que les autorités malaisiennes ont retenue dans leur rapport, mais sans nommer un individu. »

On a décidé de reprendre les recherches pour retrouver des débris de l’avion. Pensez-vous qu’on va un jour localiser le MH370?

Christian Page : « 11 ans après sa disparition, les autorités malaisiennes ont décidé de recommencer les recherches. On offre 70 millions de dollars américains en échange de la découverte de l’appareil. Alors, en ce moment, les recherches sont en cours afin de retrouver le MH370. Je ne crois pas qu’on va localiser l’avion, car la zone de recherche est trop vaste. Pour conclure, cet événement restera le plus grand mystère de l’histoire de l’aviation depuis la disparition d’Amélia Earhat qui remonte au 2 juillet 1937. »

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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