Le Québec n’a pas besoin d’une autre « révolution tranquille »! Ni de sommets, ni de forums, ni d’une « commission d’enquête publique qui ferait appel aux forces vives de tout le Québec sur la question de l’organisation générale du gouvernement à long terme. » Arrêtez-moi ça, Pierre Fortin! Le bavardage cyclique des dernières décennies doit cesser. Ce dont le Québec a besoin maintenant, c’est de faire ce qu’il faut! Avec beaucoup de bruit. Pas tranquillement du tout!
ET LÂCHEZ-MOI AVEC LES « FORCES VIVES »!
Ah! « Les forces vives… » Vous voyez ça? Vous avez idée de qui on parle au Québec quand on parle des « forces vives »? Bien sûr que si. Ce sont les « forces vives du statu quo », les grands groupes corporatistes. Il n’y en a pas d’autres. Tous quémandent, tètent, dessinent de nouvelles structures, refont des architectures de systèmes qui n’aboutissent pas… Voilà nos « forces vives » au Québec.
Aujourd’hui, après avoir refusé à plusieurs reprises d’adapter le sacré modèle québécois, le constat est clair : c’est à nouveau l’impasse. Les 27 % de contribuables qui se tapent 83 % des impôts, et même le 40 % qui n’en paient pas du tout en souffrent tous et en ont assez. On ne parle plus de déficits ; on parle de déficits chroniques et structurels. Structurels, comme dans « c’est un cul-de-sac », comme dans « on rationnera encore davantage ».
Lors d’un récent sondage auprès des Québécois, on va même évoquer, oh! sacrilège, qu’il serait mieux de prendre un virage à droite ou de diminuer les services publics! Ce qu’est la droite, on ne sait pas trop, mais ça prend d’quoi, bordel! Des chefs de partis se compétitionnent même entre eux pour s’accoler l’étiquette. Quelle blague, oui, car il suffit de les écouter quelques instants pour reconnaître leurs véritables instincts et les vieux réflexes du « Gouvernemaman, de la redistribution tous azimuts et de l’intervention de l’État. » Ça, c’est de la force vive, mes amis.
Encore plus comique lorsque cela vient de la troupe de commentateurs qui ont défendu et sacralisé un modèle prétendument bienveillant, mais combien fossilisé et pétrifié dans une culture victimaire de la dépendance. Désolée, mais le « Demandez à l’État et vous recevrez » ne fonctionne plus. Vous mentez aux gens. Et voyez ce que vous avez produit, les amis. Votre influence? Néfaste. Votre bilan. Pas bon du tout. Peut-être est-il temps pour ceux qui nuisent et retardent encore le groupe de songer à la retraite… Pensez-y… et revenez-nous avec ça, d’accord?
MYTHES ET MENSONGES
La révolution tranquille et le modèle québécois ont été construits à partir des années 1960 non pas par la génération des baby-boomers, mais par leurs parents. Même s’il n’est pas inutile de convenir que ces boomers âgés aujourd’hui entre 61 et 80 ans en ont bien profité, l’acharnement thérapeutique et la surdose d’étatisme ont été mortels.
Oui, si on est honnête, plusieurs initiatives ont jadis porté fruit, mais revenons-en! C’était le début d’un temps nouveau, d’accord. Mais si on est lucide, c’est maintenant la fin d’un temps révolu et plusieurs de ses fondations doivent être remises en question :
– Le rôle de l’État comme principal levier de développement économique et social ;
– Un Code du travail qui favorise (démesurément) la syndicalisation ;
– La nationalisation de l’électricité, la création d’Hydro-Québec (et la mainmise de l’État sur tout développement énergétique) ;
– La prise en charge complète (fourniture et financement) par l’État des services d’éducation et de santé ;
Pas fini. Tenez-vous bien. S’y sont ajoutés avec le temps de nouveaux mythes et mensonges, de très jolis mots, de belles expressions qui épatent la galerie… Mais en clair? De la pure mythomanie.
– L’ancienneté dans des services publics
– La notion de « partenaires » plutôt que de directions et d’employés
– La gestion par « consensus » (des élites)
– La fabulation que le Québec peut agir sur le climat mondial
– La protection de l’environnement par la diminution du CO2
– Le concept « d’acceptabilité sociale »
– L’universalité, gratuité et services publics sont indissociables
– Les monopoles publics sont garants de la qualité des services publics
– Le secteur privé ne cherche que le profit
Une mise au rancart drastique de ces vaches sacrées du modèle québécois devient urgente. Elles ont assez brouté, ruiné, régurgité et produit de CO2. Ce dont le Québec a besoin maintenant, c’est d’abord de reconnaître que le modèle québécois est irréformable de l’intérieur. Pas encore convaincu? Mais si… C’est que tout a été tenté. Tenté et retenté… Il faut donc penser autrement.
ÉPURER L’ÉTAT
Par conséquent, s’il y a « révolution » ou réforme, elle ne peut pas être « tranquille ». Tout doit être revu, à commencer par le rôle de l’État et la mise à jour de ce que sont ses missions « essentielles ». Rien ne sert de « patcher » l’existant ou de continuer à en augmenter le financement.
ÉPUREZ L’ÉTAT, bon sang! Solidement! Voilà le changement politique et culturel dont nous avons besoin. L’État doit cesser de financer ce Léviathan et urgemment se dégager de tout ce qui le distrait de ses missions essentielles. Au premier rang de ces distractions, la culture EDI, ESG, WOKE et la culture de la décroissance économique propulsée par l’idéologie du Net-Zéro. Tout ce fatras de pensées magiques articulées si haut par nos savantes « forces vives ».
FAIRE CE QU’IL FAUT
Il y aura élection à l’automne 2026. Faisons ce qu’il faut. Les recettes pour redresser le Québec? On les connaît. Dépoussiérez les tablettes de rapports et évitez-nous les grandes tablées de « partenaires », voulez-vous? Des systèmes de santé qui sont accessibles, il y en a ailleurs. Adoptons-les. Des écoles qui fonctionnent? Il y en a. Même chez-nous. Inspirez-vous de celles-là, adoptez leurs pratiques et libérez les classes des technocrates de l’éducation. Des richesses naturelles? On en a. Exploitons-les. Accueillons le capital, les investissements et l’expertise. Et si je puis rajouter, arrêtez de freaker avec l’anglais. Il y a pas mal plus inquiétant côté identitaire et civilisationnel, on s’entend?
Enfin, des rêves de contrôler le contenu des poubelles et le monde à partir de grands forums mondiaux pour imposer à vos voisins votre propre mode vie? Laissons faire ça. Ou en tout cas, c’est pas urgent. D’ici là, hashtag Let it be. Hashtag Respect.
Enfin, faire ce qu’il faut. C’est tout. Voilà le mandat d’un futur gouvernement qui s’occupe de ses affaires, mais SEULEMENT de ses affaires. Et espérons qu’on ne reprendra pas cette discussion dans 20 ans.
Hashtag #Peace.
PS — Écoutez ici l’excellente chronique de Donald Charette à Maurais Live faisant le compte des différentes propositions de réformes qui ont échoué.

