C’est du monde normal qui est encore capable de reconnaître l’inacceptable quand ils le voient.
Il y a des situations où ça ne devrait même pas être compliqué.
Tu vois passer une vidéo sur les réseaux sociaux. Un gars insulte une policière, lui parle comme si elle était un déchet, la traite comme si elle ne valait rien. C’est vulgaire. C’est déshumanisant. C’est franchement dégueulasse.
Normalement, ça s’arrête là.
Tu condamnes. Point.
C’est exactement ce que la majorité du monde a fait.
Mais, comme à l’habitude, il a fallu que certains trouvent le moyen de virer ça en débat idéologique.
Au lieu de se concentrer sur cette racaille qui a clairement manqué d’éducation, ils pointent ceux qui s’indignent.
Et là, leur narratif idéologique embarque.
« Si vous êtes choqués, ce n’est pas à cause de ce que vous avez vu.
C’est parce que vous n’aimez pas les immigrants.
Et si ce n’était pas un Maghrébin, un musulman, vous n’auriez pas dit un mot. »
Sérieusement ?
Donc là, on serait rendus incapables de reconnaître un comportement inacceptable sans passer par une grille d’analyse idéologique ?
Moi, j’ai vu une scène dégueulasse. Point. J’en suis encore révolté, plusieurs jours après.
Tu peux changer le nom.
Tu peux changer la couleur de peau.
Tu peux changer la religion.
Ma réaction reste la même :
Ça me lève le cœur.
Et oui, il y a du monde qui va récupérer ça à droite comme à gauche. Et dans les deux cas, je trouve ça pathétique.
Mais depuis quand ça invalide l’indignation ?
Depuis quand le fait que quelqu’un instrumentalise une situation enlève le droit de la condamner ?
Si on suit cette logique-là, on ne dénonce plus rien. Jamais.
Et c’est exactement là le problème.
Parce que pendant qu’on analyse les intentions des gens, pendant qu’on mélange tout comme le font si bien Frédéric Bérard et Alexandre Dumas dans leurs publications Facebook, on ne parle plus de ce qui vient de se passer.
On parle de tout… sauf de l’essentiel.
Et l’essentiel est simple :
Un gars a parlé à une femme comme à une merde.
C’est ça, le point de départ.
Ce n’est pas un débat sociologique.
C’est un comportement franchement répugnant.
Mais pour certains, ça semble impossible de s’arrêter là.
Il faut toujours ajouter une couche.
Toujours interpréter.
Toujours ramener ça à leur vision du monde.
Et à force de faire ça, ils finissent par faire exactement ce qu’ils dénoncent.
Ils instrumentalisent eux-mêmes la situation.
Ils tordent les faits.
Ils changent le sujet.
Et au final, la racaille disparaît du portrait…
Et ceux qui s’indignent deviennent le problème.
À force de tout interpréter, on finit par nier l’évidence.
Et à force de nier l’évidence, on finit par perdre complètement le contact avec la réalité.
Le problème, ce n’est pas notre indignation.
C’est leur incapacité à reconnaître l’évidence quand elle ne cadre pas avec leur idéologie.

