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Ciel Canada : vers un organisme fédéral pour collecter les observations d’OVNIS

Depuis la pandémie de COVID-19, on a pu observer un regain d’intérêt du public par rapport aux OVNIS. En France, il existe un organisme étatique qui s’occupe de collecter et analyser les observations d’OVNIS. Depuis sa création (le GEIPAN), il y a une baisse de la présence de théories du complot en ligne qui sont liées aux OVNIS. Cela permet aussi à la France de combattre la désinformation qui est présente sur le web. Le projet Ciel Canada propose que le gouvernement canadien mette en place une telle organisation étatique afin d’être aussi transparent que l’organisme français sur les observations d’OVNIS et de combattre les théories du complot.

Christian Page est journaliste spécialisé sur les phénomènes paranormaux et essayiste.

Entretien

Simon Leduc : Ottawa veut ouvrir un bureau sur les OVNIS. Quelle est votre réaction face à cette nouvelle?

Christian Page : « Tout d’abord, je dois dire que j’ai fait partie du comité de consultation de ce projet. Donc, je connais très bien le dossier. Il faut dire que le projet «Sky Canada» vise une série de recommandations. On propose au gouvernement fédéral de mettre en place un bureau pour colliger les observations sur les OVNIS.

Au début des années 2020, il y a eu un regain d’intérêt pour la question des OVNIS principalement aux États-Unis avec la publication de vidéos qui auraient été filmées par des pilotes de la US Navy. Le dossier a rebondi aux Congrès américain. En 2022, le département de la Défense a décidé de mettre en place un organisme étatique (le Bureau d’identification des anomalies dans tous les domaines) pour enquêter et colliger de l’information sur les objets volants non identifiés.  

Les autorités américaines ont demandé au gouvernement canadien sa collaboration dans la collecte d’informations sur les observations d’OVNIS en Amérique du Nord. Il faut savoir que les deux pays partagent un  territoire aérien commun qui fait partie du NORAD. Cela serait primordial que le Canada y participe. Il y a eu l’épisode du ballon chinois qui a survolé les territoires américain et canadien. Cela a fait hausser l’intérêt des Américains pour ce sujet.

C’est dans cette optique que le Bureau de la conseillère scientifique en cheffe du Canada a consulté ses collègues afin de décider de quelle manière le pays répondra à la demande américaine.

C’est très important de mentionner que l’objectif du projet Ciel Canada n’est pas d’enquêter sur les OVNIS, mais d’en colliger les observations. Alors, après de longues réflexions, Ciel Canada a déterminé qu’il serait utile de centraliser les observations d’OVNIS auprès d’une officine qui serait reconnue et respectée par le public. Dans le rapport, on mentionne que l’Agence spatiale canadienne pourrait faire ce travail. C’est un organisme scientifique crédible qui est indépendant des militaires. C’est très important que ce soit le cas, car en sol américain, l’organisme responsable de la collecte d’informations sur les OVNIS est le département de la Défense. Il faut savoir que c’est ce dernier qui ridiculisait les témoignages d’OVNIS dans les années 50 et 60. Donc, l’Agence spatiale canadienne n’est pas proche du militaire et c’est essentiel afin de gagner la confiance du public.

On a fait un sondage auprès de la population canadienne pour lui demander son opinion sur la mise en place d’un organisme étatique sur les OVNIS. Une majorité de Canadiens soutient une telle initiative à un coût raisonnable. »

Est-ce que le Canada s’est inspiré de modèles qui existent dans le monde occidental?

Christian Page : « Les dirigeants canadiens ont consulté le modèle français. Dans les années, 70, le gouvernement français a mis en place un bureau sur les OVNIS (le GEIPAN). Ce dernier se retrouve au sein du Centre national des études spatiales. C’est l’équivalent de la NASA aux États-Unis. Ce service est composé de quatre personnes (deux ingénieurs en aéronautique, un spécialiste en physique atmosphérique et une secrétaire). En France, il y a des groupes d’amateurs d’OVNIS qui colligent les rapports d’observations. Ils font un travail louable et ils envoient ensuite leurs rapports au GEIPAN.

C’est le même genre de système que propose Ciel Canada. On pourrait créer une petite unité pour travailler dans ce domaine. Les organismes civils pourraient continuer de colliger des observations d’OVNIS. Ces derniers pourraient envoyer une copie de leur travail à l’équipe qui dirigera le nouvel organisme. Ensuite, l’Agence spatiale canadienne consulterait les rapports afin de déterminer s’il y a des informations intéressantes. »

Pourquoi le Canada veut mettre en place une organisation pour collecter et colliger les observations d’OVNIS?

Christian Page : « Tout d’abord, Ciel Canada reconnaît que le gouvernement canadien a délaissé la question des OVNIS au cours des dernières années. Dans les années 50, il y a eu quelques tentatives pour s’en occuper. Mais, le Canada a rapidement abandonné ses démarches par manque d’intérêt. Ensuite, il y a la GRC, le ministère des Transports et les services de police qui colligeaient de temps en temps des observations d’OVNIS. Or, les autorités canadiennes ne mettaient pas beaucoup d’efforts dans ce travail.

D’autre part, maintenant, il y a de nouvelles technologies qui sont apparues comme les drones et les ballons. Alors, ces phénomènes peuvent être une problématique pour la sécurité nationale et la multiplication des drones peut être interprétée comme les OVNIS par des témoins. Cela peut devenir un problème pour la circulation aérienne. Les dirigeants de Ciel Canada affirment l’importance de garder un œil sur ces apparitions dans le ciel et de les identifier. Pour eux, c’est primordial que le Canada observe ce qui se passe dans le ciel aérien afin de pouvoir agir en cas de problème.

Donc, il y a seulement 5 % des observations qui sont non identifiées. De ce pourcentage de cas, il y a en la moitié qui est bien documentée et qui fait référence à des phénomènes qui échappent aux explications scientifiques.  

Tous les organismes étatiques dans le monde reconnaissent que 95 % des observations d’OVNIS, après une enquête, sont des erreurs d’interprétation de la part du public.

Subséquemment, Ciel Canada propose de créer un organisme étatique sur les OVNIS afin de combattre la désinformation en ligne et les théories du complot. Ce phénomène s’est accentué depuis la pandémie. Si le Canada rendait publics, sur un site Internet, tous les rapports sur les observations d’OVNIS, les gens pourraient les consulter librement comme c’est le cas en France. En sol français, on a constaté que les théories du complot liées aux OVNIS sont moins présentes qu’aux États-Unis. Ainsi, le Canada pourrait faire baisser la présence des théories du complot en rendant publics les rapports d’observations de la future agence gouvernementale. Cela permettrait aussi au Canada de lutter contre la désinformation liée aux OVNIS. »

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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