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Dans mes deux derniers textes sur la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, j’ai essayé d’établir deux choses. Premièrement, répondre tarif pour tarif à une économie près de dix fois plus importante que la nôtre ne crée pas un rapport de force symétrique simplement parce que les pourcentages sont identiques. https://www.facebook.com/share/p/1DbTXJVQjQ/

Deuxièmement, les différends commerciaux entre nos deux pays n’ont pas commencé avec Donald Trump : certains griefs américains sont anciens et parfois fondés, tandis que Washington a lui-même perdu suffisamment de litiges pour qu’on ne puisse certainement pas lui accorder le monopole de la vertu commerciale. https://www.facebook.com/share/p/1BgKHCsTmY/

Aujourd’hui, le gouvernement canadien annonce pourtant qu’il répondra aux nouveaux tarifs américains « dollar pour dollar ».

En premier lieu, je comprends parfaitement l’impératif politique derrière cette décision. Un gouvernement ne peut pas simplement recevoir les coups sans réagir. Mais comprendre la nécessité de riposter ne m’obligera jamais à croire que la meilleure riposte consiste à reproduire exactement l’arme choisie par l’adversaire.

C’est même probablement là, en toute humilité, que, selon moi, nous commettons une grave erreur stratégique fondamentale.

J’utilisais récemment une image assez simple : si tu dois affronter Mike Tyson, ton objectif ne devrait probablement pas être de démontrer que tu peux frapper aussi fort que lui dans un ring de boxe, même si tu as pour habitude de frapper dans un sac au gym du coin.

Tu risques surtout de découvrir très rapidement pourquoi il est Mike Tyson… et que toi, tu es au gym du coin.

Il faut plutôt chercher le terrain sur lequel son avantage de puissance devient moins important, voire l’endroit où toi, tu possèdes quelque chose qui peut réellement changer l’allure du « combat », ou même le faire réfléchir avant de vouloir te frapper.

C’est exactement ainsi que le Canada devrait penser à cette guerre commerciale. Notre problème n’est pas l’absence totale de leviers. Notre problème est que nous avons tendance, depuis un certain temps déjà, à chercher nos leviers au même endroit que les Américains, soit dans les tarifs. Or, sur ce terrain précis, les États-Unis possèdent presque tous les avantages structurels. Leur marché intérieur est immense, leurs entreprises disposent généralement de davantage de possibilités de substitution aux produits canadiens, leurs exportations sont beaucoup moins dépendantes du Canada que les nôtres ne le sont des États-Unis et, surtout, Washington peut supporter beaucoup plus longtemps que nous les dommages collatéraux d’une guerre commerciale.

La question ne devrait donc plus être : comment pouvons-nous leur imposer autant de tarifs qu’ils nous en imposent ? Elle devrait être : de quoi les États-Unis ont-ils réellement besoin du Canada, qu’ils ne peuvent pas remplacer facilement, rapidement ou sans coût politique important ? Et lorsqu’on pose la question de cette manière, le paysage futur devient soudainement beaucoup plus intéressant.

En 2025, le Canada fournissait 63,4 % de tout le pétrole brut importé par les États-Unis, presque la totalité de leur gaz naturel importé, 97,9 % de leurs importations de liquides de gaz naturel et 81,3 % de leurs importations d’électricité. Attention : cela ne signifie évidemment pas que 81 % de l’électricité consommée aux États-Unis vient du Canada; cela signifie 81 % de l’électricité qu’ils importent, point.

Mais ce chiffre illustre malgré tout que dans plusieurs segments précis de leur sécurité énergétique, le Canada n’est pas simplement un fournisseur parmi vingt autres. Il occupe une place particulière. D’ailleurs, sur ce point, le pétrole est encore plus révélateur : les raffineries américaines, particulièrement certaines raffineries complexes du Midwest, sont configurées depuis des décennies pour traiter d’importantes quantités de pétrole lourd canadien. Quantitativement, en 2025, nous leur avons envoyé environ 3,9 millions de barils de brut par jour. Ce qui est loin d’être négligeable.

Vous comprendrez donc rapidement que remplacer immédiatement ces volumes n’est pas aussi simple que de téléphoner à un autre fournisseur le lundi matin, surtout dans le contexte immensément complexe de la situation au Moyen-Orient.

Attention, je ne propose surtout pas que le Canada ferme les pipelines! Ce serait précisément le genre de geste spectaculaire qui ferait beaucoup de bruit pendant trois jours avant de nous revenir en pleine figure. Environ 90 % de notre pétrole brut exporté allait encore vers les États-Unis en 2025. Couper volontairement cette relation ferait mal aux raffineries américaines, certes, mais pourrait faire extrêmement mal aux producteurs canadiens également et à tout ce qui s’y rattache.

De plus, à ne pas négliger, l’ACEUM impose d’importantes contraintes aux restrictions et taxes discriminatoires à l’exportation. Le véritable levier énergétique n’est donc pas de fermer le robinet; c’est de faire en sorte que Washington ne puisse plus présumer que le robinet canadien lui appartiendra presque automatiquement pour les trente prochaines années.

L’expansion de Trans Mountain offre un exemple de ce changement. Depuis sa mise en service, les exportations canadiennes de pétrole brut vers les marchés autres que les États-Unis ont plus que triplé. En 2025, le réseau Trans Mountain a transporté en moyenne environ 761 000 barils par jour et donné beaucoup plus facilement accès à la côte Pacifique, donc à l’Asie.

Le point intéressant ici est que chaque terminal supplémentaire, chaque capacité ferroviaire ou portuaire additionnelle, chaque nouvelle infrastructure énergétique reliant nos ressources aux marchés mondiaux ne constitue pas seulement un projet économique : ça représente aussi une unité supplémentaire de pouvoir de négociation face à Washington.

Et j’irais même plus loin : le véritable pouvoir canadien n’est pas nécessairement de retirer demain matin aux États-Unis ce qu’ils reçoivent déjà. Ce serait souvent trop coûteux pour nous-mêmes. Ce pouvoir consiste plutôt à décider progressivement où ira la prochaine unité de production : les prochains 100 000 barils par jour, la prochaine capacité d’exportation, la prochaine mine, la prochaine usine de transformation ou le prochain contrat à long terme.

C’est cette capacité marginale qui peut devenir extrêmement intéressante. Si Washington sait que les nouveaux volumes peuvent aller vers l’Asie ou l’Europe plutôt que de lui être réservés presque automatiquement, le rapport de force change sans même devoir fermer un pipeline.

Cette logique dépasse d’ailleurs largement les pipelines. Le Canada possède deux immenses portes sur le Pacifique, Vancouver et Prince Rupert, reliées à des réseaux ferroviaires qui ne desservent pas simplement le marché canadien, mais s’intègrent au réseau logistique nord-américain et permettent également d’acheminer des marchandises entre l’Asie et différentes destinations du continent pour les États-Unis. Cela signifie que nos ports, nos chemins de fer et leurs capacités futures constituent eux aussi des actifs stratégiques.

Là encore, il ne serait évidemment pas question de ralentir volontairement le commerce américain qui utilise nos infrastructures : nous nous tirerions dans le pied. Mais les prochains terminaux, les corridors douaniers accélérés, les nouvelles capacités ferroviaires, les installations de transbordement et l’expansion de nos portes du Pacifique peuvent être pensés comme des éléments d’une architecture commerciale nord-américaine dont l’accès et les bénéfices ne devraient pas nécessairement être tenus pour acquis.

Transport Canada considère d’ailleurs explicitement les corridors de l’Ouest comme une infrastructure destinée à connecter les marchés de l’Asie-Pacifique au reste du continent.

Et nous oublions également à quel point notre géographie maritime compte à l’est. La Voie maritime du Saint-Laurent relie le cœur industriel et agricole des Grands Lacs à l’Atlantique. Environ 40 % du commerce de la Voie maritime est constitué de produits agricoles, notamment du blé, du maïs et du soja américains et canadiens destinés largement à l’exportation. Le système dessert une région qui représente environ 40 % de la production manufacturière américaine et une part considérable de la production de maïs et de soja des États-Unis. Encore une fois, fermer ou entraver volontairement cette infrastructure serait absurde. Mais investir dans les écluses, le déglaçage, les ports, l’automatisation, les capacités de transbordement et la durée de la saison de navigation crée de la valeur pour les deux pays…

…et toute nouvelle valeur créée conjointement peut, elle aussi, entrer dans une négociation beaucoup plus large sur la stabilité de la relation économique continentale.

La même logique devient encore plus spectaculaire lorsqu’on quitte le pétrole pour regarder les ressources que les Américains considèrent eux-mêmes comme stratégiques. Prenons la potasse. L’USGS estime qu’environ 90 % des importations nettes américaines de potasse provenaient du Canada en 2023. Environ 95 % de la potasse est utilisée comme engrais, et Washington l’a officiellement ajoutée à sa liste des minéraux critiques en 2025. Le Canada, de son côté, est le premier exportateur mondial de potasse : environ 39 % des exportations mondiales en 2024. Sur ce pourcentage, les États-Unis absorbaient 53 % de nos exportations, mais le Brésil, la Chine et d’autres marchés en achètent également d’importantes quantités.

Voilà un levier infiniment plus intéressant qu’un tarif sur un lave-vaisselle américain.

Pourquoi ? Parce qu’un tarif sur un électroménager américain fait surtout augmenter le prix payé par un Canadien. La potasse canadienne, elle, se retrouve au cœur du coût de production des agriculteurs américains du Midwest. Et un agriculteur de l’Iowa, du Minnesota ou du Nebraska qui voit augmenter sa facture d’engrais exerce une pression politique à Washington beaucoup plus intéressante pour Ottawa qu’un consommateur canadien qui paie son réfrigérateur 25 % plus cher.

Ajoutons maintenant l’uranium. En 2025, 32 % de l’uranium livré aux exploitants des centrales nucléaires civiles américaines provenait du Canada, ce qui faisait de nous leur première source.

Mais même ce chiffre sous-estime notre position réelle dans la chaîne nucléaire. Le Canada ne fait pas qu’extraire de l’uranium. À Blind River et à Port Hope, en Ontario, Cameco exploite aussi des installations qui raffinent et convertissent l’uranium avant son enrichissement. Son usine de Port Hope représente à elle seule environ 18 % de la capacité mondiale primaire de conversion en hexafluorure d’uranium (le fameux UF₆ nécessaire aux réacteurs à eau légère après enrichissement) et elle en a produit un record de 11,2 millions de kilogrammes d’uranium en 2025.

Point important : le contexte américain est particulièrement intéressant ici : les centrales américaines demeurent extraordinairement dépendantes de l’étranger pour leur combustible nucléaire. En 2023, 99 % du concentré d’uranium utilisé par les producteurs nucléaires américains était importé, ce qui a conduit Washington à investir des milliards pour reconstruire sa chaîne domestique.

Autrement dit, le levier canadien ne se limite pas à posséder le minerai dans le sol : nous occupons déjà une position dans une étape beaucoup plus difficile à reproduire rapidement de la chaîne du combustible nucléaire. C’est exactement le type d’activité que nous devrions chercher à multiplier. Plus le Canada passe de « fournisseur de matière première » à « fournisseur d’un intrant industriel transformé et indispensable », plus son remplacement devient compliqué et plus sa valeur stratégique augmente.

Ajoutons l’aluminium : selon l’USGS, le Canada représentait 56 % des sources d’importation américaines d’aluminium sur la période 2021-2024, alors même que les États-Unis demeurent fortement dépendants des importations pour leur consommation d’aluminium.

Ajoutons le nickel : le Canada représentait 44 % des importations américaines de nickel primaire sur cette même période.

Ajoutons le tellure, utilisé notamment dans certaines technologies solaires : environ 64 % des importations américaines provenaient du Canada.

Plus largement, l’USGS constate que le Canada est un fournisseur important de 16 minéraux critiques pour lesquels les États-Unis présentent une dépendance importante aux importations.

Mais là aussi, il faut arrêter de penser uniquement en tonnes de roche qui sortent du sol. Le véritable multiplicateur de puissance se trouve dans la transformation. Une tonne de graphite vendue telle quelle est une matière première que l’acheteur peut tenter de remplacer. Du graphite extrait ici, purifié ici et transformé ici selon les spécifications nécessaires aux batteries ou aux applications militaires devient déjà beaucoup plus difficile à substituer. Même chose pour le lithium, les terres rares, le scandium et plusieurs autres matériaux.

Le Canada commence d’ailleurs à investir dans cette direction : graphite destiné notamment à la défense et à la fabrication avancée, production commerciale d’oxyde de scandium, installations de traitement du lithium, raffinage et recyclage des terres rares. Voilà probablement l’une des batailles économiques les plus importantes des prochaines décennies. Il ne suffit pas de posséder les ressources que Washington veut sécuriser face à la Chine : il faut posséder une partie croissante de la chaîne qui les rend utilisables.

Maintenant, regroupons tout cela : agriculture, nucléaire, automobile, aéronautique, défense, énergie, batteries, métallurgie. Le Canada est beaucoup plus petit que les États-Unis, mais il est placé à plusieurs endroits extrêmement sensibles dans la chaîne industrielle, technologique et militaire de l’oncle Sam.

Voilà où je changerais complètement la stratégie canadienne.

Après maintes recherches et réflexions, je ne menacerais pas Washington d’un embargo sur ces ressources. Je lui proposerais plutôt quelque chose qu’il veut énormément : un véritable corridor nord-américain de sécurité énergétique, minérale et industrielle. Le Canada pourrait garantir, dans un accord à long terme, un accès stable et privilégié aux Américains pour une partie de sa production de pétrole, d’uranium, de potasse, d’aluminium et d’une sélection de minéraux critiques; accélérer certains projets miniers, de raffinage et de transformation; coordonner davantage les stocks stratégiques; favoriser les chaînes d’approvisionnement nord-américaines plutôt que chinoises ou russes; faciliter certains investissements américains au Canada et sécuriser des contrats d’approvisionnement à long terme.

Mais certainement pas à l’aveugle, et surtout pas en recréant volontairement la dépendance économique que nous cherchons justement à réduire. Je garantirais des volumes de base et certains approvisionnements stratégiques, mais je conserverais explicitement au Canada la liberté d’orienter les nouvelles capacités de production vers l’Europe, l’Asie ou d’autres partenaires. L’accès privilégié américain ne serait donc pas un droit acquis sur toutes nos ressources futures. Il deviendrait un avantage conditionnel à la stabilité de la relation commerciale.

Cette garantie aurait un prix : une exemption extrêmement robuste du Canada des tarifs américains visant ces chaînes stratégiques, un mécanisme de règlement rapide, une consultation et un préavis obligatoires avant toute nouvelle mesure fondée sur les articles 232 ou 338 visant les produits concernés, des possibilités de compensation ou de suspension d’avantages en cas de non-respect et une stabilité à long terme de l’ACEUM. L’objectif ne serait pas de demander à un président américain de promettre qu’il ne taxera plus jamais le Canada. Une promesse présidentielle peut être retirée par un président suivant. L’objectif serait de construire le verrou le plus institutionnel possible afin que recommencer devienne juridiquement, politiquement et économiquement beaucoup plus coûteux pour Washington.

Donc, au lieu de dire : « Si vous nous taxez, nous allons vous taxer », le Canada dirait : « Si vous voulez que votre agriculture, vos réacteurs nucléaires, vos raffineries et vos industries stratégiques puissent compter durablement sur le fournisseur le plus sûr de la planète, voici les conditions. »

Voilà une négociation…

Il existe même un levier régional beaucoup plus subtil avec l’électricité. La nouvelle ligne Champlain Hudson Power Express reliant le Québec à New York est entrée en exploitation commerciale en 2026 avec une capacité d’environ 1 250 MW. Selon les données reprises par l’Energy Information Administration américaine, cette ligne devrait éventuellement pouvoir fournir jusqu’à environ 20 % de la demande électrique de New York City.

Encore une fois, je ne couperais absolument pas l’électricité à New York. Ce serait irresponsable, cela pourrait contrevenir à des contrats et cela détruirait la réputation du Québec comme fournisseur fiable. Mais les prochains contrats, les augmentations de capacité, les nouvelles interconnexions et les investissements énergétiques constituent, eux, des actifs de négociation. Le réseau électrique canado-américain est déjà relié par 86 lignes internationales, et le Canada fournissait 81,3 % de l’électricité importée par les États-Unis en 2025. Ce n’est pas énorme à l’échelle de toute la consommation américaine, mais dans certaines régions et à certains moments de pointe, cette intégration devient beaucoup plus importante.

Ce dossier pourrait prendre une tout autre dimension avec l’explosion de l’intelligence artificielle et des centres de données. Ceux-ci nécessitent énormément d’électricité fiable, et leur demande augmente suffisamment rapidement pour que les exploitants de réseaux canadiens l’intègrent désormais directement dans leurs prévisions. Hydro-Québec anticipait notamment une augmentation d’environ 4,1 TWh de la demande provenant des centres de données entre 2023 et 2032.

Le Canada possède du froid, de l’hydroélectricité, du nucléaire, de l’espace et une proximité immédiate avec plusieurs grands marchés américains. Notre levier futur pourrait donc ne pas être uniquement de vendre de l’électricité aux États-Unis, mais d’accueillir une partie de la prochaine génération d’infrastructures numériques nord-américaines. Encore une fois, la carte stratégique n’est pas la centrale qui existe déjà. C’est le prochain 1 000 MW, la prochaine interconnexion, le prochain réacteur, le prochain centre de données et la prochaine capacité de calcul.

La stratégie intelligente, toujours selon moi et humblement, consisterait à rendre les Américains intéressés à préserver une relation stable parce que cette stabilité leur procure quelque chose de concret, et non à essayer de leur démontrer que nous pouvons souffrir autant qu’eux.

Il faut également cesser de considérer les États-Unis comme un seul bloc politique de 340 millions de personnes. Une guerre commerciale ne se gagne pas nécessairement en faisant mal au PIB américain. Celui-ci est beaucoup trop gros. Elle peut toutefois devenir politiquement coûteuse lorsque les dommages se concentrent dans les bons États, les bons secteurs et les bonnes circonscriptions.

D’ailleurs, il est important de se le rappeler, le Canada l’avait en partie compris en 2018. Lorsqu’il avait répliqué aux tarifs américains sur l’acier et l’aluminium, Ottawa avait soigneusement sélectionné une série de produits comme le whisky, le jus d’orange, le yogourt, le ketchup et différents biens de consommation. Surtout, le gouvernement canadien avait explicitement expliqué que les produits avaient été choisis en tenant compte de la possibilité pour les Canadiens de les remplacer facilement par des produits nationaux ou provenant d’autres partenaires commerciaux.

Voilà le principe qui devrait gouverner CHAQUE mesure de représailles : un maximum de pression politique américaine pour un minimum de dommages économiques canadiens.

Et ce principe pourrait être appliqué beaucoup plus méthodiquement qu’il ne l’est aujourd’hui. Ottawa devrait pratiquement posséder une matrice de vulnérabilité politique américaine : quel produit vient de quel État, de quelle région, de quelles entreprises, de quelles circonscriptions ; combien d’emplois sont concernés ; quelle est la capacité du Canada à substituer rapidement le produit ; quelle est l’importance politique du secteur ; où se situent les élections et les décideurs susceptibles de faire pression sur Washington ?

La bonne question n’est donc pas de savoir comment imposer dix milliards de dollars de tarifs pour répondre à dix milliards de tarifs américains. Elle est de savoir quel milliard de représailles produira le maximum de pression politique aux États-Unis pour le minimum de dommages économiques au Canada.

Les machines-outils, les serveurs, les composantes industrielles ou le matériel agricole dont nos propres entreprises ont besoin sont de très mauvais candidats à la « vengeance patriotique ». Les produits finis facilement substituables provenant de régions politiquement sensibles sont beaucoup plus logiques. En 2018-2019, les tarifs américains sur l’acier et l’aluminium ont finalement été retirés en même temps que les représailles canadiennes et mexicaines dans le cadre d’une entente négociée.

Bien sûr, cela ne prouve pas que les contre-tarifs ont gagné la bataille à eux seuls, mais cela démontre qu’une pression ciblée peut faire partie d’une stratégie de sortie négociée beaucoup plus efficace que le « dollar pour dollar » de Mark Carney.

Il existe aussi un autre terrain dont nous parlons étonnamment peu dans la sphère publique : les services.

Les États-Unis enregistrent avec le Canada un important surplus commercial dans ce domaine. Selon l’USTR, en 2025, les exportations américaines de services vers le Canada atteignaient environ 92,3 milliards de dollars américains contre 64,5 milliards d’importations, soit un surplus d’environ 27,7 milliards. On parle ici notamment de services financiers, numériques, professionnels, technologiques, licences, propriété intellectuelle et autres activités à forte valeur ajoutée.

Je ne propose pas de commencer demain à taxer arbitrairement Microsoft, Google ou les banques américaines : nous retomberions exactement dans la logique que je critique et plusieurs mesures pourraient contrevenir à nos obligations commerciales. Surtout, le Canada dépend lui-même énormément de plusieurs de ces services. Une taxe mal conçue sur le cloud, certains logiciels ou certains services technologiques pourrait augmenter immédiatement les coûts de nos propres entreprises.

Je dis plutôt que l’accès réglementaire, les contrats publics, le cloud gouvernemental, la localisation de certaines données sensibles, les investissements dans les centres de données, la propriété intellectuelle, la fiscalité numérique et la coopération numérique sont eux aussi des éléments d’une négociation commerciale. Ici encore, l’idée ne serait pas nécessairement de punir. Elle serait de faire de certains accès au marché canadien des avantages négociables plutôt que des acquis automatiques.

Le Canada avait d’ailleurs un levier extrêmement révélateur avec sa taxe sur les services numériques. En juin 2025, Ottawa a annoncé son abolition expressément afin de faire progresser les négociations avec Washington. La taxe devait éventuellement rapporter environ 900 millions de dollars par année après les premières années.

Le message américain a donc été parfaitement compris : ce dossier leur importait.

La leçon que j’en tire, et que le gouvernement de Mark Carney devrait tirer, n’est pas nécessairement qu’il faudrait rétablir la taxe demain matin. Et il serait inexact de dire que le Canada n’a absolument rien reçu en échange : Washington a repris les négociations. Le problème est ailleurs. Nous avons essentiellement échangé un actif permanent contre un bénéfice procédural temporaire. C’est tout là le problème…

La taxe, elle, disparaissait réellement; la reprise des négociations ne garantissait aucun résultat. La leçon est donc qu’un levier de négociation devrait idéalement être abandonné en échange d’une concession substantielle, mesurable et suffisamment verrouillée de l’autre côté. Sinon, on risque de dépenser une carte durable pour simplement obtenir le droit de revenir s’asseoir à la table.

Puis il y a l’éléphant géostratégique dans la pièce, probablement le plus sensible pour les États-Unis : la défense du continent.

Et ici, la réflexion peut aller beaucoup plus loin que le NORAD lui-même. Le Canada entre présentement dans une période d’investissements militaires presque sans précédent. Sa nouvelle Stratégie industrielle de défense estime à environ 180 milliards de dollars les possibilités d’approvisionnement militaire au Canada d’ici 2035, auxquelles pourraient s’ajouter environ 290 milliards d’investissements dans les infrastructures liées à la défense. Ce sont des montants gigantesques. Une partie des entreprises américaines voudront naturellement participer à ce marché. Il serait absurde de les exclure simplement parce qu’elles sont américaines; il serait tout aussi absurde de considérer leur accès à près d’un demi-billion de dollars de dépenses potentielles comme quelque chose qui ne possède aucune valeur dans une négociation économique plus large.

Ottawa pourrait privilégier les propositions offrant davantage de production canadienne, d’entretien ici, de transfert technologique, de propriété intellectuelle, d’intégration de fournisseurs canadiens et d’accès réciproque aux marchés militaires américains. Acheter une capacité militaire nécessaire au Canada n’empêche absolument pas de négocier les conditions industrielles maximales qui l’accompagnent.

Et la relation est déjà beaucoup plus intégrée qu’on pourrait le croire…

Les règles d’approvisionnement du Département américain de la Défense reconnaissent explicitement le Canada comme faisant partie, pour certaines fins de planification de la production, de la base industrielle de défense. Dans le programme F-35 seulement, plus de 110 entreprises canadiennes avaient obtenu plus de 5,2 milliards de dollars canadiens en contrats liés à la production et à la chaîne d’approvisionnement, et chaque F-35 produit contenait environ 3,3 millions de dollars canadiens de composants fabriqués ici.

C’est extraordinairement révélateur. Notre économie est suffisamment intégrée à celle des États-Unis pour fabriquer des pièces se retrouvant dans leur chasseur de cinquième génération, mais certaines de nos exportations peuvent parallèlement être qualifiées de menace à leur sécurité nationale lorsqu’il faut justifier un tarif ? Cette contradiction mérite beaucoup plus qu’un haussement d’épaules canadien, comme le fait actuellement notre gouvernement.

Le Canada prévoit également investir des dizaines de milliards dans la modernisation du NORAD, les systèmes de commandement, les infrastructures nordiques et la détection des menaces provenant de l’Arctique. À lui seul, le programme canadien de radar transhorizon arctique représente plus de six milliards de dollars et doit permettre de détecter beaucoup plus tôt les menaces approchant le Canada et l’Amérique du Nord par le Nord.

Fait intéressant : ce programme constitue même la première fois que le Canada dirige le développement d’une capacité majeure dans le cadre du commandement binational NORAD.

Ajoutons à cela quelque chose dont nous parlons encore moins : l’information. Le Canada possède une capacité de surveillance spatiale particulièrement adaptée à l’Arctique grâce à RADARSAT. En juin 2026, Ottawa a accordé un contrat de 688 millions de dollars à MDA Space pour assurer la continuité de cette capacité, dont les données servent notamment à observer les glaces, surveiller les voies maritimes et soutenir le renseignement, la surveillance et la reconnaissance dans le Nord. Notre territoire, nos radars, nos satellites, nos bases, nos pistes et notre capacité à observer une région appelée à devenir de plus en plus importante ne sont pas des accessoires de la sécurité américaine. Ils participent directement à la profondeur stratégique de l’Amérique du Nord.

Parce qu’il y a une chose que Washington peut remplacer beaucoup plus difficilement qu’un fournisseur commercial : notre géographie.

Les États-Unis peuvent ouvrir une mine. Ils peuvent augmenter leur production pétrolière. Ils peuvent subventionner une nouvelle usine. Ils ne peuvent pas déplacer le Canada ailleurs sur la carte. Le territoire canadien se trouve entre une partie des approches arctiques et le cœur démographique et industriel américain. À mesure que l’Arctique devient plus important militairement, économiquement et logistiquement, cette géographie prend mécaniquement davantage de valeur.

Je serai donc extrêmement prudent ici : il serait profondément irresponsable de menacer de réduire notre coopération militaire ou notre partage d’information simplement pour obtenir un tarif plus faible sur le bois ou l’aluminium. La sécurité continentale protège aussi le Canada. Par contre, il existe une contradiction politique américaine que notre gouvernement devrait exploiter beaucoup plus agressivement à la table de négociation : comment le Canada peut-il être suffisamment digne de confiance pour partager la défense de l’espace aérien nord-américain, construire les radars qui détecteront les menaces approchant les États-Unis, participer à leurs chaînes de production militaires, surveiller l’Arctique, fournir leur uranium et plusieurs de leurs minéraux stratégiques, mais devenir simultanément une « menace à la sécurité nationale » lorsqu’il leur vend de l’aluminium ?

Si Washington souhaite une intégration militaire, énergétique et minérale encore plus grande face à la Chine et à la Russie, Ottawa devrait exiger en échange une reconnaissance économique formelle de son statut d’allié stratégique.

Pas une faveur présidentielle révocable dans six mois : quelque chose de beaucoup plus institutionnalisé.

On pourrait même chercher à faire reconnaître une catégorie précise de chaînes d’approvisionnement relevant directement de la sécurité continentale : uranium et combustible nucléaire, certains minéraux critiques transformés, aluminium primaire, énergie, composantes aéronautiques et autres intrants industriels essentiels. Si nos deux pays prétendent réellement constituer un espace de sécurité commun, il devient difficile de soutenir simultanément que les produits qui permettent justement d’assurer cette sécurité constituent eux-mêmes une menace contre les États-Unis.

Et j’ajouterais une dimension supplémentaire : plutôt que de simplement participer financièrement à la défense de l’Arctique, le Canada devrait chercher à faire des infrastructures nordiques un projet beaucoup plus largement nord-américain.

Ports en eau profonde, pistes, télécommunications, fibres optiques, satellites, installations de stockage, routes stratégiques, systèmes de surveillance : lorsque ces infrastructures servent simultanément la souveraineté canadienne et la défense du continent, leur financement, leur développement industriel et les bénéfices économiques qui en découlent devraient eux aussi faire partie de la conversation avec Washington.

Ce n’est pas menacer la coopération. C’est reconnaître qu’une coopération accrue a une valeur, et qu’un allié économique traité comme un adversaire commercial finit nécessairement par rendre cette coopération politiquement beaucoup plus difficile à défendre.

Et je pousserais encore davantage la stratégie canadienne sur le terrain juridique. L’ACEUM possède justement un mécanisme de règlement des différends. Son article 31.19 permet, après une décision favorable et en l’absence de mise en conformité, de suspendre des avantages d’un effet équivalent. Plus intéressant encore : si agir dans le même secteur n’est pas pratique ou efficace, l’accord permet d’envisager la suspension d’avantages dans d’autres secteurs.

Voilà une différence fondamentale entre une vengeance commerciale improvisée et une stratégie de coercition juridiquement construite.

Il faut néanmoins préciser une chose importante : ce mécanisme n’est pas un bouton rouge qu’Ottawa pourrait actionner demain matin. Il faut avoir un différend recevable, obtenir une décision favorable, arriver à une situation de non-conformité et respecter les limites prévues par l’accord. Washington peut également contester le niveau des avantages suspendus. Le juridique ne constitue donc pas nécessairement notre arme la plus rapide; il peut par contre devenir un formidable multiplicateur de puissance en donnant une légitimité et un cadre beaucoup plus solides à certaines représailles.

Si Ottawa estime que certaines mesures américaines contreviennent réellement à l’ACEUM, il devrait pousser ces dossiers aussi loin et aussi rapidement que possible et chercher, lorsque les conditions sont réunies, le droit de frapper là où cela fait politiquement mal plutôt que nécessairement là où Washington nous frappe. Les États-Unis peuvent évidemment invoquer l’exception de sécurité essentielle prévue à l’article 32.2 et tous les dossiers ne seraient pas gagnables. Mais obtenir une décision internationale changerait complètement la légitimité, les alliances diplomatiques et la capacité de représailles du Canada.

Tout cela suppose cependant que le Canada accepte également un aspect moins confortable politiquement : négocier signifie donner quelque chose.

Si nous trouvons absurde que Trump exige une capitulation canadienne complète, nous devons éviter de tomber dans l’image miroir, comme l’a si bien écrit mon collègue Samuel Rasmussen, où toute concession à Washington devient automatiquement une humiliation nationale. Si modifier légèrement l’administration de certains contingents laitiers, remettre les alcools américains sur les tablettes, éliminer simultanément certaines surtaxes automobiles, renforcer les règles empêchant le transbordement de produits chinois par le Canada ou accorder certaines garanties conditionnelles sur les minéraux stratégiques permettait en échange d’obtenir une exemption durable de dizaines de milliards de dollars de tarifs américains, la question à poser ne serait plus : « Avons-nous cédé ? » La question serait : « Avons-nous obtenu davantage que ce que nous avons donné ? »

C’est exactement ainsi que fonctionne une négociation sérieuse.

Et à l’inverse, Washington devrait être forcé de mettre quelque chose de réel sur la table : pas seulement une suspension de 90 jours que le président peut retirer d’un tweet, mais une architecture suffisamment prévisible pour que des entreprises canadiennes puissent de nouveau investir avec un horizon de cinq, dix ou quinze ans. Croyez-moi, la différence ici est majeure.

Voici donc le grand compromis que je chercherais si j’étais autour de cette table : les États-Unis accordent au Canada un statut commercial privilégié et stable pour leurs secteurs stratégiques, retirent une part substantielle des tarifs 232 et 338, acceptent des obligations de consultation et de préavis ainsi qu’un mécanisme de règlement rapide et donnent à l’ACEUM une visibilité à long terme.

En échange, le Canada retire graduellement ses contre-mesures au même rythme, règle certains irritants très précis concernant l’accès laitier et l’alcool, renforce les protections contre le contournement par des pays tiers et propose aux États-Unis une alliance continentale beaucoup plus ambitieuse en matière d’énergie, de nucléaire, de minéraux critiques transformés, d’infrastructures arctiques, de défense industrielle, de réseaux électriques, de corridors logistiques et de sécurité des chaînes d’approvisionnement. Certaines capacités actuelles seraient garanties contractuellement; les capacités futures demeureraient toutefois un actif stratégique canadien pouvant également être dirigé vers d’autres marchés. Les concessions seraient conditionnelles, simultanées et réversibles.

Si l’un remet ses tarifs, les avantages correspondants disparaissent. Pas de chèque en blanc d’un côté ou de l’autre.

Et surtout, pendant que cette négociation se déroule, le Canada doit continuer à bâtir son option de sortie.

En 2025, comme je l’ai écrit dans mes autres textes, nos exportations de marchandises vers les marchés autres que les États-Unis ont augmenté de 17,2 % et les États-Unis sont tombés à environ 71,7 % de nos exportations. Dans le secteur minéral seulement, les exportations vers les États-Unis ont diminué à 76,4 milliards de dollars alors que celles destinées aux autres marchés ont augmenté de 20 % pour atteindre 91,4 milliards. Cela ne signifie pas que nous pouvons remplacer le marché américain demain matin.

Empiriquement, nous ne le pouvons pas.

Mais c’est justement pourquoi chaque port, chaque corridor ferroviaire, chaque pipeline vers un océan, chaque terminal de gaz naturel liquéfié (comme celui de Marinvest Energy à Baie-Comeau), chaque nouvelle usine de raffinage ou de transformation, chaque capacité nucléaire, chaque interconnexion électrique, chaque accord commercial et chaque relation d’approvisionnement avec l’Europe ou l’Asie constitue une pièce de notre future indépendance économique.

La diversification n’est donc pas simplement une politique de commerce extérieur destinée à vendre quelques conteneurs supplémentaires en Europe. C’est la construction lente d’un pouvoir de négociation.

Chaque fois qu’un producteur canadien possède deux acheteurs plutôt qu’un, notre dépendance diminue. Chaque fois qu’une ressource canadienne peut atteindre deux océans plutôt qu’un seul marché, notre marge de manœuvre augmente. Chaque fois que nous transformons ici une ressource plutôt que de simplement l’extraire, notre remplacement devient plus difficile. Et chaque fois qu’une nouvelle infrastructure permet au Canada de choisir entre les États-Unis et le reste du monde, Washington perd une petite partie du pouvoir que lui donne aujourd’hui notre dépendance.

La meilleure façon d’obtenir du respect dans une négociation n’est donc pas de répéter continuellement que nous avons besoin de l’autre.

C’est finalement de construire progressivement la capacité de lui dire : « Nous préférons faire affaire avec vous, mais nous ne sommes plus obligés de le faire à n’importe quelles conditions. »

C’est ici que je reviens à mon Mike Tyson. Le Canada ne gagnera probablement jamais une guerre tarifaire classique contre les États-Unis. Nous pouvons leur faire mal, mais ils peuvent presque toujours nous faire davantage mal en retour. Continuer à empiler 25 %, 35 % ou 50 % de chaque côté de la frontière dans l’espoir que le plus gros joueur abandonne en premier ressemble moins à une stratégie qu’à un concours d’endurance dont nous avons choisi nous-mêmes d’être le participant le plus fragile.

Cela ne signifie pas qu’il faut céder, mais cela signifie qu’il faut arrêter de confondre résistance, imitation et automutilation.

Notre pouvoir ne se trouve pas principalement dans la taille de notre marché. Il se trouve dans l’endroit précis que nous occupons dans certaines chaînes d’approvisionnement américaines, dans nos ressources, dans notre capacité de les transformer, dans notre géographie, dans nos ports, dans notre énergie, dans notre agriculture, dans notre nucléaire, dans notre industrie de défense, dans nos minéraux critiques pour les États-Unis, dans nos capacités de surveillance, dans l’Arctique, dans les alliances que Washington veut préserver et, surtout, dans notre capacité future à offrir une partie croissante de tout cela ailleurs.

Et peut-être faut-il même reformuler notre objectif.

Le Canada ne devrait pas chercher principalement à créer de la douleur aux États-Unis. Il devrait chercher à créer suffisamment de valeur stratégique pour Washington pour que la possibilité de perdre cette valeur devienne plus coûteuse que le compromis.

La douleur appelle souvent la représaille. La possibilité de perdre un avantage essentiel oblige beaucoup plus facilement à négocier.

Le véritable objectif ne devrait donc pas être de battre les États-Unis à leur propre guerre tarifaire. Il devrait être de rendre suffisamment coûteuse pour eux la poursuite de cette guerre (économiquement, politiquement et stratégiquement) pour qu’un compromis devienne plus intéressant que la victoire.

Car, comme je l’ai dit maintes fois : on ne bat pas Mike Tyson en essayant de devenir Mike Tyson.

On change de ring.

Sources

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Samuel Chabot
Samuel Chabot
Samuel Chabot est chroniqueur politique et social, ancien militaire des Forces armées canadiennes et ex-directeur de campagne municipale à Québec. Collaborateur à Libre Média et à Radio Crash avec Josey Arsenault, il est parfois invité au 99,5 FM et à QUB Radio pour commenter l’actualité. Son parcours combine stratégie politique, analyse factuelle et engagement public.

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