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La gestion de l’offre et l’UPA: un système dépassé qui nuit aux consommateurs

Samuel Rasmussen | La gestion de l’offre représente un vestige protectionniste qui restreint la liberté des consommateurs et nuit à la vitalité du marché agricole canadien. Ce mécanisme de contrôle strict sur la production et les importations de produits laitiers, de volaille et d’œufs est défendu avec vigueur par des groupements d’intérêts tels que l’Union des Producteurs Agricoles (UPA), qualifiée par votre humble serviteur comme une sorte de “mafia agricole ».

Une défense artificielle pour les producteurs

Vincent Geloso, économiste et chercheur en politiques publiques, bien connu sur nos réseaux, affirme que ce système nuit à la compétitivité et à l’innovation en favorisant un petit groupe de producteurs au détriment des consommateurs et des nouveaux acteurs du secteur agricole. Selon Geloso, « la gestion de l’offre impose une barrière à l’entrée qui protège un cartel d’agriculteurs privilégiés, tout en rendant les produits plus chers pour tout le monde ».[1]

Le principal point de discussion de l’UPA et de ses partisans met en avant la question de la viabilité des revenus des agriculteurs, mais à quel coût ? Le système des quotas entrave toute souplesse et étouffe la compétition. Un agriculteur en herbe qui veut se lancer doit investir d’importantes sommes pour acquérir des quotas, ce qui restreint l’accessibilité au marché et renforce le pouvoir d’une élite déjà bien établie.

Un poids financier pour les acheteurs Le Food Professor, Sylvain Charlebois, expert en agroalimentaire, a également dénoncé les effets pervers de la gestion de l’offre sur les prix des denrées alimentaires. Il estime que le protectionnisme imposé par ce système force les consommateurs canadiens à payer jusqu’à deux fois plus cher certains produits de base par rapport aux marchés internationaux. Charlebois affirme : « La gestion de l’offre n’existe pas pour protéger les consommateurs. Elle protège une élite agricole aux dépens du bien commun».[2]

Dans un environnement marqué par une inflation rapide des prix alimentaires actuelle et les menaces des augmentations des tarifs douaniers, la levée du système de gestion de l’offre pourrait favoriser l’ouverture du marché, stimuler la concurrence et entraîner une baisse des prix pour les produits laitiers, les œufs et la volaille. En fait, divers pays ayant abandonné des modèles similaires, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont vu leur secteur agricole prospérer tout en profitant d’une compétition renforcée et d’une plus grande variété de produits.

Le syndicat de l’UPA est comparable à un monopole caché.

Le syndicat agricole exerce un contrôle exclusif en imposant ses propres règles à toute l’industrie agricole du Québec. Pourtant, dans une économie basée sur le marché, l’idée de monopole est souvent considérée comme contraignante pour le développement de l’innovation et de la concurrence.

La domination de l’UPA sur l’agriculture au Québec entrave toute tentative de moderniser le secteur agricole et est même soutenue par un puissant lobby qui maintient cette situation en invoquant la crainte d’une “ruralité déstructurée ». En vérité, l’ouverture des marchés pourrait favoriser une agriculture plus innovante et flexible répondant aux attentes des consommateurs.

Les frais non divulgués pour les citoyens

En plus des tarifs plus élevés imposés aux acheteurs finaux, les contraintes financières qui en résultent pour les pouvoirs publics constituent également un facteur important à prendre en compte. En limitant artificiellement la production agricole avec des quotas, cela entraîne une rareté créée artificiellement obligeant le gouvernement à mettre en place divers programmes de subvention pour soutenir les agriculteurs qui ont du mal à maintenir leur compétitivité.

En mettant fin au système de gestion de l’offre alimentaire (GOF), non seulement les prix des denrées alimentaires baisseraient, mais l’État pourrait aussi économiser des millions de dollars en subventions superflues. Ces économies pourraient être réallouées à d’autres secteurs tels que l’éducation ou la santé au profit de tous les citoyens plutôt que d’un petit groupe de producteurs favorisés.

Un obstacle aux exportations et à la compétitivité

Un enjeu majeur supplémentaire lié à la gestion de l’offre réside dans son impact défavorable sur la compétitivité des producteurs canadiens à l’échelle mondiale. En étant isolés de la compétition étrangère sur le marché national, les agriculteurs sous ce régime ne sont pas suffisamment préparés pour rivaliser sur la scène internationale. Cette situation restreint les exportations du Canada et entrave les producteurs dans l’élaboration de stratégies concurrentielles à long terme.

À l’opposé de cela – dans des nations telles que la Nouvelle-Zélande – où le secteur du lait est complètement libéralisé et ouvert au marché libre, les producteurs ont su atteindre une position dominante à l’échelle mondiale en s’appuyant sur l’innovation et la quête de nouvelles opportunités de développements. En abolissant le système de contrôle des quotas, la gestion de l’offre, le Canada pourrait aussi inciter son secteur agricole à se renouveler et à s’implanter sur les marchés étrangers internationaux.

Un design obsolète

La planification de la production remonte aux années 1970 à une époque où l’intervention économique était considérée comme une réponse aux problèmes dans le secteur agricole. Cependant, l’environnement actuel présente des caractéristiques très différentes. Les consommateurs bénéficient aujourd’hui d’un large éventail de produits à l’échelle mondiale et les avancées technologiques dans le domaine agricole permettent une production plus efficace et adaptable.

Rester attaché à cette structure obsolète revient à ignorer les exigences économiques actuelles et à être déconnecté de la réalité du monde moderne en matière d’économie. Il est grand temps d’embrasser une approche plus ouverte qui encourage la compétitivité et l’inventivité tout en offrant aux consommateurs une plus grande liberté de choix.

Il est clair qu’une réforme est indispensable.

La suppression du système de gestion de l’offre est non seulement une proposition intéressante, mais aussi nécessaire pour moderniser l’agriculture au Canada. Il est grand temps d’en finir avec cette protection institutionnelle qui appauvrit les citoyens canadiens et favorise une élite privilégiée. Ce changement ne signifierait en aucun cas la disparition de l’agriculture locale; au contraire, il permettrait aux producteurs canadiens de renforcer leur compétitivité sur le marché mondial tout en offrant aux consommateurs une plus grande diversité de choix.

Au final la planification de l’approvisionnement est une relique économique qui favorise principalement les intérêts d’une élite agricole plutôt que ceux du grand public: L’agriculture canadienne n’a pas besoin d’être protégée, elle a besoin d’être libérée.


[1]Geloso, V. (2023). Gestion de l’offre : les Canadiens en souffrent énormément. Institut économique de Montréal. Repéré à https://www.iedm.org/fr/iedm-gestion-de-loffre-les-canadiens-en-souffrent-enormement-vincent-geloso/

[2]Boyer, M., & Charlebois, S. (2007). La gestion de l’offre des produits agricoles : un système coûteux pour les consommateurs. Institut économique de Montréal. Repéré à https://www.iedm.org/fr/588-la-gestion-de-loffre-des-produits-agricoles-un-systeme-couteux-pour-les-consommateurs/ ps://www.iedm.org/fr/iedm-gestion-de-loffre-les-canadiens-en-souffrent-enormement-vincent-geloso/

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Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen, alias Le Blond Modéré, est membre des Trois Afueras et collaborateur du podcast Ian & Frank. Titulaire d'une formation en relations internationales à l'Université de Sherbrooke, il s'intéresse particulièrement à la géopolitique, aux zones d'influence et aux différentes formes de pouvoir.

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