Vendredi, avril 4, 2025

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Le « Liberation Day » de Trump : une révolution tarifaire qui ébranle l’économie mondiale

Le 2 avril 2025, surnommé « Liberation Day » par l’administration Trump, restera gravé dans l’histoire économique américaine. Le président Donald Trump a dévoilé un plan de tarifs douaniers sans précédent, qualifié par la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt comme « l’un des jours les plus importants de l’histoire américaine moderne ».

Un arsenal tarifaire massif

Lors d’une allocution dans les jardins de la Maison Blanche, Trump a annoncé l’imposition d’un tarif de base de 10% sur toutes les importations entrant aux États-Unis, avec des taux bien plus élevés pour environ 60 nations considérées comme des « délinquants majeurs ». Ces mesures entreront en vigueur rapidement : le tarif de base sera appliqué dès le 5 avril, suivi des tarifs réciproques plus élevés le 9 avril.

Parmi les pays les plus durement touchés figurent :

  • Chine : 54% (34% + le 20% déjà en vigueur)
  • Union européenne : 20%
  • Vietnam : 46%
  • Thaïlande : 36%
  • Japon : 24%
  • Cambodge : 49%
  • Afrique du Sud : 30%
  • Taïwan : 32%

Trump a justifié ces mesures en déclarant que « les pays étrangers ont pillé et violé » l’Amérique en imposant des pratiques commerciales déloyales. « C’est l’un des jours les plus importants de l’histoire américaine. C’est la déclaration d’indépendance américaine, » a-t-il ajouté, promettant que « les emplois et les usines reviendront en force, et l’Amérique sera à nouveau riche ».

Le Canada relativement épargné

Contrairement aux craintes initiales, le Canada a été relativement épargné par cette vague tarifaire. Le pays n’apparaît pas sur la liste des 60 nations ciblées par des tarifs réciproques supplémentaires. Cependant, la structure tarifaire existante sur les produits canadiens demeure largement inchangée : un tarif global de 25% sur tous les produits, à l’exception de ceux couverts par l’actuel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) qui a remplacé l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Quelques nuances importantes sont à noter :

  • Les produits énergétiques et le potassium bénéficieront d’un tarif réduit de 10%
  • Les droits de 25% sur l’acier et l’aluminium canadiens seront maintenus
  • Trump a confirmé un tarif de 25% sur « toutes les automobiles fabriquées à l’étranger », sans préciser si le Canada bénéficierait d’exemptions

La Maison Blanche a lié ces tarifs aux problèmes de trafic de fentanyl et de migration en provenance du Canada et du Mexique, que Trump a qualifiés d’urgence nationale. Le Premier ministre canadien Mark Carney a promis de riposter à ces tarifs « avec détermination et avec force ».

Un impact économique considérable

Ces tarifs représentent potentiellement la plus importante augmentation d’impôts depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un fardeau financier estimé entre 400 et 800 milliards de dollars annuellement pour les entreprises et consommateurs américains. Selon Peter Navarro, conseiller commercial de Trump, ces tarifs pourraient générer environ 600 milliards de dollars par an, soit environ 6 billions de dollars sur la prochaine décennie.

Si ces chiffres sont exacts, il s’agirait de la troisième plus importante augmentation d’impôts de l’histoire américaine, équivalant à 2% du produit intérieur brut. Seules les hausses d’impôts votées par le Congrès en 1941 (2,2% du PIB) et 1942 (5%) ont dépassé cette augmentation potentielle.

Certaines estimations suggèrent que les tarifs annoncés mardi pourraient coûter au ménage américain moyen 830 dollars par an, sans compter l’impact des tarifs de rétorsion attendus du Canada, de la Chine et du Mexique.

Les marchés financiers en chute libre

La réaction des marchés financiers a été immédiate et sévère. Les contrats à terme sur les principaux indices boursiers américains ont plongé après l’annonce :

  • Les contrats à terme du S&P 500 ont chuté de 3,5%
  • Les contrats à terme du Nasdaq 100 ont dégringolé de plus de 4,3%
  • Les contrats à terme du Dow ont perdu environ 1 000 points, soit une baisse de 2,3%

Les actions des grandes entreprises américaines dépendantes du commerce mondial ont été particulièrement touchées :

  • Apple a chuté de près de 7%
  • Amazon a perdu 6%
  • Walmart a baissé de 5%
  • Nike, qui s’approvisionnait à 50% au Vietnam en 2024, a vu son cours s’effondrer de 6,5% dans les échanges après-bourse

« Les tarifs étaient certainement pires que ce que nous avions prévu, » a déclaré Brett Ryan, économiste principal pour les États-Unis chez Deutsche Bank. Les stratèges d’Evercore ISI ont estimé que le taux tarifaire effectif pourrait atteindre 29%, ce qui porterait le taux tarifaire américain à son plus haut niveau depuis plus d’un siècle.

Un pari risqué pour l’économie américaine

Cette initiative représente un pari politique majeur pour Trump, qui a retrouvé la Maison Blanche en grande partie grâce à sa promesse d’améliorer l’économie. Cependant, de nombreux économistes craignent que ces mesures ne provoquent une récession et n’aggravent l’inflation.

David Rosenberg, fondateur et président de Rosenberg Research, a souligné : « Dans un conflit commercial mondial, il n’y a pas de gagnants. Il est important de comprendre que les affirmations suggérant que les consommateurs américains ne ressentiront pas l’impact sont erronées. Ce sont les entreprises importatrices qui sont responsables du paiement des tarifs, pas les pays exportateurs. Une grande partie de ce coût sera finalement répercutée sur les consommateurs ».

Tai Hui, stratège en chef du marché pour l’APAC chez J.P. Morgan Asset Management, a ajouté : « L’annonce d’aujourd’hui pourrait élever les taux tarifaires moyens américains à des niveaux jamais vus depuis le début des années 1900. […] L’ampleur de ces tarifs soulève des inquiétudes concernant les risques de croissance. Les consommateurs américains pourraient réduire leurs dépenses en raison de la hausse des prix des importations, et les entreprises pourraient reporter leurs investissements ».

Alors que Trump présente cette initiative comme une « déclaration d’indépendance économique », le monde entier retient son souffle face aux répercussions potentielles de ce qui pourrait devenir la plus grande guerre commerciale de l’histoire moderne.

L’annonce complète du Liberation Day

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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