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Jonathan Hamel dénonce : le caucus conservateur québécois est un boulet 🔒🎵

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Malgré la défaite de lundi dernier, le Parti conservateur du Canada a obtenu 41 % des voix. C’est son meilleur résultat depuis l’ère Mulroney. Jonathan Hamel estime que le PCC va avoir un brillant avenir, car les jeunes font maintenant partie de la base militante des conservateurs fédéraux. Donc, le PCC va continuer de progresser et il risque de prendre le pouvoir lors du prochain scrutin. L’observateur conservateur pense que la nouvelle droite doit s’implanter au Québec et remplacer le caucus actuel qui est trop progressiste. L’avenir du parti au Québec passe par ces nouveaux conservateurs comme Marie-Josée Élie et Jonathan Poulin. 

Jonathan Hamel est un observateur politique québécois. 

Entretien

Simon Leduc : Les sondages prédisaient un gouvernement majoritaire libéral. Mais, il a dû se contenter d’une minorité et les conservateurs ont mieux performé que prévu. Êtes-vous surpris des résultats?

Jonathan Hamel : « Les coups de sonde sous-estiment souvent les conservateurs. Alors, je m’attendais à ce qu’ils obtiennent un meilleur score et ce fut le cas. J’estime qu’il y a eu une mobilisation sans précédent pour le Parti conservateur dans toutes les provinces sauf le Québec. Pierre Poilievre a obtenu le soutien des jeunes. Ces derniers sont allés voter pour les conservateurs, car ils parlent de leurs priorités. J’ai observé sur les réseaux sociaux (Tik Tok et Instagram) la mobilisation de la jeunesse pour les conservateurs. Maintenant, le PCC peut compter sur une nouvelle base militante plus jeune qui parle des enjeux qui la préoccupe : hausse du coût de la vie, l’accès à la propriété, l’endettement du Canada, etc.  Malgré la défaite, il y a des signaux qui sont très positifs pour le Parti conservateur du Canada pour la suite des choses. »

Est-ce que la victoire libérale peut s’expliquer par le soutien massif des baby-boomers?

Jonathan Hamel : « Je crois que c’est une évidence. Il y a clairement eu un choc démographique durant ce scrutin. Le taux de participation des jeunes n’est pas encore assez haut pour contrebalancer le vote des 60 ans et qui favorise le PLC. Le pense que les conservateurs doivent faire un examen de conscience. Le PCC n’a pas été assez présent dans les médias alternatifs comme Libre Média et le podcast de Ian et Frank au Québec. Celui-ci se concentre trop sur les médias de masse qui seront toujours hostiles envers lui. Les conservateurs vont devoir être plus présents dans les médias où les jeunes sont présents afin d’élargir leur bassin d’électeurs. La droite québécoise a obtenu son meilleur résultat depuis les années Mulroney malgré un faible score chez les 60 ans et plus. Je pense que le PCC sous Pierre Poilievre s’en va dans la bonne direction. »

Selon vous, comment expliquez-vous la piètre performance du PPC de Maxime Bernier?

Jonathan Hamel : « J’estime que le PPC hausse ses appuis quand le PCC est dirigé par un progressiste. Lors des élections de 2021, le parti de Maxime Bernier a obtenu 5 % des voix et cela a fait du mal au PCC qui a sous performé sous le leadership d’un conservateur mou, Erin O’Toole. Ce dernier avait perdu une trentaine de comtés. Or, le Parti conservateur du Canada a un véritable leader de droite. En conséquence, Pierre Poilievre a rassemblé tous les électeurs conservateurs derrière lui. C’est pour cela que Maxime Bernier s’est marginalisé. »

Le Québec est le seul endroit où le PCC n’a pas fait de gains. Comment expliquez-vous ce phénomène?

Jonathan Hamel : « Mon constat est très sévère pour le caucus québécois du Parti conservateur et de la campagne électorale au Québec. Les conservateurs québécois ont mal géré la campagne électorale. À mon avis, les députés conservateurs québécois ne représentent pas le mouvement conservateur canadien moderne. Ce sont des gens qui changeraient d’allégeance politique s’ils en avaient l’occasion. Je ne m’identifie pas du tout à eux et leurs valeurs. S’ils y avaient des investitures ouvertes dans ces comtés, la plupart des élus québécois seraient rejetés par les militants. Ces derniers ne sont pas représentatifs du mouvement conservateur québécois. Il y a eu une certaine hésitation de leur part pour défendre le chef quand c’était le temps. On n’a pas de porte-parole conservateur solide dans les médias du Québec. Cela peut s’expliquer par le laxisme du caucus québécois qui n’a aucun héritage de quinze ans de députation québécoise conservatrice. Le nombre de membres est très bas et on n’a pas une organisation compétente sur le terrain. Donc, mon constat est très sévère par rapport aux élus actuels. C’est pour cela que les conservateurs n’ont pas progressé depuis 15 ans sur le territoire québécois.  

D’autre part, j’estime que le caucus québécois conservateur doit se distancer de la CAQ et se rapprocher du PCQ. Le vrai mouvement « grass roots » conservateur au Québec est représenté par le Parti conservateur du Québec. Les militants du PCQ sont très présents dans la base militante québécoise du PCC. Mais, les dirigeants du caucus québécois ont délibérément écarté des figures solides du PCQ, comme Marie-Josée Elie et Jonathan Poulin. En conséquence, ceux-ci n’ont pas pu être candidats. C’est extrêmement malhonnête de la part des élus conservateurs et cela nuit à la base militante qui représente la nouvelle droite émergente de Pierre Poilievre. C’est avec ce nouveau mouvement conservateur que le PCC va progresser dans la Belle province et non pas avec des pseudo conservateurs progressistes comme la députation actuelle. Je ne pense pas que Pierre Paul-Hus devrait demeurer le lieutenant du Québec. Il n’a pas livré la marchandise et on a besoin de sang neuf à ce poste névralgique. »

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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