Beaucoup de chroniqueurs, notamment du Journal de Montréal, que ce soit Norman Lester ou encore Emmanuelle Latraverse, caressent l’idée que le Canada puisse adhérer, un jour, à l’Union européenne. Cette adhésion est souhaitée par ces personnes afin de se protéger d’une potentielle invasion américaine. Or, nous ne sommes pas Européens.
Petit préambule
Il importe de faire preuve d’une petite nuance. Il n’est pas question ici de refuser tout partenariat avec l’Union européenne. En revanche, il n’est pas question de faire partie de l’Union européenne pour des raisons géographiques, culturelles et politiques.
Les raisons géographiques
Il y a un tout petit aspect que ces chroniqueurs n’ont pas compris : la géographie. Au cas où ils ne l’auraient pas remarqué, le Canada est situé géographiquement en Amérique du Nord. Le Canada, bien que possédant un héritage européen, ne fera jamais partie de l’Europe et encore moins de l’Union européenne.
Le Canada est agglutiné géographiquement aux États-Unis. En ce sens, il est impossible de les négliger. Il n’est pas non plus question d’adhérer aux États-Unis, ni que Canada devienne le 51e État. Le Canada doit continuer d’avoir des partenariats avec les anciennes puissances européennes et d’autres pays. Or, il ne faut pas aller partout avec l’Europe. Le Canada doit rester nord-américain et ne doit pas devenir européen. S’affranchir de sa géographie reviendrait à nier le réel.
Une culture différente
Certes, il n’est pas non plus question de renier l’apport des Européens au continent nord-américain. Bien au contraire, l’Europe a apporté beaucoup. Cependant, avec le temps, les pays d’Amérique du Nord, que ce soit le Canada, les États-Unis et le Mexique, ont développé leur propre culture. Nous ne sommes pas des Européens et nous serons toujours nord-américains. Nos coutumes, nos habitudes, nos sports nationaux sont davantage nord-américains qu’européens.
De plus, notre sport national est le hockey et non le soccer ni le rugby. Certes, le Premier ministre a acquis une culture européenne après avoir passé près d’une décennie au Royaume-Uni. Nous avons même des us et coutumes qui sont plus proches de celles des Américains que celles des Européens, que ce soit le jour de l’Action de Grâce, le visionnement du Superbowl et non celui de la Coupe du monde de soccer et bien d’autres. Or, le peuple canadien fait partie de l’Amérique du Nord et il est plus lié à son continent qu’à l’Europe.
Une politique différente
Force est d’admettre que je suis très mal à l’aise face à la proposition de Latraverse et Lester pour une raison bien précise : la structure même de l’Union européenne. L’Union européenne, déjà, regroupe les pays d’Europe, et nous n’y vivons pas. Deuxièmement, la structure de l’Union européenne pose un problème. En ce sens, un troisième parlement en supplément de ceux que nous avons déjà (provincial et fédéral) ne nous serait en aucun cas utile. Il est déjà difficile de recueillir au minimum 70 % des électeurs inscrits lors des élections fédérales et provinciales. Des élections européennes n’obtiendraient donc pas plus de votes que les élections fédérales et provinciales.
Autre problème lié à la structure de l’Union européenne : la Commission européenne. Bien que le président de la Commission soit choisi par les parlementaires européens, les commissaires européens sont choisis par les gouvernements et ne sont donc pas élus. Cela pose ainsi un problème de représentativité.
À cela s’ajoute le problème des frontières européennes qui sont soumises aux réglementations de l’Union européenne. En ce sens, cela constituerait une perte de souveraineté pour le Canada. Chaque pays devrait avoir le contrôle de ses frontières. Il serait malsain pour une nation nord-américaine telle que le Canada de se faire imposer des réglementations venant d’un autre continent. En ce sens, cela ne serait aucunement bénéfique pour le Canada.
Il est raisonnable de se demander quelles sont les véritables intentions du Premier ministre canadien vis-à-vis du Canada quand il avait signé le Pacte de défense européen en 2025. Ce pacte de défense ne devrait concerner que les pays européens et non le Canada. Le Premier ministre en avait remis une couche aussi lorsqu’il avait signé, au nom du Canada, l’adhésion du pays au programme européen SAFE (Security Action For Europe). Le Canada est le seul pays hors-Europe à y adhérer. En ce sens, il est légitime de se demander si M. Carney est réellement loyal envers le Canada ou s’il cherche à intégrer le Canada dans l’Europe.
À retenir
Le Canada est une démocratie nord-américaine. Par sa géographie, il est condamné à s’entendre avec les États-Unis. Malgré tous les rapprochements avec l’Europe qu’il serait possible de faire, il est inconcevable que le Canada devienne européen. Il est hors de question que le Canada devienne un territoire outremer de l’Europe.
Il est aussi hors de question que le Canada perde le contrôle de ses frontières et soit l’exécutant de décisions qui sont prises par un autre continent. Il ne faudrait pas aussi omettre le fait qu’un Canada au sein de l’Union européenne serait minoritaire et n’aura que peu de possibilités d’avoir son mot à dire. En ce sens, jamais le Canada ne devrait faire partie de l’Union européenne.


