Kim Leclerc a décidé de créer un site Internet de projections de sièges dans la même lignée de Canada 338 de Philippe J. Fournier. M. Leclerc est un passionné de politique et il a mis en place ce nouveau site de projections afin d’analyser et de suivre la tendance dans les intentions de vote, premièrement au niveau fédéral.
Entretien
Simon Leduc : Vous travaillez dans quel domaine?
Kim Leclerc : « Dans le passé, j’ai travaillé dans des cabinets politiques au Parti libéral du Québec et au PLC. Maintenant, je bosse pour une firme de relations publiques Aucoin Stratégie et Communication. »
Pourquoi avez-vous décidé de créer un site Internet de projection électorale?
Kim Leclerc : « La politique m’a toujours beaucoup intéressé. Je voulais mettre en place un site web afin de modéliser les résultats des sondages dans la carte électorale fédérale canadienne qui contient 343 comtés. Cela va me permettre d’évaluation la qualité et la précision des firmes de sondages. J’ai commencé par faire l’exercice pour la scène politique fédérale afin de voir la position actuelle des partis politiques fédéraux dans l’ensemble du Canada.
J’ai aussi mis en ligne un modèle américain, parce que c’est plus facile de modéliser les résultats de sondages, car il y a plus de data disponible aux États-Unis qu’au Canada. Cela va me permettre de faire des projections avec les firmes de sondages américaines. »
Est-ce que votre site de projection électorale est semblable à Canada 338 de M. Fournier?
Kim Leclerc : « Je pense que Canada 338 utilise plus de données au niveau de l’âge et des facteurs sociodémographiques que mon site pour l’instant. Je dois dire que c’est la première version de mon site que j’ai mis en place. M. Fournier fait ses projections à la base de la pondération des firmes de sondages. Moi, je fais des projections bayésiennes en temps réel pour la prochaine élection fédérale canadienne. Malgré la différence de calcul, cela donne sensiblement la même projection que Canada 338. Cela fait longtemps que M. Fournier travaille dans ce domaine et ses projections sont assez précises. J’ai décidé de lancer mon propre système afin de le comparer avec celui de Canada 338 et de voir si j’allais observer quelque chose de différent. Cela se veut pas dire que mon modèle sera d’une meilleure précision que celui de M. Fournier. »
Dans votre récente projection de sièges, le Parti libéral du Canada ferait élire plus de 200 députés si des élections fédérales avaient lieu cette semaine. Êtes-vous surpris par ce résultat?
Kim Leclerc : « Je ne suis pas du tout surpris par ces chiffres. Présentement, le PLC est en position de force à travers le Canada. Les appuis des libéraux sont stables au Québec et en Ontario. Or, ils ont monté dans le reste au pays de façon importante. Le PLC commence à faire des gains à Vancouver et dans les zones urbaines du Manitoba, de la Saskatchewan et aussi en Alberta. Je constate que le Parti libéral commence à s’installer dans les zones périphériques près des grands centres urbains. Il faut constater que ce dernier bénéficie de l’effondrement du NPD en Ontario et dans les Prairies. Cela permet au PLC de hausser ses soutiens dans ces territoires.
Le PLC demeure en avance avec une quarantaine de sièges au Québec. Sa victoire lors de l’élection partielle de Terrebonne démontre que les libéraux sont bien implantés en sol québécois. Il y a une lune de miel entre les Québécois et Mark Carney. Il faudra attendre afin de savoir si cela va durer dans le temps.
J’ai pu observer une baisse des appuis des conservateurs en Ontario et dans les Prairies. De plus, ils font du surplace au Québec. Le PCC semble avoir de la difficulté de faire des gains en sol québécois. Ils sont concentrés dans la grande région de Québec et en Beauce. Je dois dire que le soutien du PCC a chuté par rapport aux résultats du dernier scrutin général. Ces derniers perdraient des sièges si des élections avaient lieu cette semaine.
J’estime que les Red Tories semblent être séduits par le leadership de Mark Carney. Cela cause des problèmes pour le chef conservateur Pierre Poilievre.
Lors de ma plus récente projection, le PLC obtient 214 sièges contre 104 pour les conservateurs. On peut constater qu’une vague rouge déferlerait sur le pays si des élections avaient lieu cette semaine.
En conclusion, il n’y a pas de division du vote de gauche au Canada. Le PLC fait le plein du vote progressiste et cela nuit aux chances des conservateurs de reprendre le pouvoir aux prochaines élections générales. Le NPD s’est effondré dans les Prairies et en Colombie-Britannique. La conjoncture actuelle favorise grandement le PLC. Est-ce que cela pourrait changer dans un avenir rapproché? Seul le temps nous le dira. »


