Le 1er avril 2026, ta facture Hydro a encore augmenté de 3 %. Pour une maison moyenne, ça fait 5,46 $ de plus par mois. Pour un 5 ½, environ 2,30 $. Pour une grande maison, près de 8 $. C’est près de 100 $ de plus par année qu’une famille doit trouver, juste pour se chauffer.
On se disait souvent : « Au moins on a nos barrages, on est chanceux, ça va nous protéger ». Mais non. Même avec 61 centrales et 37,2 GW de puissance, les tarifs continuent de monter. Et c’est encore toi qui paies la note.
Les faits sont là
La Régie de l’énergie a rendu sa décision le 16 mars. Hydro voulait hausser plus fort, surtout pour les entreprises. Même si une partie des coûts supplémentaires demandés aux entreprises finit souvent par nous être refilée dans nos factures (via les prix des produits et services), la Régie a quand même coupé l’équivalent de 450 millions $ sur trois ans. Hydro prévient que ça risque de compromettre la fiabilité du réseau et le Plan d’action 2035. Résultat : même nos barrages, payés depuis longtemps, n’arrivent plus à nous protéger comme avant.
On se fait dire que c’est le climat… mais regardons les choses en face
On nous explique que les arbres poussent plus vite à cause des changements climatiques et que c’est pour ça qu’il y a plus de pannes. Claudine Bouchard l’a répété : les étés plus longs font pousser la végétation plus longtemps. Pourtant, un arbre, ça ne pousse pas de 10 pieds en une nuit. Si les branches touchent les fils, c’est souvent parce qu’Hydro-Québec n’est pas passée depuis trop longtemps. Les données historiques sur la croissance des arbres et les cycles d’entretien étaient connues depuis des décennies. Une maintenance plus constante et préventive aurait pu limiter une bonne partie du problème, même si Hydro-Québec a augmenté ses budgets d’élagage ces dernières années.
C’est la même chose avec les réserves d’eau. En mai 2025, les 28 grands réservoirs d’Hydro-Québec ne contenaient que 50,3 TWh d’énergie possible — un creux historique. Imagine qu’il te restait juste 100 km d’autonomie dans ta tank à gaz et que tu te disais « pas grave, je peux encore faire 300 km avant le prochain arrêt ». Ces variations étaient connues et documentées depuis des décennies (Centre d’Expertise Hydrique du Québec et La Presse, 21 août 2025). On aurait dû les anticiper au lieu de miser sur des exportations accrues quand il y avait de la surcapacité temporaire.
Plusieurs centrales sont aussi en travaux de modernisation (Carillon, Rapide-Blanc, Outardes-2 et d’autres) pour gagner 2 400 MW. Ça représente 6 à 7 % de la capacité totale temporairement réduite. Ces travaux étaient nécessaires, mais ils auraient pu être mieux planifiés et étalés pour moins peser sur tes tarifs.
Le rôle du gouvernement comme actionnaire
Hydro-Québec a fait un bénéfice net de 2,9 milliards $ en 2025 et a versé 2,2 milliards $ en dividende au gouvernement. Au total, la société d’État contribue 4,4 milliards $ aux revenus du gouvernement, dont une grande partie provient de nous, les citoyens. Pourtant, on se fait souvent répéter par certains politiciens et médias que les marges de profit des épiceries sont trop grandes (autour de 3 à 5 %), pendant qu’Hydro affiche une marge bénéficiaire de 16 %.
Avec près de 24 000 employés et des dépenses opérationnelles qui augmentent chaque année, on peut se demander si une meilleure maîtrise de ces coûts ne permettrait pas de libérer des capitaux pour améliorer le réseau existant et offrir un meilleur service aux citoyens. Si l’État a besoin de plus d’argent, ne serait-il pas plus transparent de le demander clairement par l’impôt plutôt que de le prendre sur la facture d’électricité qui touche tout le monde, même ceux qui ont de la misère à joindre les deux bouts?
L’éolien massif : une meilleure utilisation des ressources?
Le Plan d’action 2035 veut ajouter plus de 10 000 MW d’éolien, pour plus de 30 milliards $. L’éolien est intermittent : sans vent, il faut toujours les barrages en soutien. Son coût réel tourne souvent autour de 7-8 ¢/kWh, contre 2-3 ¢ pour nos vieilles centrales déjà payées.
Avant d’investir massivement dans une énergie instable, la question se pose : a-t-on vraiment maximisé le potentiel de nos installations hydroélectriques, qui sont déjà fiables et en grande partie amorties?
Avec le même argent, on pourrait plutôt moderniser nos barrages existants, mieux contrôler la végétation et renforcer le réseau. Ça donnerait autant, sinon plus, d’énergie fiable et stable, sans hausses inutiles. De plus, un réseau de stockage par batteries à l’échelle du Québec pourrait offrir un meilleur rendement par dollar investi qu’un déploiement massif d’éolien (qui entraînerait la coupe de centaines de kilomètres de forêt), car il permet de mieux gérer les surplus et les pointes sans dépendre du vent.
L’impact sur les familles québécoises
Pour bien des gens, ces quelques dollars en plus s’ajoutent à l’épicerie qui coûte déjà cher et à l’essence qui frappe dur à la pompe. C’est moins pour aider les enfants, moins pour la retraite, moins pour respirer un peu. Le citoyen travaille déjà fort pour payer ses besoins essentiels et remplir les coffres de l’État avec ses impôts et taxes. Rappelons qu’il faut souvent près de 165 jours de travail par année juste pour couvrir impôts et taxes avant de commencer à travailler pour sa propre famille.
C’est une pression de plus sur le budget familial, alors que nos richesses devraient d’abord nous servir à nous.
Une voie plus pragmatique
Nos barrages et nos ressources hydroélectriques sont une richesse collective immense. Elles devraient avant tout protéger notre portefeuille, pas servir d’outil fiscal supplémentaire. En optimisant ce que nous avons déjà et en misant sur des solutions de stockage efficaces, on peut alléger la pression sur les tarifs et bâtir une vraie autonomie énergétique.
On a la richesse sous nos pieds et dans nos rivières. Utilisons-la d’abord pour enrichir les Québécois, pas pour financer la bureaucratie. C’est ça, le vrai pragmatisme.

