« L’Ouest impérial » — cette sphère de pouvoir mondial dominée par les nations libres et démocratiques — semble chanceler en ce début d’avril 2025. Des signaux inquiétants évoquent les crépuscules d’empires jadis florissants : menaces économiques inédites et persistantes, revers diplomatiques en série et rivalités géopolitiques défavorables.
L’instabilité mondiale causée par les guerres commerciales et les échecs diplomatiques des leaders occidentaux souligne un contexte où l’Empire occidental contemporain paraît vaciller. Il est désormais nécessaire de voir de manière critique ces erreurs de gouvernance et d’alerter sur les implications potentielles, en s’appuyant sur une approche plus libérale inspirée de penseurs tels que Deirdre McCloskey ou Tyler Cowen, ardents défenseurs des valeurs traditionnelles de l’Occident.
L’instabilité économique due aux tensions commerciales mondiales
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, jamais l’ordre commercial mondial — largement influencé par les nations occidentales — ne s’est autant senti fragile de l’intérieur qu’en 2025. Au 8 avril 2025 exactement, la scène du commerce international est tendue, face à l’escalade d’une guerre commerciale généralisée qui se profile. Aux États-Unis, on assiste à une résurgence inédite du protectionnisme, sur fond de rivalités politiques exacerbées. Le président américain a menacé d’imposer des droits de douane exorbitants sur les importations provenant du monde entier, y compris celles d’alliés historiques.
Au cours des derniers jours, Washington a déclaré l’imposition d’une taxe punitive de 25 % sur les véhicules importés de divers pays (Europe, Japon et Corée du Sud). De plus, la Maison-Blanche envisage d’appliquer un tarif général d’au moins 10 % sur la plupart des produits importés.
En d’autres termes, la libre circulation des échanges, telle qu’elle existait, cède la place à une taxation systématique aux frontières des États-Unis. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : en un instant, la confiance des marchés s’est effondrée et les Bourses occidentales ont chuté drastiquement, faisant craindre une récession mondiale sévère.
Le prix du pétrole est en baisse, reflétant un pessimisme grandissant quant à la croissance économique future. Ce virage protectionniste du leader économique mondial suscite de vives inquiétudes et rappelle les politiques douanières restrictives du passé, qui étouffent le commerce international et nuisent in fine à l’économie nationale. Imposer des tarifs douaniers revient indirectement à taxer ses propres citoyens ; à terme, le pays qui s’y adonne risque de s’appauvrir. En 2025, les tarifs douaniers américains augmentent déjà les prix pour les familles occidentales et perturbent les réseaux d’approvisionnement.
Ce virage protectionniste est perçu comme une trahison des valeurs fondamentales ayant porté l’Occident à la prospérité. L’économiste Deirdre McCloskey rappelle que ce sont les principes libéraux — libre-échange, propriété privée, liberté d’entreprendre — qui ont assuré un développement sans précédent de l’Occident depuis le XVIIIe siècle. Renier ces valeurs aujourd’hui, au nom d’un nationalisme économique étriqué, revient à saper la base de la force occidentale. Dans un contexte déjà marqué par les menaces tarifaires mondiales, s’engager dans une démarche protectionniste ne fait qu’affaiblir nos économies et compromettre la crédibilité de l’Occident en tant que champion du libre marché. Le moindre recul américain en matière de libre-échange met en péril l’économie occidentale dans son ensemble et ouvre la voie à d’autres puissances pour dicter les règles du jeu.
Retrait stratégique en Afrique : l’Occident perd son influence traditionnelle
Des protestataires ont brandi un drapeau russe lors d’un rassemblement à Niamey, au Niger, en 2023, illustrant la montée du mécontentement envers la France et l’essor de l’adhésion à la Russie en Afrique — signe du déclin de l’emprise occidentale sur le continent.

L’Occident perd de l’influence tant sur le plan économique que diplomatique. Le désengagement est particulièrement visible en Afrique, où la France et d’autres puissances européennes exerçaient autrefois une forte emprise. Cette région a connu une série alarmante de coups d’État militaires récents : sept putschs en trois ans dans des pays auparavant proches de l’Occident (Mali, Guinée, Burkina Faso, Niger, Tchad, Soudan et Gabon), renversant les gouvernements démocratiques.
À chaque événement, un schéma similaire se répète : une faction militaire prend le pouvoir, dénonce les conseillers ou forces étrangères et recherche de nouveaux partenariats avec des régimes souvent autocratiques. Ces renversements s’accompagnent d’un sentiment anti-occidental croissant dans la population locale, notamment contre la France : à Niamey, Bamako ou Ouagadougou, on brûle le drapeau tricolore et on acclame Moscou ou Pékin. Quelques jours au Niger, après un coup d’État, des milliers de manifestants se sont massés devant l’ambassade de France, criant « À bas la France » et scandant des slogans pro-Poutine tout en agitant des drapeaux russes fabriqués localement.
Ce rejet souligne l’échec de la politique africaine d’Emmanuel Macron. Malgré ses promesses pour un « partenariat renouvelé » et ses déplacements en Afrique, il assiste impuissant à l’effondrement de plusieurs décennies d’influence française. Le retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger, exigé par les juntes militaires, illustre ce recul humiliant.
Plus globalement, l’emprise occidentale se réduit. Les idées démocratiques et libérales, naguère promues par l’Europe et l’Amérique du Nord, séduisent de moins en moins. Alain Antil, spécialiste de la région, constate une hostilité grandissante envers les valeurs démocratiques et libérales au Sahel, dont la Russie tire profit, trouvant l’occasion de renforcer son influence. Moscou intervient en offrant un soutien sécuritaire via les mercenaires du groupe Wagner, tandis que Pékin investit dans les infrastructures et les mines sans exiger de réformes démocratiques. Les dirigeants africains accueillent ces nouvelles puissances, qui leur proposent un partenariat sans ingérence extérieure, déçus par les promesses non tenues de l’Occident.
Ce déclin de l’influence occidentale va au-delà de l’Afrique ; il se voit aussi au Moyen-Orient, où des pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis renforcent leurs liens avec la Chine et la Russie. En Amérique latine et en Asie du Sud-Est, les États-Unis et l’Europe peinent à concurrencer les investissements chinois. L’Occident voit diminuer sa capacité à s’imposer et à convaincre dans d’anciens bastions, désormais ouverts aux offres de Pékin ou Moscou.
La stratégie globale de la Chine : Pékin étend son influence
Profitant du désengagement occidental, la Chine poursuit méthodiquement son plan d’expansion diplomatique et financière, en particulier en Afrique. Pékin ne cache pas ses ambitions de devenir la puissance dominante du XXIe siècle et s’appuie sur la diplomatie économique : investissements à grande échelle, chantiers d’infrastructures, prêts importants et contrats commerciaux lucratifs. Après un ralentissement dû à la pandémie, l’Initiative des Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative) (article en commentaire a repris en 2023. Les investissements chinois en Afrique ont atteint près de 11 milliards de dollars cette année-là, un record depuis le milieu des années 2010.
Lors d’un sommet avec les chefs d’État africains, Xi Jinping a promis 51 milliards de dollars supplémentaires de financements et s’est engagé à créer un million d’emplois sur le continent. La Chine est déjà le premier partenaire commercial de l’Afrique, avec des échanges en forte hausse — même si les principaux bénéficiaires restent les exportateurs chinois, qui inondent le continent de biens manufacturés tout en important pétrole et matières premières.
La tactique de Pékin est habile : se présenter comme un partenaire du Sud global, misant sur la coopération gagnant-gagnant et la non-ingérence. Le financement d’infrastructures (routes, chemins de fer, ports, stades), construit par des firmes chinoises via des prêts chinois, donne à Pékin un contrôle économique discret, parfois assimilé à une forme de « néocolonialisme ».
Malgré tout, beaucoup d’Africains estiment que la Chine apporte du concret là où l’Occident, jugé donneur de leçons, n’investit pas assez. Là où l’Europe hésite, où les États-Unis se montrent en retrait, Pékin progresse. En 2023, la Chine a même accompli un coup diplomatique majeur au Moyen-Orient en facilitant la réconciliation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, rôle traditionnellement dévolu à Washington.

Tirant profit de l’inertie occidentale, Pékin cherche à instaurer un ordre mondial relativiste, mettant au même niveau démocratie et autocratie, et plaçant l’intérêt économique au premier plan. Chaque recul occidental — qu’il s’agisse de collaborations économiques rompues, de retraits militaires ou d’abandons de marchés — ouvre des opportunités pour la Chine.
Si la Chine connaît un tel succès, c’est aussi grâce aux erreurs des dirigeants occidentaux : abandon des alliances traditionnelles, rejet du libre-échange par crainte électorale et manque d’investissement dans l’influence culturelle en Afrique et en Asie. Le monde ancien s’éteint tandis que le nouveau peine à émerger ; si les leaders de l’Occident persistent dans l’auto-satisfaction, ils pourraient se retrouver du mauvais côté de l’Histoire.
Macron, Trudeau, Biden et Trump : l’ambiguïté d’un leadership moderne
Comment en est-on arrivé là ? En partie à cause de la défaillance des élites occidentales actuelles. Les grandes démocraties auraient besoin de dirigeants visionnaires pour promouvoir les valeurs de liberté. Or, en 2025, il est manifeste que des leaders majeurs comme Emmanuel Macron, Justin Trudeau ou Joe Biden ont commis des erreurs compromettant l’alliance occidentale.
Emmanuel Macron
Il se posait en ardent partisan de la « start-up nation » et de la souveraineté européenne, espérant incarner le renouveau de la France et de l’UE. Mais les résultats sont décevants. Ses politiques en Afrique ont été perçues comme arrogantes ; les promesses de 2017 pour rompre avec la « Françafrique » n’ont pas convaincu, et Paris perd désormais ses positions stratégiques au Sahel. Macron a lui-même qualifié la multiplication des coups d’État anti-français d’« épidémie » qu’il ne parvient pas à endiguer.
Sur la scène européenne, sa volonté d’« indépendance stratégique » vis-à-vis des États-Unis a semé le doute parmi les alliés de l’OTAN, alors même qu’une solidarité occidentale ferme était cruciale pour faire face à l’agression russe en Ukraine. En voulant ménager tout le monde, y compris Vladimir Poutine, Macron a brouillé la position de la France. Résultat : Paris n’est plus perçue comme un partenaire pleinement fiable par certains ni comme un interlocuteur incontournable par d’autres.
La succession de ce président reste incertaine.
Justin Trudeau
Il jouissait d’une réputation progressiste appréciée des médias internationaux. Pourtant, derrière les sourires et le discours inclusif, le Canada s’est graduellement retiré de la scène internationale, réduisant son rôle dans les missions de maintien de la paix et la diplomatie multilatérale. Le gouvernement Trudeau a aussi fait preuve d’une certaine naïveté envers Pékin. Des informations font état d’ingérences récurrentes de la Chine dans la politique canadienne (financements illicites, pressions sur des élus), visant à influencer les élections en faveur des libéraux. Au lieu de réagir fermement, Trudeau a reporté toute enquête publique, minimisant le problème et érodant la confiance du public.
Par ailleurs, il n’a pas démontré un soutien clair à la liberté lors de dossiers sensibles, comme l’affaire Huawei, et il s’est brouillé avec l’Inde récemment, perdant du crédit diplomatique. Le Canada n’a même pas pu obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2020, un camouflet attribué à un manque d’engagement international. Pour un pays autrefois réputé pour son rôle moral sur la scène mondiale (sous Lester B. Pearson ou Brian Mulroney), le contraste est saisissant.
Joe Biden
Il avait promis « le retour de l’Amérique » après l’ère Trump et a mobilisé un front occidental contre l’agression russe en Ukraine, ce qui constitue un fait positif à son actif. Néanmoins, son mandat a également été marqué par des signaux contradictoires, affaiblissant la position américaine. Le retrait chaotique d’Afghanistan en 2021 a entaché la fiabilité des États-Unis, avec des scènes dramatiques à Kaboul et des alliés pris au dépourvu.
En outre, Biden a maintenu et parfois renforcé des mesures protectionnistes héritées de Trump (Buy American, tarifs douaniers contre la Chine), tournant le dos à l’engagement historique des États-Unis en faveur du libre-échange depuis 75 ans. En Asie, il n’a proposé aucune alternative économique solide face à Pékin (les États-Unis ne participent à aucun grand accord commercial régional), permettant ainsi à la Chine de façonner le commerce asiatique selon ses intérêts. Sur le plan intérieur, sa focalisation sur de vastes dépenses publiques et un programme « progressiste » a mis à risque de négliger l’importance d’une croissance fondée sur l’innovation et l’initiative privée, point soulevé par certains libéraux traditionnels. Finalement, le leadership américain paraît en demi-teinte, miné par l’âge avancé (ce que son successeur avec le même âge ou presque n’a pas) un agenda davantage axé sur la politique intérieure que sur une vision globale ambitieuse.
Donald Trump
Après avoir déjà occupé la Maison-Blanche, Donald Trump est revenu au pouvoir en 2025 avec des orientations encore plus protectionnistes et un discours populiste renforcé. Il a réinstauré et étendu les droits de douane visant non seulement la Chine, mais aussi certains partenaires historiques des États-Unis, dont le Canada. Cette posture a non seulement ravivé les tensions commerciales, mais aussi affaibli la cohésion de l’Occident, déjà mise à mal. Au niveau diplomatique, Trump a parfois mis en doute l’utilité d’alliances jugées « désuètes », comme l’OTAN, créant de l’incertitude chez les alliés européens quant à la solidité de l’engagement américain. Sur la scène intérieure, sa rhétorique nationale et les mesures protectionnistes qui en découlent ont pu séduire une partie de l’électorat, mais elles ont également provoqué le départ de multinationales vers des marchés plus ouverts, fragilisant le socle économique et l’image d’un Occident uni face aux puissances émergentes. Ainsi il continue de jouer aux tarifs à intermittences irrégulières avec les pays mondialisés les jetant dans les bras de la Chine.
Au-delà de ces cas spécifiques, un phénomène s’étend à l’ensemble des élites occidentales : un excès de confort ou de conformisme, dénoncé notamment par Tyler Cowen. L’Europe, en particulier, semblerait avoir accepté une forme de stagnation, renonçant à toute relance de sa vitalité. Ce conservatisme ambiant incite les dirigeants occidentaux à se contenter de gérer le quotidien sans véritable projet d’envergure pour le « monde libre ». Pendant ce temps, nos adversaires poursuivent leurs objectifs stratégiques.
Le « fantôme » de Mark Carney : une apparence trompeuse et un danger réel
Au Canada, un homme cristallise à sa manière la question du leadership occidental : Mark Carney. Ancien gouverneur de la Banque du Canada puis de la Banque d’Angleterre, fervent partisan de la finance durable et du multilatéralisme, il a été nommé Premier ministre par intérim pour enrayer la perte de popularité de Justin Trudeau. Il espère désormais remporter les prochaines élections fédérales du 28 avril 2025.
Pour certains, il est l’expert idéal susceptible de restaurer la crédibilité de la gouvernance canadienne. Pour d’autres, son arrivée au pouvoir symbolise l’aveuglement d’une élite déconnectée, susceptible d’aggraver le déclin économique et diplomatique du pays.
Plusieurs interrogations se posent. Sa carrière technocratique prouve qu’il sait gérer les taux d’intérêt, mais saura-t-il affronter la realpolitik, que ce soit face à Washington ou à Pékin? Rien ne l’atteste. Par ailleurs, Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche, n’a pas hésité à imposer dès mars 2025 des tarifs de 25 % sur l’acier et l’aluminium canadiens. En réponse, Carney a institué des droits de douane similaires sur certains véhicules américains, estimant que « notre ancienne relation avec les États-Unis est révolue » et appelant à transformer en profondeur l’économie canadienne pour s’adapter à un environnement devenu hostile.
Cette crise commerciale est un défi majeur pour un Canada traditionnellement arrimé au marché américain. Son économie, très dépendante des exportations vers les États-Unis, pourrait en souffrir gravement. D’aucuns se demandent si une autre voie aurait permis d’éviter ce choc : Carney — et avant lui Trudeau — est parfois accusé de ne pas avoir suffisamment diversifié les marchés canadiens. Une gestion purement économique pourrait se révéler insuffisante dans un contexte réclamant de la diplomatie audacieuse pour négocier à égalité avec Washington.
En outre, des soupçons d’ingérence chinoise entourent l’ascension de Carney. Les services de renseignement canadiens ont découvert une campagne orchestrée par Pékin pour saper son image sur le réseau WeChat, via de fausses informations destinées à détourner la diaspora chinoise du vote en faveur de Carney. La Chine considère manifestement cette élection comme cruciale ; elle voit en Carney un tenant de l’ordre libéral international (il fréquente les cercles de Davos et prône des accords financiers climatiques), qu’elle perçoit comme faisant partie de l’architecture occidentale à contester.
Reste que cette potentielle ingérence compromet la souveraineté démocratique canadienne. Les soupçons planent alors qu’approche le scrutin final dans un contexte mondial instable, où le leadership occidental est remis en cause, tant par la montée d’autres puissances que par la progression du populisme.
Sur le plan économique intérieur, Carney est perçu par certains libéraux économiques comme partisan d’un paternalisme accru. Lorsqu’il était gouverneur de la Banque d’Angleterre, il a encouragé des politiques monétaires très accommodantes qui pourraient avoir contribué à des bulles financières, tout en plaidant pour un durcissement de la régulation et un verdissement de la finance. Si ses intentions pour la stabilité économique et la lutte contre le réchauffement climatique sont « louables », le Canada subit déjà une inflation élevée et une dette publique en hausse. Le pays a peut-être davantage besoin de liberté économique que d’une couche supplémentaire de mesures technocratiques. Reste à savoir si Carney dépassera le simple discours d’expert pour comprendre les attentes de la classe moyenne, victime de la hausse du coût de la vie et de la stagnation des salaires. S’il continue dans la voie d’une gouvernance technocratique éloignée du quotidien, il risque de favoriser l’émergence de mouvements populistes, lesquels affaibliraient encore la cohésion de l’Occident sur la scène internationale.
En somme, l’éventuelle élection de Mark Carney apparaît moins comme une solution que comme un pari risqué. Elle renforce l’inquiétude quant à l’orientation de l’Occident : dérive technocratique, vulnérabilité aux influences extérieures, absence de renouveau idéologique. Loin de corriger les erreurs de ses prédécesseurs, Carney risque de les perpétuer, accélérant ce « déclin occidental » qu’il conviendrait au contraire d’enrayer d’urgence.
Enfin, raviver les valeurs libérales pour éviter la décadence
Le tableau est sombre : l’Occident fait face à des défis internes et externes qui fragilisent sa position et menacent sa stabilité. Pour autant, rien n’indique que la chute soit inéluctable. Les leçons de l’Histoire et l’analyse de penseurs libéraux laissent entrevoir des issues plus optimistes. Il est encore temps de changer de cap, à condition de reconnaître la gravité du moment.
Cet éveil implique d’abord de rompre avec des politiques contre-productives. Il faut abandonner le protectionnisme destructeur au profit d’un commerce mondial mieux pensé, qui bénéficie à tous. Il faut réaffirmer nos valeurs démocratiques et soutenir, partout, ceux qui luttent pour la liberté, plutôt que de les abandonner aux mains de leaders autoritaires. Il convient d’investir dans de nouveaux partenariats avec l’Afrique, l’Asie démocratique et l’Amérique latine, pour offrir une alternative face à Pékin, autour de la liberté et du partage de la prospérité. Et surtout, nous avons besoin de dirigeants courageux, fidèles aux principes du libéralisme politique et économique.
Nous devons retrouver ce qui a fait la grandeur de l’Occident : l’ouverture d’esprit, l’innovation, la sincérité et la défense inébranlable de la liberté. Dans ses travaux, Deirdre McCloskey rappelle que la liberté et la dignité sont les fondements de la prospérité occidentale. Plus que jamais, l’Occident doit renouer avec ces idées pour éviter un effondrement annoncé.
Sans ce sursaut, l’histoire pourrait s’inverser : le pouvoir glisserait irréversiblement vers un Est autoritaire. En cette année 2025, il est encore possible d’éviter la descente vers l’obscurité. Mais la marge de manœuvre se réduit jour après jour. Il est urgent que les peuples libres se réveillent et que les dirigeants occidentaux révisent leur cap, sous peine de laisser une civilisation fondée sur la liberté disparaître sous nos yeux. Les générations futures nous regardent : ne les laissons pas hériter d’un Occident relégué au rang de souvenir impuissant.


