Le monstre du Loch Ness est la créature aquatique la plus prestigieuse de la Cryptozoologie[1]. Le monstre lacustre nommé Nessie vivrait dans les eaux du Loch Ness depuis des siècles. C’est devenu l’attraction touristique numéro un de l’Écosse. Environ deux millions de personnes par année vont sur les rives du Loch Ness dans l’espoir d’apercevoir le fameux animal. On vend des produits dérivés de la bête aquatique. Des croisières et des plongées sous-marines sont aussi disponibles pour les touristes. Le Loch Ness est un cours d’eau qui est situé dans les Highlands en Écosse. Ce dernier a une superficie de 56,4 kilomètres carrés. La profondeur moyenne du lac est de 132 mètres et maximale de 272 mètres.
Depuis les années 1930, il y a plus de deux mille apparitions de Nessie qui ont été répertoriées à ce jour. Il y a deux hypothèses qui circulent sur la véritable identité du monstre. D’une part, ce dernier pourrait être un survivant de la préhistoire. C’est-à -dire un dinosaure aquatique qui habiterait dans le Loch Ness depuis des millénaires. D’une part, d’autres observateurs pensent qu’il pourrait être un poisson géant, l’esturgeon de la Baltique. Alors, qui est cette créature qui vit dans les eaux du Loch Ness ? Allons voir cela de plus près.
Tout d’abord, la première apparition du Nessie remonterait à 565. C’est St-Colomban, un moine irlandais, qui aurait été le premier à voir le monstre aquatique. « C’est le premier récit connu attestant la présence d’un animal monstrueux dans les eaux du Loch Ness. »[2] Cette histoire va demeurer une légende pendant des siècles. D’autres observations ont eu lieu en 1871, 1895 et 1908. Mais, c’est à partir de 1933 qui les apparitions de Nessie vont se multiplier. C’est la construction d’une autoroute (la A82) près du lac a permis aux voyageurs de mieux le contempler.
La première photographie de ce dernier a été prise en 1934. Elle provient de Marmaduke Wetherell et son fils Ian. C’était un canular, car ils ont plutôt photographié une maquette qui a été fabriquée par Christian Spurling (un modéliste) à la demande de Ian Wetherell. M. Spurling était le beau-fils de Ian. Ensuite, ils ont donné la photo à un ami de la famille, Robert Wilson, un médecin. C’est pour cela qu’on l’a intitulé « la photo du chirurgien ».
En avril 1960, un partisan de Nessie, Tim Dinsdale, va l’apercevoir dans le lac. : « Le cinquième jour, il aperçoit une forme nageant dans les eaux du lac. Le temps de saisir sa caméra. Dinsdale va filmer pendant près d’une minute une “bosse” qui se déplace en zigzaguant sur le Loch. Son film va bientôt s’imposer comme une pièce maîtresse du dossier. »[3] Dinsdale a écrit plusieurs bouquins sur le sujet.
D’autre part, il y a plusieurs investigations qui ont eu lieu afin de collecter des données sur le monstre. Par exemple, en 1967-1958, le Loch Ness Phenomenon Investigation Bureau (LNPIB) a fait une enquête près du principal site d’observation qui est situé dans la baie d’Urquhart. Des appareils ont détecté six échos qui coïncident avec un animal de 19,69 pieds de long. « Le professeur Tucker déclare que la source de cet enregistrement était vraisemblablement un gros animal se déplaçant à une vitesse de 10 nœuds (19 kilomètres-heure). »[4]
En 1987, la plus grosse chasse au monstre a été organisée par Adrian Shine, un biologiste de formation. Le DeepScan a permis à cette équipe de détecter un écho à 180 mètres de profondeur. Ce dernier concorde avec un gros animal marin. Mais, cette investigation n’a pas permis d’identifier formellement Nessie.
Selon Christian Page, on peut développer une multitude d’hypothèses réalistes en se basant sur des recherches scientifiques. Selon lui, Nessie ne peut pas être un monstre aquatique de 180 millions d’années qui aurait survécu à la Préhistoire. Tout d’abord, aucun être vivant ne peut vivre aussi longtemps. Selon les Paléontologues, ces animaux préhistoriques pouvaient vivre une centaine d’années maximum. De plus, pour vivre, ces animaux doivent sortir de l’eau régulièrement pour respirer. Donc, ce survivant de la préhistoire n’aurait pas pu se cacher pendant des siècles sans se faire voir. De plus, un tel animal ne pourrait pas être l’unique survivant de son espèce. L’hypothèse qu’une communauté de plusieurs monstres qui vivrait dans le Loch Ness n’est pas réaliste, car il n’y a pas assez de nourriture dans le lac pour alimenter cette population d’animaux aquatiques.
Pour conclure, l’hypothèse la plus probable est l’esturgeon de la Baltique. Adrian Shine, le responsable de l’opération DeepScan, adhère à cette conclusion. Lors d’un dîner avec Christian Page en Écosse : Shine a dit à son interlocuteur qui Nessie serait un poisson de trois mètres de long et de 200 kilos, l’esturgeon de la Baltique. « L’esturgeon, un poisson de haute mer que l’on retrouve en abondance en mer du Nord, a l’apparence d’un reptile, se reproduit et pond des œufs en eaux vives. Il peut très bien remonter les 10 kilomètres de la rivière Ness, à la recherche de congénères pour se reproduire, entrer dans le loch, puis en repartir. »[5]
Pour conclure, Christian Page estime que l’hypothèse d’un animal inconnu de la science ne peut pas être écartée complètement. Cependant, il faudra des preuves irréfutables comme une carcasse de l’animal, pour que les scientifiques acceptent une telle hypothèse. Dans ce cas, l’esturgeon de la Baltique est le seul candidat rationnel et raisonnable dans ce dossier. « En 1987, un esturgeon de 3,30 mètres de long a été trouvé mort dans le lac Washington, lui aussi réputé pour son monstre lacustre. »[6] Donc la présence de cet immense poisson est très probable dans d’autres cours d’eau où la présence d’un monstre aquatique est bien documentée dans la littérature : le lac Memphrémagog, Champlain et Pohénégamook. Alors, Nessie est probablement un esturgeon de Baltique et non un survivant de la Préhistoire.
[1] C’est l’étude des animaux dont l’existence n’a pas été reconnue par la science.
[2] Christian Page, L’enquêteur du paranormal 2, Québec, Les éditions Publistar, 2012, p. 208.
[3] Idem p.210
[4] Idem p.211
[5] Idem p. 222 et 2023.
[6] Idem p. 225.


