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L’État fixait le prix de l’essence… et ça ne protégeait personne

Je me suis pincé en lisant le communiqué en me réveillant ce matin, mais le gouvernement retire la notion du prix plancher pour l’essence au Québec. Rappellons-nous que jusqu’à ce moment, la Régie de l’énergie déterminait le prix minimum de l’essence à la pompe chaque jour et c’était illégal d’aller sous cette barre.

Même si ça semble totalement débile comme notion, le prix plancher a été introduit en 1996 pour protéger les « gaz bar » indépendant contre les grandes chaines. Pour éviter une guerre des prix qui favoriserait invariablement les plus gros, le gouvernement de Lucien Bouchard a introduit ce mécanisme. Peu importe le coût du baril de pétrole ou le contexte économique, l’essence se vendait au minimum à X prix déterminé par des fonctionnaires (pas des caves, mais quand même).

Visiblement ça n’a rien changé parce que les dépanneurs à essence indépendants n’existent plus à toute fin pratique. Les Esso, Couche-Tard et autres Pétro-Canada ont tout écrasé dans un domaine où les marges sont minimes. Il n’y a plus de Gaz Bar Blues avec des monsieurs Brochu qui mènent leur barque en solo depuis longtemps.

Il était donc temps de lever ce mécanisme qui ne protège plus personne. Je ne pense pas qu’on va sauver immensément à chaque plein, mais on ouvre au moins la porte à ça. Qu’on sauve quelques dollars par année pour le même produit parce que les chaines se font concurrence pour nous avoir, comment ça pourrait être négatif?

Je serais curieux de voir si une étude existe qui pourrait comparer le prix fixé par la Régie de l’énergie versus le prix théoriquement possible à la pompe depuis le début. D’après moi on ferait un pas pire saut de voir combien ça a coûté de (ne pas, finalement) protéger les petits face aux gros.

Ça d’ailleurs on est forts là-dessus au Québec. Protéger des clientèles/groupes particuliers en introduisant des mécanismes qui augmentent artificiellement les prix, c’est une recette qui s’applique sur la bière, l’agriculture ou les épiceries. Je ne veux pas nécessairement d’un capitalisme sauvage sans retenue, mais payer collectivement plus cher pour avantager une minorité, on fait le tour vite.

Bref, ça ne fera pas la file pour féliciter le gouvernement pour cette initiative dans un contexte difficile, mais bravo. C’est une vache sacrée d’une autre époque qui tombe.

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David Chabot
David Chabot
David Chabot, professionnel des relations publiques et de la gestion politique, a d’abord été restaurateur avant de se réorienter vers la politique municipale, sa passion. Aujourd’hui Chef des communications et Directeur du bureau du président d’une grande entreprise immobilière, il collabore avec des décideurs politiques et économiques. Titulaire d’un baccalauréat en science politique, il complète une maîtrise en affaires publiques et un MBA en gestion immobilière à l’Université Laval. Pragmatique et stratège, il excelle en négociation, planification et influence.

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