Le gouvernement dirigé encore pour peu de temps par Justin Trudeau du Parti libéral a adopté une approche plus romantique en matière de relations internationales et ce depuis ses débuts en 2015. Ce parti gouvernemental semble avoir perdu son chemin sur la scène internationale sans réserve apparente ni compromis clairement définis. Sous l’influence d’une vision idéaliste imprudemment moralisatrice et de rêveries progressistes utopiques exagérées, les libéraux ont conduit le pays vers une impasse tant diplomatique qu’économique. Avec le départ du premier ministre de la scène politique actuelle, ses potentiels successeurs rivalisent en offrant des promesses vides et des solutions aussi déconnectées que peu efficaces. Pendant ce temps, Chrystia Freeland et Mark Carney semblent perdus en tenant des discours absurdes sur les meilleures stratégies pour gérer les conflits commerciaux avec les États-Unis. Il est temps d’être pragmatique plutôt qu’idéaliste ; une qualité que le Parti libéral semble avoir oubliée complètement.
Idéalisme : un obstacle à la compréhension de la réalité
Le PLC adhère depuis longtemps à l’idéalisme en tant que philosophie et approche politique, fondée sur la conviction que les valeurs morales doivent primer sur les intérêts matériels et que la diplomatie devrait être guidée par des discours empreints d’humanité et de justice universelle. Toutefois, dans un monde où les relations internationales sont souvent dictées par des rapports de force et des intérêts divergents, une vision idéaliste du monde ne suffit pas.
Trudeau s’est mis en avant avec des gestes symboliques à l’échelle mondiale pour se présenter comme défenseur du progressisme et de la justice sociale sur la scène politique internationale. Sa démarche diplomatique semble plus axée sur l’image que sur des actions concrètes et néglige certains enjeux cruciaux, tels que les relations économiques avec les États-Unis, qui demeurent toujours notre principal partenaire commercial. Tandis que l’administration Trump renforce ses politiques protectionnistes en Amérique du Nord, sous Trudeau, le Canada semble piégé dans des discours vides prônant le multilatéralisme et un commerce équitable sans actions concrètes à la hauteur de ces discours.
Chrystia Freeland et Mark Carney : ‘‘experts’’ en rupture
Chrystia Freeland incarne pleinement l’idéalisme libéral avec ses prises de position souvent caricaturales et déconnectées du réel lorsqu’elle était en charge des relations canado-américaines et ministre des Finances du Canada. Plutôt que d’utiliser la diplomatie avec finesse face à Donald Trump et Joe Biden, elle préférait les discours moralisateurs. Récemment, elle a détonné sur les dangers économiques liés à la politique menée par le président américain, qualifiant cela comme étant « la plus grande menace pour le Canada depuis la Seconde Guerre mondiale« . Son approche immédiate consistait en l’utilisation des sanctions économiques et la promotion des tarifs douaniers ciblés en guise d’action correctrice. Riposter commercialement à une superpuissance économique sans avoir de plan de secours est non seulement absurde, mais aussi extrêmement risqué.
Quant à lui, Mark Carney adopte un rôle de sauveur technocrate dans sa stratégie actuelle en mettant en avant son expérience en matière de crises financières issues de son passage à la Banque du Canada et à la Banque d’Angleterre pour gagner en légitimité politique. Sa solution face au protectionnisme américain comportait à mettre en place des actions réciproques, une approche qui sous-entendait que l’escalade des tarifs pourrait éventuellement bénéficier à l’économie canadienne déjà fragilisée par une inflation accrue et une dette publique record. Il oublie souvent que le Canada repose fortement sur ses exportations vers les É.-U., et qu’un litige commercial serait plus dommageable pour le Canada que pour eux.
La course à la direction : un spectacle d’engagements irréalistes
La démission de Trudeau en janvier 2025 a plongé le Parti libéral dans une période de grande agitation interne. Tous ceux aspirant à prendre sa place semblent manquer de clarté stratégique et de vision éclairée ; au lieu de cela, ils se lancent dans une surenchère de propositions farfelues et de promesses floues et peu responsables. On a qu’à le voir dans le débat français autant qu’anglais.
Karina Gould a récemment avancé l’idée d’une initiative baptisée « Équipe Canada », visant à contrer les récentes taxes imposées par les États-Unis d’une manière originale : inciter les entreprises et les consommateurs américains à exprimer leur mécontentement envers leurs propres responsables politiques et économiques. Il est clair pour tous que cette approche soulève des interrogations quant à sa pertinence : les États-Unis défendent leurs industries avec une détermination sans équivoque ; une simple protestation émanant d’une filiale comme McDonald’s Canada ne suffira pas à influencer les décisions prises à Washington.
Frank Baylis, homme d’affaires et ancien député, mise sur une collaboration avec le Mexique pour contrer le protectionnisme américain actuel, tout en soutenant que l’accord de libre-échange nord-américain renégocié sous l’ère Trump pourrait être ajusté pour renforcer la position du Canada. Il omet cependant de souligner que le Mexique poursuit ses propres intérêts stratégiques et qu’il pourrait chercher à tirer parti d’une éventuelle détérioration des relations entre le Canada et les États-Unis.
Donc?
Le legs de Justin Trudeau en matière de politique étrangère se révèle être celui d’un échec progressiste où l’idéalisme et la moralité ont pris le pas sur la stratégie et le réalisme nécessaires. Le Canada qui refuse d’adopter une approche pragmatique adaptée à la complexité du monde contemporain se prive délibérément des outils indispensables pour défendre ses intérêts. Les prétendants à la succession de Trudeau n’offrent guère plus d’espoir en rivalisant avec des propositions inopérantes et des dogmes déconnectés. Si les choses restent telles quelles, le Canada risque de demeurer le simple figurant sur la scène mondiale. Il laisse alors aux nations pragmatiques et réalistes la compréhension que les affaires internationales ne se résument pas à une compétition de vertus ; il est plutôt question d’une lutte pour l’existence et la prospérité.


