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L’union nationale dont nous avons besoin

L’élection provinciale s’est soldée par l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement péquiste minoritaire. Beaucoup croient que le PQ s’alliera à Québec solidaire pour gouverner. Ce serait catastrophique pour la nation.

La véritable union nationale, celle qui permettrait de reprendre le contrôle des finances publiques, d’accroître notre puissance et de défendre nos libertés nationales et individuelles, passe par une alliance entre le PQ et le Parti conservateur du Québec. Une connivence, à tout le moins.

Voici quelques politiques que cette alliance machiavélienne devrait poursuivre sans attendre.

Une entente avec l’Alberta

Paul St-Pierre Plamondon devrait envoyer Éric Duhaime rencontrer le gouvernement et les indépendantistes albertains le plus rapidement possible.

L’objectif : conclure une entente entre l’Alberta et le Québec stipulant que, si l’une des deux provinces obtient un référendum gagnant, l’autre s’engage à reconnaître son indépendance.

Les deux provinces entreprendraient également des démarches afin d’établir une éventuelle zone de libre-échange intégrale, incluant la libre circulation de la main-d’œuvre. Des règles précises encadreraient toutefois l’obtention de la résidence ainsi que l’accès aux services sociaux et de santé, afin d’éviter les dérapages.

Contrôler toute notre immigration

Le PQ et le PCQ ont tous deux dénoncé les politiques migratoires néfastes du gouvernement fédéral. Qu’ils travaillent donc ensemble pour exiger le rapatriement complet des pouvoirs en matière d’immigration.

Si Ottawa refuse ou fait traîner les choses, il faudrait envisager un référendum sectoriel comportant une question claire :

« Exigez-vous que le Québec contrôle entièrement toutes les formes d’immigration sur son territoire? »

Une politique industrielle au service de la nation

Le PCQ se méfie des politiques industrielles chapeautées par l’État. Avec raison : elles se soldent souvent par des échecs cuisants.

Il reste néanmoins une place pour la politique industrielle, surtout lorsque notre principal partenaire commercial prend un virage hamiltonien. J’ai déjà consacré un article à ce virage américain. Il s’agit de réindustrialiser le pays et de mettre l’intervention de l’État au service de sa puissance, particulièrement dans les secteurs liés à la défense.

Le PQ et le PCQ devraient immédiatement approcher les grands raffineurs présents au Québec afin d’examiner les possibilités d’expansion à Lévis. Une capacité accrue renforcerait notre résilience stratégique, permettrait d’exporter davantage de carburants, notamment du diesel, vers la Nouvelle-Angleterre, améliorerait notre balance commerciale et créerait des emplois très bien rémunérés sur la Rive-Sud de Québec.

En parallèle, le Québec devrait envisager de consacrer 1 % de son PIB par année à la défense nationale. Nous n’avons pas encore de ministère de la Défense, mais nous pouvons déjà investir dans les capacités industrielles qui serviront à notre défense.

La production de propergols solides et de moteurs de fusées constitue une piste. Le Québec possède une base industrielle sur laquelle s’appuyer pour contribuer à désengorger les chaînes d’approvisionnement américaines.

En mariant nos industries chimique et aéronautique, nous pourrions développer cette production, puis intégrer progressivement d’autres composants et, éventuellement, des missiles intercepteurs qui font si cruellement défaut à nos alliés américains et européens. Nous renforcerions ainsi notre industrie tout en nous rendant utiles aux États-Unis et à la défense continentale.

Acheter américain

Le PQ et le PCQ doivent contrer la campagne de propagande fédérale qui a diabolisé nos cousins américains. Cette campagne inacceptable ne sert ni nos intérêts nationaux ni nos intérêts individuels.

Washington veut rééquilibrer ses échanges commerciaux. Pour réduire son déficit à notre égard, deux voies existent : soit nous achetons davantage de produits américains, soit nous leur vendons moins des nôtres. La deuxième option ne nous intéresse pas.

La façon responsable de procéder consiste à réorienter une partie de nos achats de produits fabriqués en Chine, ailleurs en Asie ou en Europe vers des produits fabriqués aux États-Unis.

Le gouvernement devrait lancer une campagne officielle en ce sens, puis la faire connaître aux Américains. Nous pourrions en tirer un bénéfice économique et politique : soutenir leurs producteurs, améliorer l’image du Québec et obtenir des appuis qui pourraient nous être utiles.

Prenons l’automobile. À l’achat d’un véhicule fabriqué en Chine, on pourrait préférer un véhicule assemblé aux États-Unis, qu’il porte une marque américaine ou japonaise. Toyota, par exemple, produit des voitures dans le sud des États-Unis. C’est le lieu de production qui compte.

Ces achats contribueraient à réduire le déficit commercial américain à notre égard. En faire une politique assumée donnerait aussi aux Américains une raison de s’intéresser favorablement au Québec.

Ouvrir la santé au privé

Le système de santé s’écroule. Il faut essayer autre chose que les recettes des soixante dernières années et avancer vers une privatisation progressive des soins.

D’abord, les baby-boomers devront payer une plus grande part des soins qu’ils consomment. Cette mesure devra être associée à une révision sérieuse du fameux « panier de services » couvert par notre assureur gouvernemental.

Ensuite, il faut développer un écosystème privé permettant aux chirurgiens d’opérer lorsqu’ils n’ont pas accès aux blocs opératoires du réseau public. L’argument selon lequel le privé viendrait nécessairement voler des médecins au public est absurde lorsqu’on laisse des chirurgiens se tourner les pouces faute de temps opératoire.

Il est vrai que les chirurgiens ne peuvent opérer sans anesthésistes, infirmières et autres professionnels, mais il est aussi vrai que certains de ces professionnels semblent disposés à travailler davantage dans un environnement plus souple, qui facilite notamment la conciliation travail-famille.

Renouer avec la Nouvelle-Angleterre

La Nouvelle-Angleterre est une région sœur du Québec, même si le gouvernement fédéral a tenté de nous le faire oublier. Des centaines de milliers de descendants de Canadiens français y vivent. Le Québec devrait leur tendre la main sans attendre.

Nous pourrions réserver un nombre limité de places dans nos établissements d’enseignement supérieur francophones à des résidents de la Nouvelle-Angleterre, au même tarif que les Québécois. La portée symbolique serait forte. Ce serait aussi une façon concrète de renforcer l’influence culturelle du Québec chez ses voisins.

Le soft power compte encore.

Il faut également faciliter le transport des marchandises. Québec devrait exiger qu’Ottawa investisse dans l’agrandissement et la modernisation des postes frontaliers qui nous relient à la Nouvelle-Angleterre et à l’État de New York. Au besoin, nous pourrions contribuer financièrement aux projets afin d’accélérer les passages et de rendre ces corridors plus compétitifs.

Instituer une citoyenneté québécoise

Le gouvernement devrait instituer immédiatement une citoyenneté québécoise. Celle-ci ne devrait toutefois pas subir la même inflation que la citoyenneté canadienne.

Concrètement, il faudrait abandonner le droit du sol pour les générations futures. La première attribution de cette citoyenneté se ferait selon le critère de la naissance au Québec. Pour les générations suivantes, elle serait transmise par des parents déjà détenteurs de la citoyenneté québécoise.

En parallèle, une voie distincte d’octroi de la citoyenneté québécoise devrait être mise en place pour les Canadiens français de l’extérieur du Québec.

Les partis fédéralistes et Ottawa lèveront les yeux au ciel. Ils feront valoir que cette citoyenneté n’a aucune force juridique à l’extérieur du Québec. Il faudra justement lui donner une utilité concrète le plus rapidement possible.

Le Québec pourrait utiliser ses relations commerciales et politiques pour associer cette citoyenneté à certains programmes négociés avec nos partenaires. On pourrait, par exemple, chercher à établir avec Washington, en collaboration avec les États de la Nouvelle-Angleterre, un programme de passage frontalier accéléré inspiré de NEXUS, au moins pour entrer aux États-Unis.

Ce n’est qu’un exemple. J’invite les lecteurs à réfléchir aux autres usages que nous pourrions lui donner.

Reconnaître la nation loyaliste

Le gouvernement du Québec devrait reconnaître l’existence d’une nation anglo-québécoise historique, que nous appellerions la nation loyaliste.

Il ne s’agit pas de croire que ses membres se mettront soudainement à voter pour le PQ. Reconnaître la contribution historique de cette communauté serait simplement juste, honorable et noble.

Le Québec devrait ensuite encourager ceux qui sont partis en Ontario à revenir dans ses régions historiquement anglophones. Cette invitation devrait notamment s’adresser aux jeunes désillusionnés par le cauchemar multiculturaliste canadien.

Je suis convaincu que ceux qui choisiraient de revenir seraient davantage portés vers un parti de droite comme le PCQ ou un parti nationaliste comme le PQ. Leur retour pourrait modifier l’équilibre électoral québécois et faire contrepoids aux tentatives de recomposition orchestrées par les multiculturalistes et les fédéralistes.

En parallèle, l’Assemblée nationale devrait déclarer un droit au retour pour les descendants des Canadiens français ayant émigré en Nouvelle-Angleterre et entreprendre les démarches nécessaires pour le rendre effectif.

Autoriser le troisième lien

Il faut autoriser le troisième lien et y réaffecter les sommes prévues pour le tramway de Québec.

Les citoyens de Québec et des environs ont parlé lors de cette élection. Ils ont massivement appuyé le Parti conservateur d’Éric Duhaime. Il n’y a donc aucune raison de poursuivre le projet de tramway défendu par le maire Bruno Marchand.

Québec doit lui retirer son financement, en collaboration avec Ottawa, et aller de l’avant avec le troisième lien.

Certains péquistes trouveront cette proposition absurde. Mais si c’est le prix à payer pour que les conservateurs appuient ensuite le projet national, c’est un prix modique.

L’histoire du Québec est longue et plonge ses racines jusque dans la vieille Europe.

Du ciel, Henri IV, Champlain, Louis-Joseph Papineau et Maurice Duplessis vous regardent, Paul St-Pierre Plamondon et Éric Duhaime. Ils vous regardent et, tout comme vos concitoyens, vous jugeront selon vos actions.

Agissez donc non pas en hommes, mais en hommes d’État.

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