Imagine : tu fais le plein à 1,85 $ le litre, le panier d’épicerie qui coûtait 80 $ il y a trois ans en coûte maintenant 115 $. Ta facture d’Hydro grimpe encore. Tu te grattes la tête et tu te dis : « Où s’en va tout cet argent? »
Pendant ce temps, l’administration publique — provinciale, fédérale et municipale — continue de grossir. Plus de postes, plus de budgets, pendant que toi et moi on serre la ceinture à la maison.
Ce n’est pas une critique des gens qui y travaillent ; ils font ce qui leur est demandé, et souvent même plus, selon les objectifs actuels de l’État qui ne sont pas toujours centrés en priorité vers le Québécois moyen. Mais il faut regarder les chiffres en face : cet appareil qui s’alourdit représente une charge qui finit par peser sur le portefeuille de tout le monde.
Les faits : un appareil qui pèse lourd
Regardons les faits calmement. Au Québec, près d’un travailleur sur quatre est aujourd’hui dans le secteur public, tous niveaux confondus. Ça représente environ 24 % de l’emploi total.
Depuis 2019, sur les 431 000 nouveaux emplois créés (hors travailleurs autonomes), plus de 237 000 — soit 55 % — sont venus du secteur public. C’est du jamais vu. La moyenne OCDE se situe autour de 18-19 %. On est donc nettement au-dessus.
Côté dépenses, les administrations publiques au Canada (tous paliers) représentent autour de 45 % du PIB, contre une moyenne OCDE de 42-43 %. Au Québec, quand on additionne tout, le poids total sur l’économie reste important. Et cet argent doit bien sortir de quelque part : de tes impôts, ta TPS et TVQ, tes taxes sur l’essence et ton compte d’Hydro.
Comparaison internationale : le mythe nordique
Comparons-nous avec d’autres pays pour bien se situer. Les pays nordiques (Norvège, Danemark, Suède) ont des secteurs publics encore plus gros (29-32 % des emplois), mais ils s’en sont donné les moyens appuyés notamment par l’exploitation intensive de leurs ressources naturelles et une productivité nettement supérieure, ce qui leur donne un revenu moyen par habitant beaucoup plus élevé.
À l’opposé, l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Suisse tournent autour de 13-16 % d’emploi public. Ces pays sont prospères, leur administration est plus légère et ils offrent pourtant des services publics souvent très performants. Leurs citoyens gardent plus d’argent dans leurs poches tout en ayant un coût de la vie généralement mieux maîtrisé. Chez nous, avec un appareil déjà gros, on n’obtient pas toujours les mêmes résultats concrets.
L’écart de protection : qui assume le risque?
On nous dit que tout ça est nécessaire pour de bons services. C’est vrai qu’on veut une santé, une éducation et des routes qui fonctionnent. Mais quand les effectifs et les budgets grossissent plus vite que la population et que les résultats tardent à suivre, il faut se poser la question : est-ce que chaque nouveau poste ou chaque nouvelle couche administrative apporte vraiment plus de valeur au Québécois moyen?
On voit aussi que les régimes de retraite du secteur public offrent souvent des prestations définies et indexées — une sécurité financière solide à la retraite. Ce que peu de gens réalisent, c’est la valeur de la garantie de l’État.
En cas de tempête économique, le travailleur du privé voit ses économies fondre. Le régime du public, lui, reste garanti par le pouvoir de taxation du gouvernement. C’est cette assurance ultime que le contribuable finance sans en bénéficier directement, créant un écart de protection important entre les deux mondes.
Le problème est concret. Cet argent ne tombe pas du ciel. C’est un chèque en blanc que tu signes chaque fois que tu paies tes taxes et impôts. Une partie de ce que tu gagnes sert à faire rouler une machine dont les objectifs ne sont pas toujours parfaitement alignés sur ton quotidien.
5 pistes de solution pragmatiques
Voici une piste de solution qui permet de s’attaquer à la cause véritable et non juste aux conséquences.
1. Performance versus habitude
Après plus de 60 ans de Révolution tranquille, il est temps de poser la vraie question pour chaque service : est-ce que l’État est vraiment le meilleur prestataire possible? L’enjeu n’est pas de tout privatiser, mais d’introduire une réelle obligation de résultat. Trop souvent, l’État se retrouve juge et partie de sa propre performance.
2. Règle d’embauche liée au privé
On propose une règle de prudence fiscale : limiter la croissance de la masse bureaucratique (les postes administratifs hors services de première ligne) à la capacité réelle du secteur privé à la soutenir. Si le privé ne crée pas d’emplois nets, l’appareil administratif ne devrait pas grossir non plus.
3. Ménage réglementaire
Faire un grand ménage dans la réglementation : éliminer les lois et règlements qui n’apportent plus de valeur réelle et simplifier drastiquement ceux qui restent, au lieu d’en créer constamment de nouveaux.
4. Numérisation éprouvée
S’inspirer de solutions déjà existantes et éprouvées ailleurs — comme en Estonie. L’exemple estonien montre qu’une architecture numérique plus simple peut parfois compter autant que les budgets investis. Ainsi, on évite de nouveaux fiascos comme SAAQclic.
5. Autonomie régionale
Redonner plus d’autonomie aux intervenants sur le terrain. La normalisation montréalaise ne convient pas nécessairement au reste du Québec, et vice-versa. Il faut respecter cette diversité au lieu de tout cadrer de manière uniforme.
Ce que ça changerait pour toi
Pour une famille québécoise avec deux enfants et un revenu moyen, quelques points de pourcentage en moins sur les dépenses publiques, c’est des centaines de dollars par année qui restent dans ton budget. Moins de stress à la fin du mois. Plus d’argent pour la retraite, pour aider les enfants, ou simplement pour mieux vivre au quotidien.
On n’est pas contre l’État. On est pour un État qui sert les Québécois, pas l’inverse. On paie déjà assez cher. Ce qu’on veut, c’est que chaque dollar donné revienne sous forme de services efficaces ou d’argent qui reste dans nos poches.
Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce qu’il serait temps de regarder en face le coût réel de notre administration publique et de se demander comment on peut mieux protéger ton portefeuille ?


