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Le leadership, ce n’est pas donné 

Lettre ouverte de Nicolas Drolet

Steven,

Fut un temps où j’appréciais le politicien que tu étais. Tu étais quelqu’un de fort sympathique, qui connaissait ses dossiers. Mon but, dans la présente lettre, n’est pas de t’attaquer personnellement, mais plutôt de critiquer le leader politique que tu es censé être. En ce sens, tu as beaucoup à te reprocher en à peine un an de gouvernance.

J’ai passé des mois sur le terrain à militer pour toi. Tu as réussi à te constituer une équipe, à élaborer un programme et à te faire élire. Les premiers mois de ton mandat se déroulaient plutôt bien, malgré tout. Ton équipe avait réussi à dégager des économies de 10 millions de dollars afin de les consacrer au remboursement de la dette. Tu avais également réussi à respecter certains engagements, notamment la rénovation du stade Georges-Maranda et les investissements dans le remboursement de la dette.

Les premières fissures au sein de ton équipe

En revanche, dès juin et juillet 2026, tout a commencé à aller de mal en pis. Des dissensions ont progressivement éclaté au sein de ton équipe. La situation a dégénéré lorsque tu n’es pas intervenu alors que des élus de ta propre formation commençaient à s’en prendre à Anick Tremblay.

Une de tes élues aurait même porté plainte auprès de la Commission municipale du Québec (CMQ) pour des motifs qui me semblent plus ou moins valables. Tu aurais pu intervenir et calmer le jeu. Je ne doute pas que tu étais bien intentionné, mais ton inaction n’a fait qu’envenimer la situation.

Par la suite, tu as même affirmé, le sourire aux lèvres devant les caméras lors d’une mêlée de presse, que vous étiez « en train de régler les différends au sein du parti ». Ces différends, vous auriez dû les régler avant que la situation ne dégénère. Sur le plan des relations publiques, c’est catastrophique.

Des dépenses qui soulèvent des questions

De plus, ton administration a commencé à accorder des subventions, notamment une somme de 100 000 $ à une chaire de recherche sur l’arbre urbain, sans que ton conseiller Olivier Biron ait véritablement fait la promotion de cette initiative ni qu’une justification claire ou un débat ait été présenté à ce sujet.

Mais ce n’est pas tout.

En août 2026, tu as également effectué une sortie médiatique pour annoncer ton souhait de voir un nouvel écocentre dans l’ouest de Lévis dès 2027. Or, j’ai suffisamment parcouru le terrain aux côtés de tes candidats dans cette partie de la ville pour savoir que ce projet ne figurait pas parmi les principales préoccupations exprimées par les citoyens.

Les gens parlaient davantage de taxes municipales, de sécurité publique et de sécurité routière.

Le pire, dans cette histoire, c’est qu’à ma connaissance, aucune analyse coûts-bénéfices n’avait été réalisée et qu’aucun véritable débat n’avait eu lieu au sein de ton caucus à ce sujet.

Ce nouvel écocentre n’est aucunement prioritaire. Ce qui devrait l’être, c’est la réfection de nos infrastructures souterraines défectueuses. Ce n’est certainement pas le moment de se lancer dans des projets pharaoniques qui risquent de nécessiter des années de réalisation et d’entraîner des travaux interminables.

Il semble que tu aies échoué à l’école de Stephen Harper.

Dans ce cas-ci, il ne s’agit pas de saine gestion des finances publiques, mais bien de folie dépensière.

C’est d’ailleurs ce manque de sérieux qui a provoqué mon départ de ta formation politique.

Le traitement réservé à Anick Tremblay

Ta façon de diriger s’est également manifestée dans la manière dont Anick Tremblay a été traitée récemment.

Sans la prévenir ni lui fournir la moindre explication, tu as décidé de lui retirer la plupart de ses fonctions au sein des commissions municipales. Tu n’en avais même pas discuté avec les membres de ton propre caucus.

Cela fait particulièrement tache lorsqu’on se souvient qu’en début de mandat, tu présentais ton équipe comme étant essentielle et que tu affirmais être à l’écoute de ses membres.

Or, toutes ces décisions prises sans leur demander leur avis me donnent plutôt l’impression que tu les considères comme de simples plantes vertes.

Sincèrement, j’espère me tromper là-dessus.

Le troisième lien : une succession de contradictions

Au fil des mois, tu t’es également enlisé dans le dossier du troisième lien.

Durant la campagne électorale et les premiers mois de ton mandat, tu défendais un projet de pont à l’est, accompagné d’un bouclage périphérique. Cette position pouvait très bien se défendre.

Par la suite, le Parti québécois a proposé un projet de troisième lien réservé au transport en commun. Tu as alors réagi en affirmant qu’il s’agissait d’une bonne idée et que cela pourrait constituer un quatrième lien.

Puis, sans que personne ne t’ait demandé quoi que ce soit, tu as effectué une autre sortie médiatique en suggérant que le troisième lien prenne la forme d’un téléphérique.

Et tout cela après avoir consacré de l’argent public à des études sur cette possibilité, sans même avoir préalablement consulté ton caucus.

Difficile, dans ces circonstances, de comprendre quelle est véritablement ta vision de la mobilité entre les deux rives.

Le leadership ne se résume pas à la bonne volonté

Steven, je sais que tu vas me trouver dur.

Tu n’es pas quelqu’un de malveillant. Au contraire, je crois sincèrement que tu es animé de bonnes intentions. En revanche, je considère que tu éprouves de grandes difficultés à t’imposer, probablement par crainte de blesser les autres d’une manière ou d’une autre.

En campagne électorale, cette attitude constituait ta plus grande force. Pourtant, elle est devenue ta plus grande faiblesse.

Ton incapacité à diriger efficacement t’a coûté ta principale alliée sur les questions économiques, Anick Tremblay, ainsi qu’Alain Quirion. Et je connais au moins deux autres personnes au sein de ton équipe qui sont loin d’être satisfaites de la situation actuelle.

Oui, certaines promesses sont en voie de réalisation, et je t’en félicite.

Toutefois, lorsque je vois des projets non prioritaires, voire totalement inutiles à mes yeux, comme le nouvel écocentre ou la subvention accordée à la chaire de recherche sur l’arbre urbain de l’Université Laval, je me demande sérieusement si tu possèdes réellement le sens des priorités.

Je te souhaite malgré tout de parvenir à redresser la barre, même si je nourris peu d’espoir à cet égard.

Je t’invite à réfléchir à ton avenir politique en tirant les conséquences des récents événements.

Le leadership, ce n’est pas donné à tous.

Nicolas Drolet

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Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

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