La semaine dernière, Maxime Bernier a fait une déclaration choc. Désormais, le chef du PPC soutient les mouvements souverainistes albertain et québécois. Il a pris une telle prise de position parce qu’il faut réformer en profondeur le fonctionnement du Canada. Ce dernier préconise un fédéralisme décentralisateur. Selon lui, le statu quo n’est plus possible en 2025.
Maxime Bernier est le chef du Parti populaire du Canada.
Entretien
Simon Leduc : Il y a quelques jours, vous avez donné votre soutien aux mouvements indépendantistes québécois et albertains. Pouvez-vous nous expliquer votre prise de position?
Maxime Bernier : « Depuis une trentaine d’années, le gouvernement fédéral s’ingère dans les champs de compétence des provinces. Au fil du temps, cela a créé des crises constitutionnelles majeures entre les deux protagonistes. Cela s’est poursuivi sous le régime Trudeau. Ce dernier a mis en place trois politiques sociales qui empiètent dans les compétences provinciales : l’assurance dentaire, un programme de garderies pancanadien et l’assurance médicament. Il faut savoir que le chef conservateur Pierre Poilievre ne s’oppose pas à l’ingérence libérale dans les compétences des provinces. Avec l’immigration de masse, le fédéral est en train de détruire le tissu social de notre pays. Cette folle politique migratoire a un impact majeur négatif sur l’économie du Québec et des provinces anglophones.
J’ai voté OUI lors du référendum du 30 octobre 1995, car je voulais qu’Ottawa respecte nos champs de compétence et avoir un fédéralisme décentralisateur respectueux de la constitution de 1867. Le NON a gagné la bataille référendaire et le fédéral a continué d’imposer un fédéralisme prédateur aux provinces.
À mes yeux, un vote pour le OUI à un référendum est un vote pour une négociation avec le fédéral où on reviendrait à l’esprit des Pères de la Confédération de 1867. C’est-à-dire un État fédéral plus petit qui va baisser le fardeau fiscal des Canadiens et respecter les compétences provinciales. Cela va probablement créer une autre crise constitutionnelle. Mais c’est peut-être la seule façon de forcer Ottawa de s’occuper uniquement de ses pouvoirs et ainsi avoir un véritable régime fédéral fonctionnel. Il faut revenir aux idéaux de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique.
En 2026, les Albertains vont déclencher un référendum d’initiative populaire. J’étais en Alberta la semaine dernière. J’ai dit à la population qu’un vote pour le OUI va lui offrir trois options. Premièrement, une renégociation du rôle du fédéral dans la fédération et ainsi revenir à la division des pouvoirs qui a été élaborée en 1867. C’est l’option que je préfère. Si Ottawa ne veut pas négocier, l’Alberta pourrait devenir le 51e État américain ou déclarer son indépendance.
Il y a de véritables discussions sur ce sujet en territoire albertain. Or, les médias de masse n’en parlent pas dans leur couverture médiatique mais c’est la réalité.
D’autre part, au Québec, en 1995, Mario Dumont était dans l’autobus du OUI avec Lucien Bouchard, le négociateur en chef, et Jacques Parizeau, l’indépendantiste pur et dur. La question référendaire était un peu ambiguë. Au prochain référendum, c’est le temps que les Québécois envoient un message clair au fédéral que sa vision du fédéralisme est inacceptable pour la Belle province. On va voir si le PQ va prendre le pouvoir en 2026 et déclencher une consultation populaire sur la souveraineté du Québec.
En conclusion, le statu quo actuel est intenable. Les Albertains et Québécois en ont marre du fédéralisme centralisateur du gouvernement fédéral. Alors, si on veut retrouver l’unité nationale, il faut s’assurer qu’Ottawa arrête d’agir de la sorte et redonner plus d’autonomie aux provinces. C’est exactement ce que désiraient les Pères de la Confédération canadienne de 1867. »
Est-ce que les militants de votre parti sont d’accord avec votre nouvelle prise de position?
Maxime Bernier : « Absolument et je leur ai dit qu’un vote pour le OUI est un vote pour une réforme en profondeur du fédéralisme canadien. Il faut sauver notre pays et le statu quo n’est plus possible. C’est la seule façon de forcer le fédéral de respecter la constitution de 1867 et ainsi permettre à notre pays de bien fonctionner.
Il faut dire que le chef conservateur a la même position que Mark Carney sur la péréquation, l’ingérence du fédéral en santé, etc. S’il devient premier ministre, Pierre Poilievre va maintenir en place les trois politiques sociales centralisatrices que Justin Trudeau a mis en place. Sur ce plan, les libéraux et les conservateurs marchent main dans la main. »
Qu’eslle est votre vision du fédéralisme canadien?
Maxime Bernier : « Le Parti populaire du Canada préconise un fédéralisme décentralisateur pur et dur. C’est-à-dire que le fédéral n’intervient pas dans les programmes d’infrastructures provinciales. On pense qu’Ottawa doit respecter les juridictions des provinces. Je prône un État fédéral minceur ou ce dernier va redonner l’argent aux contribuables canadiens par l’entremise d’une réduction de taxes et d’impôts. Sous notre gouverne, le Canada sortirait de l’entente de Paris1 sur le climat afin de permettre aux provinces d’exploiter leurs ressources naturelles sans barrières fédérales. Un gouvernement du Parti populaire abolirait la loi canadienne sur la santé. Cela veut dire que les gouvernements provinciaux pourront librement introduire du privé dans leurs systèmes de santé. Il faut revenir à l’esprit de la Confédération canadienne de 1867. Concernant le Québec, un gouvernement Bernier ne contesterait jamais les lois nationalistes québécoises comme la loi 21 et 96. Ces législations seraient protégées par le fédéralisme décentralisateur que je recommande.
Le fédéral s’occuperait de ses champs de compétences qui sont inscrites dans le texte fondateur de 1867 : la monnaie, les relations internationales, le Code criminel, etc. C’est notre vision du fédéralisme canadien. »
Son but est de limiter le réchauffement climatique à un échelon inférieur à 2 degrés Celsius. Chaque État signataire doit soumettre un plan national pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.


