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La soumission médiatique : La chute du quatrième pouvoir

Dans une société où règne la démocratie libérale, la presse a pour devoir de protéger le public en l’informant des actions des responsables politiques. De plus, elle a pour fonction de demander des comptes à ces mêmes responsables, en particulier à ceux qui sont au pouvoir. Or, compte tenu des agissements de la presse sur la scène fédérale, il est légitime de se demander ce qu’il advient de ce quatrième pouvoir et s’il remplit réellement son rôle, surtout avec l’émergence des médias indépendants.

Fusion avec le deuxième pouvoir

Au sein d’une démocratie libérale, il est censé y avoir quatre pouvoirs : le législatif, l’exécutif, le judiciaire et le médiatique. Comme il a été mentionné dans l’introduction, le rôle théorique du pouvoir médiatique est d’informer les citoyens sur les décisions politiques. Il doit également demander des comptes au pouvoir exécutif. Il a aussi le devoir de questionner les acteurs politiques sur leurs agissements, quelles que soient leurs étiquettes.

Or, à qui ce pouvoir médiatique est-il loyal ? Au pouvoir en place ou au peuple ? La question est légitime dans un contexte politique où les médias bénéficient de subventions.

Malhonnêteté ou paresse ?

L’un des exemples de cette proximité entre le pouvoir médiatique et l’exécutif réside dans l’affaire Poilievre. Cette histoire remonte à octobre 2025. Pierre Poilievre a été invité au balado Northern Perspective. On lui a notamment posé des questions sur l’affaire SNC-Lavalin. Les animateurs lui ont demandé ce qu’il aurait fait s’il avait été premier ministre lors d’un tel scandale. À cela, M. Poilievre a répondu qu’il aurait pleinement collaboré avec les autorités et qu’il aurait renvoyé les ministres impliqués. Il a ajouté qu’au pire, ceux-ci auraient été emprisonnés.

À la suite de cette intervention, une courte vidéo a circulé sur le réseau social X. Dans cette vidéo, plusieurs coupes de montage étaient utilisées pour faire dire à Poilievre que « Justin Trudeau méritait la prison ». La majorité des médias dominants a repris cette courte vidéo. Ils ont rédigé leurs articles à ce sujet sans vérifier l’information ni chercher à connaître le contexte en écoutant l’entrevue originale. De plus, ils ne se sont pas donné la peine d’écouter l’entrevue dans son intégralité. Pourtant, le travail d’un journaliste consiste à remonter à la source de l’information.

Dans ce cas-ci, est-il question de malhonnêteté ou de paresse intellectuelle ? Peut-être s’agit-il des deux.

Pouvoir politique protégé

Depuis les élections fédérales de 2025, les médias dominants québécois ont largement favorisé le chef libéral Mark Carney. Cette lune de miel se poursuit malgré les projets de loi régulièrement présentés par les libéraux. Dans les médias québécois, même le projet de loi C-22 n’a pas suscité beaucoup de réactions. Pourtant, ce projet de loi avait pour effet non seulement de porter atteinte à la vie privée, mais aussi de restreindre l’accès à l’information.

Dans des médias tels que Radio-Canada, Le Journal de Montréal et bien d’autres, l’accent est davantage mis sur le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, que sur les agissements du premier ministre du Canada. Ainsi, la couverture médiatique présente Mark Carney comme le sauveur providentiel du Canada, un homme qui ne ferait que du bien. Elle présente également Pierre Poilievre comme un perdant inutile à qui l’on reproche de critiquer le premier ministre.

Ces médias demeurent bien silencieux au sujet des révélations concernant les factures liées aux voyages de Mark Carney. Rien n’est réellement dit sur ses absences répétées lors des débats à la Chambre des communes ni sur les conflits d’intérêts entourant le TGV. Si tout cela s’était produit sous un gouvernement conservateur, ces mêmes médias ne se seraient pas gênés pour le critiquer. Peu de questions ont également été posées sur les motivations réelles des transfuges provenant du camp conservateur.

Hypocrisie

Ces médias sont devenus profondément hypocrites. Malgré leur parti pris flagrant, ils persistent à faire croire qu’ils sont politiquement neutres. Personne n’est dupe.

Depuis l’émergence des médias indépendants, les médias établis font ce qu’il faut pour garder la tête hors de l’eau. Quelle est leur stratégie ? Un travail journalistique rigoureux ? Un réalignement sur la véritable mission du pouvoir médiatique ? Que nenni ! Ils préfèrent discréditer les médias indépendants. Ils s’y prennent en leur reprochant leur parti pris et en s’abritant derrière leur éthique journalistique.

Malheureusement, le bon travail journalistique qui peut être accompli dans ces médias est éclipsé par leur parti pris politique.

Qu’en tirer ?

Le quatrième pouvoir s’est détourné de sa mission principale : informer le public et demander des comptes aux dirigeants. Il a préféré se marier avec le pouvoir exécutif, sans plus se soucier de ses valeurs.

Au Canada, les médias dominants préfèrent couver Mark Carney. Ils préfèrent attaquer plus ou moins sournoisement Pierre Poilievre, comme s’ils attendaient de lui qu’il devienne un larbin du premier ministre.

Ils mettent leur semblant d’intégrité de l’avant pour discréditer les médias indépendants. Ils leur reprochent ce qu’ils font eux-mêmes.

Ainsi, il importe de se demander quelles seront, à long terme, les conséquences de cette soumission médiatique au pouvoir politique. Seul l’avenir permettra de le déterminer.

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Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

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