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Stratégie, communication et campagne électorale

Il n’y a pas que dans les guerres où la stratégie est importante. En effet, une campagne électorale ne peut être remportée s’il n’y a pas de stratégie. Il ne s’agit pas que de bonnes intentions ou de nobles messages.

Objectifs

Afin de bien concevoir une stratégie, il importe de se fixer des objectifs. Prenons d’abord le cas du Parti libéral du Québec. Son objectif, dans le cadre des élections de 2026, n’est pas de prendre le pouvoir. Au contraire, il s’agit plutôt de reprendre des comtés que le parti avait perdus aux mains de Québec solidaire. Parmi ces comtés se trouvent notamment Verdun ou encore Laurier-Dorion. Le PLQ veut aussi reprendre les comtés perdus au profit de la CAQ en Outaouais.

Pour ce qui est de la CAQ, malgré l’effet Fréchette, elle n’est pas en si bonne posture. Son but est davantage de survivre que de conserver le pouvoir. Ainsi, elle préfère tenter de préserver des comtés gagnés antérieurement plutôt que d’essayer d’en acquérir d’autres.

En deuxième lieu, il est difficile de ne pas aborder Québec solidaire. L’objectif est différent. Il n’est pas question de prendre le pouvoir — cela ne l’a jamais été — compte tenu de sa réalité, soit une croissance dans les comtés situés dans les centres urbains. En revanche, il est davantage question d’essayer de préserver les comtés autrefois ravis au PLQ et au PQ.

Pour le Parti québécois, l’objectif est d’obtenir davantage de sièges, surtout dans la région de Québec et dans les autres régions du Québec. Cela est fait dans le but de former le prochain gouvernement.

Le PCQ, quant à lui, a un objectif différent de celui des autres partis politiques. En tant que parti extraparlementaire, son principal objectif est de faire entrer ses premiers députés à l’Assemblée nationale. Ainsi, ses forces seront davantage concentrées dans la grande région de Québec et en Chaudière-Appalaches.

Les stratégies

Au Parti libéral, la stratégie consiste à essayer de ménager la chèvre et le chou. En ce sens, il doit affronter son plus grand défi : essayer de plaire aux nationalistes québécois tout en évitant de déplaire à son électorat anglophone. Il devra donc tenter d’éviter de répondre clairement aux enjeux les plus divisifs. Il est ainsi pris entre deux feux. En effet, s’exprimer sur ces enjeux pourrait démobiliser son électorat pourtant acquis, soit les anglophones. Or, ne pas s’exprimer pourrait lasser l’électeur médian et les nationalistes, qui pourraient transférer leur vote soit au PQ, soit à la CAQ.

Dans le cas de la CAQ, malgré l’effet Fréchette, le parti est dans une position difficile. Même s’il y a eu un changement de chef et la signature de l’entente de Churchill Falls, ce parti doit proposer de nouvelles idées, car il lui sera difficile de défendre son bilan sans avoir à mentionner l’ancien premier ministre François Legault ainsi que tous les scandales qui viennent avec. En effet, ce dernier a mauvaise presse auprès des Québécois. Sa stratégie sera donc de se poser en défenseur de l’autonomisme québécois et d’incarner encore cette troisième voie. Cependant, le faible nombre de gains en matière d’autonomisme risque de miner cette stratégie.

Pour le PQ, la stratégie n’est pas très confortable. D’un côté, il tente de ramener à lui l’aile nationaliste de la CAQ; de l’autre, il essaie d’attirer la gauche. Ainsi, le parti tente de se faire passer pour un parti du centre, alors que la majorité de ses candidats sont principalement de gauche. On peut notamment penser aux déclarations de certains candidats, dont Jeanne Robin sur le retour au pouvoir des quartiers centraux, au passé d’extrême gauche d’Alex Boissonneault ou encore à Serge Bonin. Le seul candidat pouvant être identifié à droite est le journaliste de Radio X François Gariépy, leur Youri Chassin. Le PQ essaie de conjuguer nationalisme, libéralisme économique et socialisme environnemental.

Le PQ est aussi pris entre deux chaises : d’un côté, l’électeur moyen, qui ne veut rien savoir d’un référendum, et de l’autre, sa base militante, qui veut le référendum à tout prix. Le chef péquiste a d’ailleurs annoncé le report du référendum jusqu’au départ de Donald Trump de la présidence américaine.

Pour ce qui est de QS, sa position est de plus en plus délicate. En effet, le parti a peu de prise sur l’électorat moyen. Ainsi, sa stratégie ne peut que se résumer à la consolidation de sa base militante. Cela se transpose aussi par la consolidation de ses châteaux forts et de ses champs de bataille. Un champ de bataille est une lutte gagnée ou perdue par moins de 10 % des votes.

Pour le PCQ, il est question d’aller chercher l’électorat « décâblé », de l’aveu d’Éric Duhaime lui-même. Ainsi, le parti va tenter d’aller chercher les électeurs conservateurs qui sont réticents à aller voter. Il est aussi question d’aller chercher l’aile de la défunte ADQ au sein de la CAQ.

Stratégie médiatique

Pour ce qui est des stratégies des différents partis politiques, peu ont avantage à avoir une présence télévisuelle constante. Par contre, les partis politiques n’ont pas réellement intérêt à participer à des talk-shows comme Tout le monde en parle. En effet, l’électeur médian a du mal à s’y retrouver. En ce sens, les téléspectateurs les plus présents sont ceux qui adorent à en mourir les partis politiques ou ceux qui les détestent. De plus, la possibilité d’avoir un écho médiatique durable est très faible, puisque les talk-shows diffusés le dimanche sont souvent oubliés par la population dès le lendemain. La seule exception fut l’apparition de Jack Layton lors des élections fédérales de 2011 pour parler de son cancer.

Dès lors, les partis politiques ont un public considérable à aller chercher, à savoir les « décâblés ». Il n’y a pas plusieurs façons de les rejoindre : les médias alternatifs. Il est dans leur intérêt de les faire sortir voter.

À retenir…

Une bonne campagne ne peut reposer uniquement sur de bonnes intentions et de la gentillesse. Elle ne peut se gagner qu’en deux temps : grâce à une bonne stratégie, tant politique que médiatique, et à une bonne exécution. Chaque parti a une stratégie électorale qui lui est propre et qui correspond à ses objectifs et à sa réalité, que ce soit la préservation, le gain ou le pouvoir. Certains veulent faire entrer leurs premiers députés, d’autres veulent conquérir de nouveaux comtés ou encore essayer de préserver ce qui a déjà été remporté par le passé. Il reste à voir quel en sera le résultat.

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Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

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