Samuel Rasmussen — PiluleRouge.ca
Dossier électoral — Mise à jour : 4 octobre 2026 13h35
Élections 2026 au Québec — Programmes et analyse des cinq principaux partis
Les cinq principaux partis proposent des réponses différentes au coût de la vie, aux difficultés des services publics et au ralentissement économique. Derrière les baisses d’impôt, les nouvelles dépenses et les promesses de simplification, leurs programmes mettent surtout en concurrence cinq conceptions du rôle de l’État.
Le PCQ veut en réduire le périmètre; le PQ cherche à alléger son administration tout en renforçant l’État national; la CAQ promet de moderniser le modèle existant; le PLQ veut faire davantage de place à l’entreprise et à la croissance; Québec solidaire souhaite étendre l’intervention publique et la redistribution. Cette grille constitue notre lecture des engagements, et non une classification officielle des partis.
Le Québec demeure en déficit. Chaque dépense supplémentaire, chaque baisse de prélèvement et chaque économie annoncée doit donc être financée, compensée ou effectivement réalisée. Les montants n’ont de sens qu’avec leur durée, leur base de comparaison et leurs conditions de mise en œuvre.
Ce dossier distingue les engagements, leur faisabilité et notre appréciation politique. Les tests de crédibilité examinent les coûts, le financement, les délais et la capacité d’exécution. Les mots de l’éditeur expriment une lecture inspirée du libéralisme classique : aucune formation n’est dispensée de justifier ses chiffres, y compris lorsqu’elle promet moins d’impôt et moins d’État.
Table des Matières
Avant de voter : les repères du scrutin
Le scrutin provincial se tient le lundi 5 octobre 2026. Les bureaux de vote sont ouverts de 9 h 30 à 20 h. Les 127 circonscriptions élisent autant de députés; il faut donc 64 sièges pour obtenir une majorité à l’Assemblée nationale.
Pour vérifier où voter et les pièces d’identité acceptées, consultez les consignes d’Élections Québec. Les engagements comparés ci-dessous sont ceux documentés à la date de clôture du dossier; ils ne préjugent ni du résultat ni de la composition du prochain gouvernement.
L’élection en un coup d’œil
| Parti | Diagnostic général | Remède proposé | Rapport au « modèle québécois » |
|---|---|---|---|
| PCQ – Éric Duhaime | L’État taxe, dépense et réglemente trop | Baisser fortement les impôts, déréglementer et ouvrir davantage au privé | Rupture |
| PQ – Paul St-Pierre Plamondon | L’État est trop bureaucratique et mal orienté | Réduire l’administration tout en renforçant l’État national | Rationalisation |
| CAQ – Christine Fréchette | Le modèle fonctionne, mais doit devenir plus efficace | Moderniser, investir et introduire davantage de concurrence | Optimisation |
| PLQ – Charles Milliard | Le Québec manque de croissance, de construction et d’efficacité | Déréglementer partiellement tout en maintenant un État interventionniste | Réforme |
| QS – Ruba Ghazal et Sol Zanetti | Les inégalités et le marché sont davantage le problème que la taille de l’État | Taxer davantage la richesse et étendre l’action publique | Expansion |
La ligne de fracture
La divergence centrale concerne les responsabilités confiées au gouvernement. Réduire la bureaucratie peut servir à diminuer l’intervention publique, mais aussi à dégager des ressources pour de nouveaux programmes. Une administration plus efficace n’est donc pas nécessairement un État moins présent.
Les chapitres suivants séparent, pour chaque parti, les engagements sectoriels, le cadre financier et l’analyse. Les annonces ultérieures précisent parfois des mesures déjà provisionnées : leur date de publication ne suffit pas à établir qu’elles ajoutent une dépense.
Les cadres financiers en un coup d’œil
Les dates de retour à l’équilibre ne suffisent pas à comparer la prudence des scénarios. Les provisions, la dette et les recettes encore incertaines doivent être examinées ensemble. Les totaux des engagements sont détaillés dans chaque chapitre, car leurs horizons et leurs bases de calcul diffèrent.
| Parti | Équilibre visé | Fonds des générations et provisions | Principaux points à vérifier |
|---|---|---|---|
| PCQ | 2029-2030 | Versements maintenus; 8 G$ de provisions sur cinq ans | Économies administratives et recettes de libéralisation; aucun écart à résorber ni hausse fédérale non confirmée annoncés |
| PQ | 2028-2029 | Versements maintenus; 5 G$ de provisions | 6,6 G$ d’économies de bureaucratie; surplus projeté de 49 M$; annonces ultérieures à rapprocher du cadre |
| CAQ | 2029-2030 | Versements maintenus; 3 G$ de provisions sur cinq ans | 4,357 G$ de transferts fédéraux attendus et écarts à résorber encore présents |
| PLQ | 2029-2030 | Versements maintenus; 4 G$ de provisions sur cinq ans | 4,36 G$ de transferts fédéraux attendus; économies à venir; surplus projeté de 9 M$ |
| QS | 2029-2030 | Versements suspendus; provisions intégrées au scénario | Rendement des nouveaux prélèvements, économies de Pharma-Québec et cohérence des tableaux |
Ces éléments reflètent les cadres des partis. Ils ne constituent ni une certification indépendante ni une comparaison de coûts parfaitement homogènes.
Programmes et engagements des cinq partis
PCQ — La rupture la plus nette avec le modèle québécois
Fiscalité
- montant personnel de base porté graduellement de 18 952 $ à 35 242 $;
- abolition de la TVQ sur les biens usagés;
- sortie du système québécois de plafonnement et d’échange de droits d’émission, couramment appelé marché du carbone;
- suspension pendant cinq mois de la taxe québécoise sur l’essence;
- économies totales estimées par le parti à 11 166 $ pour un ménage moyen sur cinq ans.
Entreprises et réglementation
- taux québécois d’impôt des sociétés ramené graduellement de 11,5 % à 4,7 %;
- réduction de 30 % du fardeau réglementaire, que le parti estime équivaloir à 32 jours par année récupérés par les entrepreneurs;
- diminution du recours aux subventions aux entreprises;
- objectif initial, annoncé le 13 août, de 47 milliards de dollars d’économies sur cinq ans, à distinguer de la réduction nette des dépenses présentée dans le cadre financier de septembre.
État et numérique
- recours accru à l’intelligence artificielle et à la numérisation;
- réduction de la dépendance envers les consultants;
- davantage de logiciels libres et de tableaux de bord publics;
- économies estimées par le parti à 3,45 milliards sur cinq ans grâce aux gains d’efficacité et à une réduction des effectifs nécessaires.
Imputabilité et gestion de l’État
Le 25 septembre, le PCQ a proposé le Registre des administrateurs déclarés inaptes à exercer avec les ressources publiques (RADIER). Administré par l’Autorité des marchés publics, il s’inspirerait du registre des entreprises non admissibles aux contrats publics, mais viserait les personnes responsables de la gestion publique : élus, fonctionnaires, sous-ministres, directeurs et autres décideurs.
Le parti y voit un moyen de renforcer l’imputabilité et de limiter les dépassements de coûts. Les critères d’inaptitude, l’autorité qui déciderait des inscriptions, leur durée et les recours devront être précisés.
Santé
- abolition de Santé Québec;
- pratique médicale mixte;
- recours beaucoup plus important aux fournisseurs privés;
- possibilité que des établissements soient gérés par le privé tout en demeurant financés publiquement;
- ajout de 400 à 500 admissions supplémentaires en médecine par année;
- augmentation des effectifs d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) : le tableau du cadre financier prévoit 1 500 entrées en formation sur le mandat, dont 650 personnes formées à l’horizon 2030. Ce calendrier doit être distingué de l’objectif général de 1 500 IPS supplémentaires;
- réduction de 25 % du poids de la bureaucratie centrale en santé, avec réinvestissement annoncé des économies dans les soins directs, le recrutement et l’accès aux services;
- investissement annoncé de 350 millions de dollars pour une cinquième faculté de médecine décentralisée, avec l’objectif de former 125 nouveaux médecins communautaires par année, ainsi qu’un déploiement accru de médecins et de travailleurs sociaux dans les centres de thérapie et d’hébergement en dépendance.
Le 1er octobre, le PCQ a précisé son recours au secteur privé en santé en proposant la création de quatre hôpitaux privés accessibles avec la carte d’assurance maladie. Le secteur privé financerait la construction et les équipements et assurerait l’exploitation des établissements, tandis que l’État achèterait les soins par contrat, notamment des chirurgies. Les services couverts demeureraient sans frais directs pour les patients.
Ces établissements comprendraient des urgences ouvertes en tout temps, des lits et des blocs opératoires. Les exploitants seraient choisis par appels d’offres ouverts aux entreprises québécoises, canadiennes et internationales, avec notamment des critères de coûts, de délais, de qualité, de sécurité et de résultats cliniques. Cette annonce précise l’engagement déjà présent dans la plateforme du parti en faveur d’établissements gérés par le privé et financés publiquement; elle ne constitue donc pas un programme de santé entièrement distinct.
Accès garanti aux soins
La plateforme santé présentée le 8 septembre, « Le patient d’abord et avant tout », prévoit des délais maximaux pour les chirurgies, les consultations spécialisées et les examens diagnostiques. Lorsque le réseau public ne les respecterait pas, le patient pourrait être dirigé vers un autre établissement public ou un fournisseur privé, avec couverture par la RAMQ et sans frais directs.
Le PCQ propose aussi de mettre fin au temps supplémentaire obligatoire et d’instaurer des ratios sécuritaires dans les équipes de soins.
Aînés et soutien à domicile
Le 24 septembre, le PCQ a précisé sa cible de 46,5 millions d’heures de soutien à domicile par année d’ici 2030. Cela représente 6,1 millions d’heures de plus que la cible gouvernementale de 40,4 millions pour 2027, avec un horizon différent. Le financement comprend 625 millions de dollars de nouveaux crédits sur quatre ans et jusqu’à 87,5 millions issus de simplifications et de redéploiements. Le total de 712,5 millions inclut donc des ressources réaffectées.
Une allocation plafonnée au coût d’un CHSLD permettrait de choisir un prestataire accrédité — CLSC, économie sociale, organisme communautaire ou privé — et de rémunérer un proche aidant. Le plan prévoit un coordonnateur pour les situations complexes ainsi qu’une contribution publique transférable vers une autre solution accréditée lorsque la personne nécessite le niveau de soins d’un CHSLD. L’assurance autonomie privée resterait facultative et complémentaire.
Cette annonce précise une mesure du cadre financier. En quatrième année, les ressources annuelles atteindraient 285 millions, dont 250 millions additionnels et 35 millions réaffectés. Ces montants ne s’ajoutent pas une seconde fois au cumul du plan.
Famille
- bonification du crédit pour frais de garde;
- allocation de 100 $ par semaine par enfant pour certains parents qui gardent leurs jeunes enfants à la maison;
- maintien parallèle du financement des services de garde subventionnés.
L’allocation de garde à domicile serait imposable et soumise à des conditions, notamment l’absence de cumul avec le RQAP pour l’enfant visé ou avec le crédit pour frais de garde. Le communiqué du 3 septembre exige au moins un parent travaillant à temps plein et annonce jusqu’à 5 200 $ par année; le cadre financier retient plutôt 50 semaines, soit 5 000 $. Cette différence entre les documents du parti demeure à clarifier.
Énergie et transport
- exploitation du gaz naturel de l’Utica;
- sortie du marché du carbone;
- projet de troisième lien Québec-Lévis sous la forme d’un pont à haubans de 2,15 kilomètres, évalué par le parti entre 2,7 et 3 milliards de dollars.
- opposition à tout projet de TGV, le parti jugeant ce type de projet trop coûteux et non rentable.
Le 12 septembre, Éric Duhaime a proposé de mettre fin au monopole d’Hydro-Québec et de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment par le gaz naturel et une plus grande place accordée à la concurrence. Le PCQ ne garantit toutefois pas que cette ouverture ferait automatiquement baisser les prix pour les consommateurs.
Après avoir demandé une pause de TramCité le 12 septembre, Éric Duhaime a confirmé le 29 septembre vouloir mettre fin au financement du tramway de Québec. Le PCQ propose de rediriger l’enveloppe québécoise réservée au projet dans le Plan québécois des infrastructures vers son troisième lien. Cette réaffectation reste à détailler : les coûts de résiliation, les sommes déjà engagées et les contributions des autres partenaires doivent être distingués du financement provincial effectivement disponible.
Infrastructures publiques et maintien des actifs
Le 28 septembre, le Parti conservateur du Québec a présenté un plan consacré au maintien des infrastructures publiques. Le parti propose de consacrer 80 % du Plan québécois des infrastructures au maintien des actifs jusqu’à ce que le déficit de maintien des actifs soit ramené à environ 6 % à 7 % de leur valeur de remplacement. Le PCQ estime pouvoir atteindre cette cible dans un horizon de cinq à sept ans.
Le parti souhaite également accroître de 10 % la productivité de l’industrie de la construction et favoriser, notamment pour le réseau routier, des devis fondés davantage sur la performance attendue que sur les méthodes de réalisation imposées. L’objectif serait de laisser plus de latitude aux entrepreneurs sur les moyens utilisés tout en imposant des résultats de durabilité.
Le PCQ veut enfin recourir davantage aux partenariats public-privé, notamment lorsqu’ils permettent selon lui de transférer une partie des risques de construction et de dépassement de coûts aux concessionnaires privés.
Forêt et régions
Le PCQ propose de réviser le régime forestier et de planifier l’approvisionnement et le reboisement sur dix ans à l’échelle régionale. Les régions et les Premières Nations participeraient davantage aux décisions; les régions attribueraient les volumes disponibles, dont le calcul resterait confié au forestier en chef.
Le parti souhaite également un partage prévisible des redevances forestières et un allègement administratif. La formule de répartition des revenus et le calendrier restent à préciser.
Activité physique et sport
Le parti a également présenté un volet consacré à l’activité physique comprenant un Passe Sport pouvant atteindre 100 $ par année par personne, pour les Québécois dont le revenu familial est inférieur à 100 000 $. Le PCQ veut aussi augmenter la place de l’éducation physique dans les écoles, intégrer davantage la natation au parcours scolaire et ramener quatre cours obligatoires d’éducation physique au cégep.
Le plan prévoit enfin des tests physiques annuels standardisés afin de mesurer la progression des élèves en matière d’endurance, de force, de flexibilité et d’agilité. Le PCQ souhaite également réduire les contraintes juridiques entourant ce qu’il qualifie de « jeu normal des enfants » et favoriser la création d’équipes nationales québécoises dans certains sports.
Travail et démocratie syndicale
Le 7 septembre, le PCQ a présenté un nouveau volet consacré aux relations de travail et à la démocratie syndicale. Le parti veut permettre aux travailleurs syndiqués de se retirer individuellement de la portion de leurs cotisations consacrée à des activités politiques ou idéologiques.
Il propose également un scrutin secret obligatoire lors de l’accréditation syndicale, des votes périodiques sur le maintien de cette accréditation, un accès public aux états financiers et aux dépenses des organisations syndicales ainsi qu’un mécanisme de plainte confidentiel, rapide et gratuit pour les travailleurs estimant que leurs droits ont été bafoués.
Éducation et choix scolaire
La plateforme du 12 septembre propose un financement direct des écoles et une réduction à 17 du nombre de centres de services scolaires. Ceux-ci conserveraient des fonctions de soutien et de coordination; les établissements gagneraient de l’autonomie sur leurs budgets, leur personnel, leurs programmes et leur transport.
Le PCQ défend le choix des parents entre les écoles publiques et privées. Le lieu de résidence cesserait d’être le critère prédominant lorsqu’une famille souhaite une autre école. Le parti veut lever le moratoire sur l’admissibilité de nouvelles écoles privées aux subventions et alléger la paperasse des enseignants.
La proposition n’abolit donc pas les centres de services scolaires et ne crée pas un régime universel de chèques scolaires. Elle transfère davantage de décisions et de ressources vers les établissements.
Itinérance et services sociaux
Présenté le 10 septembre, le plan du PCQ combine prévention et réinsertion. Il prévoit du logement avec accompagnement, des milieux supervisés et une meilleure continuité des services pour éviter les sorties vers la rue. Les jeunes à risque bénéficieraient d’un plan de transition et d’un suivi pouvant se poursuivre jusqu’à 21 ans.
Le parti veut réduire de 30 % le temps administratif des intervenants, supprimer les rapports en double et offrir aux organismes un financement à la mission pluriannuel et prévisible. Les ressources consacrées à l’itinérance seraient régionalisées.
Justice, sécurité publique et droits des victimes
Le 29 septembre, le Parti conservateur du Québec a présenté sa plateforme en matière de justice et de sécurité publique, articulée autour de cinq axes : fermeté envers le crime, sécurité des femmes, sécurité dans les communautés, égalité devant la loi et efficacité de la justice.
Le PCQ propose de demander au gouvernement fédéral de rendre obligatoire le bracelet électronique pour certaines personnes accusées de violence conjugale en attente de procès ainsi que pour certaines personnes libérées d’un pénitencier fédéral et considérées comme présentant un niveau de dangerosité important pour leur victime. Le parti souhaite également créer un registre public indiquant le lieu de résidence des prédateurs sexuels graves ou récidivistes.
La formation propose par ailleurs l’adoption d’une Charte québécoise des droits des victimes d’actes criminels et affirme vouloir maintenir les sommes consacrées au ministère de la Justice tout en réduisant les délais judiciaires. Elle souhaite aussi faire pression sur Ottawa afin de limiter certaines libérations hâtives, de revoir le recours aux peines purgées à domicile et de rétablir certaines peines minimales.
Plusieurs de ces propositions touchent toutefois au droit criminel et au système correctionnel fédéral. Leur réalisation dépendrait donc, selon la mesure concernée, soit d’une décision du Québec, soit d’une modification législative ou administrative d’Ottawa.
Logement et accès à la propriété
Le plan du 11 septembre mise sur l’offre : réduire le nombre de métiers réglementés dans la construction, faciliter la mobilité de la main-d’œuvre, simplifier le Code de construction et soustraire la construction résidentielle à la loi R-20. Le PCQ veut aussi faciliter la requalification de certaines terres agricoles et réduire les délais et la judiciarisation devant le Tribunal administratif du logement.
Pour les nouveaux baux, les propriétaires pourraient exiger un dépôt de garantie. La plateforme ne fixe pas de plafond général équivalant à un mois de loyer et prévoit, comme solution de remplacement, une entreprise privée de cautionnement.
Le parti propose les exemptions suivantes au contrôle des loyers :
- les logements loués 2 500 $ par mois ou plus;
- une exemption de cinq ans après des rénovations complètes réalisées à la suite du départ du locataire;
- les logements demeurés vacants pendant au moins un an.
L’effet sur l’offre dépendrait des réactions des propriétaires, promoteurs, municipalités et institutions financières.
Agriculture
Le 17 septembre, le PCQ a promis un moratoire de quatre ans sur toute nouvelle réglementation agricole restrictive et l’allègement des règles existantes. Après consultation, il veut moderniser la protection du territoire agricole, donner plus de latitude aux MRC pour morceler des terres non dynamiques destinées à des projets agricoles en circuit court et réduire les délais à la CPTAQ.
Il propose de reconnaître la transformation alimentaire primaire comme service essentiel, avec service minimum pendant les conflits de travail, et de garantir publiquement 25 % des prêts pour l’achat de jeunes bovins. Il réaffirme son appui à la gestion de l’offre.
Le 27 septembre, Éric Duhaime a ajouté un assouplissement en agrotourisme : abolir les limites de 20 réceptions par année et de 100 personnes par événement pour certaines activités sur les terres agricoles, notamment des soupers-spectacles. Le PCQ maintient le principe de protection du territoire; il vise des usages supplémentaires qui, selon lui, ne réduiraient pas la superficie agricole.
Autonomie régionale et municipalités
Le 18 septembre, le PCQ a proposé 17 tables régionales décisionnelles, constituées à partir des tables de préfets existantes. Elles réuniraient notamment les préfets de MRC, les nations autochtones et le ministre responsable de la région.
Québec leur déléguerait certains pouvoirs en immigration, ressources naturelles, aménagement et développement économique. Un sommet municipal et régional préciserait les compétences de chacun. Le parti souhaite également faciliter les fusions et défusions municipales, partager des redevances forestières, éoliennes, minières et gazières, et inscrire l’autonomie régionale dans une éventuelle constitution québécoise.
Relations avec les nations autochtones
Le 30 septembre, le PCQ a présenté une plateforme consacrée aux nations autochtones. Il propose de reconnaître davantage leur autonomie gouvernementale, notamment en protection de la jeunesse, et de leur réserver, lorsque leur territoire est concerné, des sièges avec droit de vote dans ses 17 tables régionales décisionnelles.
Le plan prévoit également la consultation des nations pour les projets touchant les territoires ancestraux, la préservation des cultures et la collaboration à des aires protégées d’initiative autochtone. Le parti inscrit ces engagements dans une relation d’égal à égal et dans le développement économique régional.
Autonomie du Québec et relations avec Ottawa
La plateforme autonomiste détaillée le 22 septembre propose une Constitution du Québec élaborée avec la population : commission itinérante, travaux publics d’experts et dialogue distinct avec les Premières Nations, les Inuit et la communauté historique anglophone. Elle affirmerait le caractère national du Québec, le français comme seule langue officielle et langue commune, la laïcité et la modernisation des institutions. Le parti veut aussi y affirmer la souveraineté de l’Assemblée nationale et la primauté du droit québécois, et reconnaître les Autochtones, francophones et anglophones comme peuples fondateurs du Québec moderne, dans le respect des droits ancestraux et issus de traités.
Une « loi-bouclier » créerait un mécanisme permanent d’examen des interventions fédérales touchant les compétences québécoises : registre public, évaluation juridique, financière et administrative, demandes d’examen accessibles aux citoyens et organisations, et observatoire indépendant. L’Assemblée nationale pourrait demander une négociation, une contestation judiciaire ou des directives aux ministères et sociétés d’État.
Le dispositif comprendrait une « clause René Lévesque » assujettissant automatiquement les lois québécoises à la clause nonobstant, en protestation contre le rapatriement de 1982. Le PCQ affirme vouloir respecter la Constitution, les droits fondamentaux et la primauté du droit; les modalités et les limites de cette proposition devront donc être précisées.
Le parti formule dix demandes à Ottawa :
- les pleins pouvoirs en immigration, y compris les volumes et les résidents temporaires;
- un transfert de points d’impôt remplaçant les transferts en santé, sans perte financière;
- une déclaration de revenus unique administrée par Revenu Québec;
- la reconnaissance d’une fédération plurinationale et de la nation québécoise;
- des listes québécoises pour la nomination des juges, dont les trois sièges du Québec à la Cour suprême;
- davantage d’autonomie en énergie et en environnement;
- davantage de pouvoirs en culture et en communications numériques;
- un droit de retrait avec pleine compensation des programmes fédéraux relevant des compétences provinciales;
- une participation directe aux négociations internationales touchant ces compétences;
- la reconnaissance de la prépondérance du droit québécois en propriété et en droit privé.
Le PCQ veut former des alliances avec les provinces favorables à l’autonomie. Son objectif est de transformer le Canada en une confédération de partenaires plus autonomes, sans faire de la souveraineté du Québec son projet constitutionnel. Plusieurs demandes exigeraient une entente fédérale ou d’autres changements qui ne dépendent pas du seul gouvernement québécois.
Cadre financier
Le 9 septembre, le PCQ a déposé un cadre financier de 84 pages prévoyant un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030, au sens de la Loi sur l’équilibre budgétaire. Le parti a utilisé le simulateur du ministère des Finances pour établir son scénario.
Son objectif initial, annoncé le 13 août, était de dégager 47 milliards de dollars d’économies sur cinq ans : environ 20 milliards dans les aides aux entreprises, 23,5 milliards dans le contrôle des dépenses et 3,5 milliards dans la modernisation numérique. Ce plan prévoyait notamment un gel des embauches et une diminution des effectifs par attrition.
Dans le cadre financier de septembre, le tableau récapitulatif présente une réduction nette des dépenses de portefeuille de 36,518 milliards de dollars sur cinq ans, par rapport au scénario du rapport préélectoral. Ce total intègre les nouvelles dépenses et les ajustements du plan : sa base de calcul diffère donc de celle de l’objectif initial de 47 milliards.
Le scénario conserve 8 milliards de dollars de provisions pour éventualités sur cinq ans et les versements au Fonds des générations. Le PCQ affirme ne compter sur aucun écart à résorber ni sur une hausse non confirmée des transferts fédéraux.
La plateforme en justice comprend enfin des engagements dont Québec ne contrôle pas seul l’exécution. Les modifications aux peines criminelles, à certaines conditions de mise en liberté ou aux règles applicables aux pénitenciers fédéraux nécessiteraient une intervention d’Ottawa. Il faut donc distinguer les mesures relevant directement de Québec de celles qui constituent des demandes au gouvernement fédéral.
Le cadre prévoit explicitement l’abolition du Fonds d’électrification et de lutte contre les changements climatiques (FECC), avec 5,842 milliards de dollars d’économies projetées sur cinq ans. Cette mesure accompagne la sortie du marché du carbone.
L’attrition représente une autre cible distincte : 3,75 milliards d’économies cumulées. Les scénarios illustratifs du cadre vont d’environ 13 400 à 24 000 postes nets non pourvus selon le périmètre, le coût des emplois et les remplacements autorisés. Le chiffre de 24 000 ne constitue donc pas une cible unique applicable à tous les scénarios.
Dans son bilan de campagne du 2 octobre, Éric Duhaime présente aussi le PCQ comme un contrepoids à une majorité péquiste susceptible de déclencher une démarche référendaire. Il cherche à détenir la balance du pouvoir et à recentrer le débat sur l’économie. Cette stratégie dépend du nombre de sièges obtenus et des votes à l’Assemblée nationale; elle ne constitue pas une garantie institutionnelle de blocage.
Le test de crédibilité
Le cadre de 84 pages permet d’examiner les économies, les nouvelles dépenses et les revenus projetés. Il ne prouve toutefois pas leur réalisation. Chaque économie devrait identifier les fonctions touchées, les coûts de transition, le calendrier et les résultats, afin d’éviter un simple transfert des tâches vers d’autres organismes ou des consultants.
Les recettes anticipées de 13,69 milliards de dollars liées à la libéralisation et de 6,827 milliards liées au commerce interprovincial sont des projections. Une analyse de sensibilité montrerait ce qu’il reste des baisses d’impôt et du retour à l’équilibre si ces revenus arrivent plus lentement. Les gains numériques doivent aussi intégrer les risques de coûts et de délais propres aux projets informatiques.
En santé, le recours au privé n’accroît la capacité que si le personnel est disponible; déplacer des médecins ou des infirmières ne crée pas automatiquement des ressources. Pour les soins à domicile, il faudra préciser les barèmes, l’accréditation, la disponibilité des prestataires et les heures effectivement livrées. Le calendrier des IPS devra, lui aussi, relier clairement les entrées en formation, les diplômés attendus et l’objectif global.
L’autonomie institutionnelle appelle une autre vérification : certains mécanismes relèveraient de Québec, mais les transferts de pouvoirs et les changements constitutionnels pourraient nécessiter des ententes ou être contestés. Le RADIER doit enfin définir les critères d’inaptitude et offrir des recours avant qu’on puisse juger sa portée réelle.
La cible de 80 % du PQI consacrée au maintien des actifs est mesurable, mais son effet dépendra de la composition réelle du portefeuille de projets. L’objectif d’accroître de 10 % la productivité de la construction devra également être accompagné d’un indicateur et d’une période de référence permettant de vérifier si le gain annoncé est effectivement obtenu.
Le troisième lien exige également une ventilation du financement, des dépenses imputées au PQI et du calendrier de réalisation. Un coût annoncé ne suffit pas à démontrer qu’un projet est financé.
Mot de l’éditeur
Sur les enjeux économiques examinés ici, le PCQ est la formation qui remet le plus directement en question le périmètre de l’État. La distinction entre financer un service et le produire, ainsi que la place accordée au choix des parents, des patients et des entrepreneurs, rejoignent plusieurs principes du libéralisme classique.
Cette proximité ne constitue toutefois pas un blanc-seing. Le financement public du choix privé demeure une dépense publique; la concurrence doit se traduire par des gains observables; les recettes espérées de la déréglementation doivent être traitées avec autant de prudence que celles d’une nouvelle taxe. Les restrictions proposées en immigration et dans l’accès aux programmes sociaux doivent aussi être évaluées selon leurs effets sur les personnes et la liberté de travailler.
La rupture conservatrice se jugera donc à ses résultats : moins de prélèvements et de contraintes, des services accessibles et une dette maîtrisée. Une baisse d’impôt financée par des économies introuvables déplacerait simplement la facture vers les contribuables futurs.
PQ — Moins de bureaucratie, mais toujours beaucoup d’État
Plusieurs propositions économiques du PQ empruntent des instruments au centre droit. On y trouve des baisses d’impôt pour les entreprises, de la déréglementation, une réduction de la bureaucratie, l’abolition de certaines taxes et une critique du « corporatisme » des grandes subventions.
Cela ne fait pas du PQ un parti de petit gouvernement. Son objectif est plutôt de réduire l’appareil administratif afin de rendre l’État national plus efficace et plus puissant dans les domaines qu’il juge prioritaires.
Priorités des 100 premiers jours
Le 3 octobre, Paul St-Pierre Plamondon a précisé les premiers gestes d’un gouvernement péquiste. Son premier projet de loi gèlerait la rémunération des députés, des ministres et des dirigeants des principales sociétés d’État jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire.
Ses autres priorités sont un budget urgent pour l’itinérance à l’approche de l’hiver et une table de coordination; la détaxation des biens usagés; la baisse de taxe sur l’essence estimée à 7 cents le litre; les 100 millions annuels d’aide alimentaire; la création du secrétariat à l’efficacité et un audit des projets informatiques; une nouvelle planification réduisant les seuils d’immigration; ainsi que le lancement des États généraux sur l’éducation à l’hiver 2027.
Cette annonce ordonne surtout des engagements déjà présentés. Le budget d’urgence pour l’itinérance n’est pas chiffré séparément : il devra être concilié avec le plan existant et le cadre financier.
Appareil gouvernemental
- réduction de 2,5 % sur trois ans des coûts de rémunération du secteur public;
- économies estimées à 1,6 milliard récurrent par année;
- attrition, départs volontaires et révision du nombre de gestionnaires;
- création d’un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire;
- révision régulière des programmes et règlements;
- création d’un directeur parlementaire du budget.
Transformation numérique
Le 14 septembre, le PQ a proposé de suspendre et d’auditer les projets informatiques gouvernementaux. Il privilégierait des programmes divisés en projets plus petits, des contrats collaboratifs, davantage d’entreprises québécoises et une équipe d’expertise transversale appuyée par le Conseil exécutif. La portée des suspensions, les coûts d’arrêt et de reprise et le maintien des services restent à préciser.
Intelligence artificielle
Le 24 septembre, le PQ s’est engagé à créer un comité d’experts sur l’intelligence artificielle, en mobilisant notamment Mila, IVADO et Obvia. Son examen couvrirait l’école, le travail et la requalification, les entreprises, l’administration, la culture, l’environnement et la démocratie.
Le parti souhaite appliquer les recommandations retenues, nouer des partenariats internationaux et évaluer l’encadrement juridique des usages publics. Le communiqué ne fixe ni budget détaillé ni échéancier : il annonce une démarche d’expertise plutôt qu’un dispositif législatif complet.
Entreprises
- baisse graduelle de l’impôt québécois des sociétés de 11,5 % à 9,5 %;
- réduction des subventions aux grandes multinationales étrangères;
- abolition du Fonds de développement économique;
- maintien d’interventions ciblées en faveur d’entreprises québécoises et de secteurs stratégiques.
Dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis, le PQ privilégie des contre-mesures tarifaires ciblées plutôt qu’une riposte générale dollar pour dollar, ainsi que des programmes d’aide ponctuels adaptés aux secteurs les plus touchés.
Fiscalité
- abolition de la TVQ sur les biens usagés et les véhicules d’occasion.
Prix de l’essence
Le 11 septembre, le Parti Québécois a proposé de réduire de moitié la TVQ sur l’essence pendant au moins un an et de mettre fin à la double taxation. Le parti estime que ces mesures représenteraient une baisse d’environ 7 cents le litre, soit près de 220 $ par année pour une consommation de 60 litres par semaine.
Il propose également un remboursement de 125 $ par année aux personnes dont le revenu individuel est inférieur à 40 000 $. L’économie à la pompe dépendrait de la consommation, tandis que le remboursement serait lié au revenu.
Accès à la propriété
Le 9 septembre, le Parti Québécois a présenté un plan destiné aux premiers acheteurs. Un gouvernement péquiste rembourserait la TVQ sur l’achat d’une habitation neuve ou sur une autoconstruction, jusqu’à concurrence de 45 000 $, et porterait le crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation à 3 000 $.
Le parti veut également accroître l’offre en habitation en allégeant certaines contraintes réglementaires et en harmonisant davantage l’application du Code du bâtiment afin de faciliter la reproduction de modèles standardisés de maisons et d’immeubles. Le parti propose notamment un mécanisme de certification des immeubles préfabriqués et standardisés visant à ramener l’approbation des permis concernés à un délai cible de 30 jours. Le PQ lie par ailleurs son plan logement à sa volonté de réduire fortement l’immigration temporaire et permanente afin, selon lui, de diminuer la pression exercée sur la demande de logements.
Logements sociaux et hors marché
Le 30 septembre, en Abitibi–Témiscamingue, le PQ a réaffirmé sa cible de 20 000 logements sociaux et hors marché à l’échelle du Québec, dont 2 000 destinés aux personnes en situation d’itinérance. Ces 2 000 logements correspondent à la composante déjà annoncée dans le plan contre l’itinérance; ils ne s’ajoutent pas à la cible de 20 000. Le parti vise aussi une part de 20 % de logements hors marché d’ici 2050.
Coût de la vie et sécurité alimentaire
Le PQ propose également d’investir 100 millions de dollars supplémentaires par année dans l’aide et la sécurité alimentaire. Ces sommes seraient notamment destinées aux organismes qui viennent en aide aux familles, aux jeunes et aux aînés à faible revenu.
Pour financer cette mesure, le PQ veut rétablir la TVQ sur certains produits alimentaires dont la détaxation est entrée en vigueur le 15 juillet 2026, sous le gouvernement caquiste. Il propose de réaffecter les sommes correspondantes à l’aide alimentaire, estimant qu’un soutien ciblé rejoindrait davantage les ménages qui en ont besoin.
Qualité de l’alimentation et politique bioalimentaire
Le 29 septembre, le Parti Québécois a présenté un nouveau volet consacré à la qualité de l’alimentation. Le parti propose de créer une Chaire de recherche universitaire en politique bioalimentaire afin de conseiller le gouvernement et de mieux documenter les enjeux liés à la qualité des aliments. Son mandat comprendrait notamment l’évaluation du cadre réglementaire canadien et sa comparaison avec les politiques en vigueur dans d’autres juridictions.
Le PQ souhaite également instaurer une certification volontaire « Qualité Québec » pour les produits québécois répondant à des normes de qualité supérieures. Le parti veut bonifier les programmes d’éducation à la saine alimentation au primaire et au secondaire et favoriser l’agriculture de proximité en multipliant les marchés publics et les kiosques permettant aux producteurs de vendre plus directement leurs produits aux consommateurs.
Le parti rattache ces initiatives aux 400 millions de dollars sur quatre ans qu’il prévoit récupérer en revenant sur la détaxation de certains produits alimentaires instaurée par la CAQ. Cette somme correspond aux 100 millions de dollars par année déjà destinés à ses initiatives de sécurité alimentaire : elle ne doit donc pas être comptabilisée une seconde fois comme une nouvelle enveloppe.
Santé
Le PQ propose d’abolir Santé Québec et de redéployer les économies administratives vers les soins directs, tout en accordant davantage d’autonomie aux établissements, aux CLSC et aux équipes de première ligne.
Le 12 septembre, Paul St-Pierre Plamondon a précisé que son parti ne souhaite pas miser sur une expansion du secteur privé en santé. Il veut plutôt renforcer la capacité du réseau public et faire des CLSC une véritable porte d’entrée du système.
Un gouvernement péquiste investirait 550 millions de dollars sur quatre ans dans la prévention, notamment en activité physique, en santé mentale, en nutrition, en usage approprié des médicaments et en dépistage. Il prévoit également 150 millions de dollars sur quatre ans pour renforcer les CLSC.
Le PQ propose par ailleurs d’ajouter 200 diplômés en médecine par année dans les facultés existantes. Il souhaite aussi permettre le développement de programmes universitaires régionaux afin d’augmenter la formation médicale hors des grands centres.
Le 19 septembre, le parti a détaillé le volet surprescription de son enveloppe de prévention. Il propose une Stratégie pour un usage optimal des médicaments, davantage de pharmaciens en première ligne, une approche multidisciplinaire et des interventions plus précoces pour le dépistage du TDAH afin d’offrir davantage d’alternatives à la médication lorsque cela est approprié. Il ne s’agit pas d’une nouvelle enveloppe de 550 millions de dollars : ces mesures s’inscrivent dans le budget de prévention déjà annoncé le 12 septembre.
La plateforme mise donc sur la prévention, les soins de proximité et l’expansion de la capacité publique plutôt que sur un recours accru aux fournisseurs privés.
Le 29 septembre, Paul St-Pierre Plamondon a précisé que l’abolition de Santé Québec ne signifierait pas nécessairement la disparition de toutes les fonctions actuellement exercées par la société d’État. Le PQ souhaite notamment conserver le suivi de certains indicateurs de performance, mais le replacer sous l’autorité du ministère de la Santé. PSPP a évoqué une division interne, une équipe spécialisée ou une autre formule à déterminer, plutôt qu’une nouvelle société d’État autonome.
Le chef péquiste prévoit qu’une commission parlementaire déterminerait rapidement la forme organisationnelle retenue. Le parti maintient son estimation de 40 à 100 millions de dollars d’économies annuelles découlant de l’abolition de Santé Québec et affirme vouloir réinvestir ces économies dans les services.
Premières Nations, Inuit et réconciliation
Le 30 septembre, le Parti Québécois a présenté des engagements consacrés à la réconciliation et à la vitalité des langues autochtones. Il propose de consulter les Premières Nations et les Inuit afin d’élaborer un plan destiné à renforcer ces langues partout au Québec, notamment en développant dans les écoles primaires et secondaires une offre complémentaire de cours sur les langues et les cultures autochtones adaptée aux réalités locales.
Le PQ s’engage également à soutenir le développement de la Maison des savoirs, présentée comme un établissement d’enseignement universitaire conçu par et pour les Premières Nations et les Inuit. Le communiqué ne précise ni budget ni échéancier pour ces engagements.
Éducation
Le 2 septembre, le PQ a annoncé cinq chantiers pour le primaire et le secondaire, accompagnés d’États généraux lancés dans les 100 premiers jours : formation professionnelle et décrochage; culture québécoise; activité physique; civisme et violence scolaire; mixité sociale et géographique.
Le parti propose au moins 60 minutes d’activité physique par jour, des tests de condition physique, des œuvres littéraires québécoises et francophones communes en français, davantage de chant et de musique, des sanctions plus claires contre la violence et des jumelages entre établissements.
Le 16 septembre, il a ajouté la rémunération des stages obligatoires de fin d’études en santé et services sociaux, enseignement et petite enfance, lorsqu’ils se déroulent dans des institutions publiques. Les stages visés dureraient 12 semaines à temps complet, au DEP, au DEC ou à l’université, et seraient payés au salaire minimum. Pour 420 heures, le PQ estime le revenu à près de 7 000 $.
Il prévoit aussi 10 millions de dollars supplémentaires par année pour la santé mentale au cégep et à l’université. Il appuie une faculté de médecine orientée vers la médecine familiale et la première ligne en région ainsi qu’un quartier universitaire distinctif à Québec, sans coûts ni calendrier détaillés pour ces projets.
Laïcité
Le 27 septembre, le Parti Québécois a présenté de nouveaux engagements visant à renforcer la Loi sur la laïcité de l’État. Le parti s’engage à maintenir les lois existantes et à renouveler l’usage de la clause dérogatoire lorsqu’il le juge nécessaire.
Le PQ propose notamment de cesser le financement des écoles religieuses bénéficiant du crédit d’impôt à titre d’organisme religieux, d’interdire au primaire les signes religieux ostensibles permettant d’identifier immédiatement l’appartenance religieuse d’un élève et d’interdire les partenariats entre les écoles et les lieux de culte.
Le parti souhaite également obliger les lieux de culte à être enregistrés comme tels, exiger la déclaration des dons étrangers reçus par les organismes religieux, documenter davantage les influences religieuses dans les écoles et accroître la vigilance de la protection de la jeunesse concernant les mineurs impliqués dans des groupes sectaires.
Transport et environnement
- Passe mobilité universelle de 95 $ par mois;
- maintien ou bonification de certains incitatifs pour les véhicules électriques et les thermopompes;
- retrait du Québec du projet fédéral de TGV Alto afin de prioriser d’autres infrastructures.
Le 21 septembre, le Parti Québécois a précisé son projet de transport collectif pour l’Est de Montréal. Un gouvernement péquiste confierait à CDPQ Infra le mandat de réaliser un réseau structurant dont une première phase relierait Honoré-Beaugrand à la Pointe-de-l’Île, avant un prolongement jusqu’à Repentigny dans une deuxième phase.
Le parti propose également de remplacer progressivement les rames MR-73 par des trains Azur, d’accroître l’entretien du réseau du métro et d’étudier la possibilité d’un raccordement entre les stations Anjou et Honoré-Beaugrand. Le coût global, l’échéancier et le mode précis de transport du nouveau réseau restent à déterminer.
Le 29 septembre, le chef péquiste s’est dit favorable au tramway de Gatineau, sans engagement de financement à très court terme. Il a évoqué une réaffectation de sommes fédérales liées à Alto, qui dépendrait d’une décision d’Ottawa et ne constitue pas un financement acquis.
Électricité et tarification
Le 12 septembre, le PQ a indiqué qu’il maintiendrait la trajectoire actuelle des tarifs d’électricité jusqu’en 2029, tout en souhaitant redonner à la Régie de l’énergie un rôle accru dans la détermination des tarifs.
Le parti ne propose donc pas, pour l’instant, de modifier radicalement la structure tarifaire d’Hydro-Québec. Son engagement porte surtout sur la prévisibilité des hausses et sur le rétablissement d’un contrôle réglementaire plus indépendant.
Régions
- versement de 10 % des redevances minières aux collectivités minières;
- simplification des permis;
- nouveau régime forestier;
- préférence accrue pour le bois québécois.
Le 30 septembre, Paul St-Pierre Plamondon a réaffirmé l’engagement du PQ de construire un pont sur le Saguenay entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine et de lancer les travaux sous un gouvernement péquiste. Il veut publier l’étude existante et rechercher des façons de réduire les coûts, sans exclure un partenariat avec le privé. Les coûts, le financement et le calendrier de livraison restent à établir.
Dans un communiqué daté du 2 octobre et publié le 3, le PQ promet de reconnaître Charlevoix comme région éloignée pour l’accès au crédit d’impôt destiné aux jeunes dans ces régions, et comme région périphérique pour le crédit de taxe sur l’essence. Le coût de cette extension et ses paramètres d’application ne sont pas précisés.
Eau potable et infrastructures municipales
Le 1er octobre, le PQ a promis de réapprovisionner le Fonds pour les infrastructures en eau (FIMEAU) à partir d’une partie des sommes de l’entente fédérale du 2 juin 2026. Il cible notamment les besoins urgents de Princeville, de Plessisville, de Sainte-Sophie-d’Halifax et de Saint-Ferdinand, ainsi que les ouvrages critiques ailleurs au Québec. Il propose aussi les allègements réglementaires demandés par les élus municipaux pour réduire les coûts. Les 10 milliards évoqués concernent l’entente générale; ils ne constituent pas une nouvelle enveloppe entièrement réservée à l’eau potable.
Engagements pour la Capitale-Nationale
Le 25 septembre, le PQ a présenté un plan régional visant à soutenir l’économie numérique et l’automatisation, à réaliser prioritairement le tramway prévu dans la première phase du Plan CITÉ et à préparer ses suites dès 2027. Il veut augmenter les autobus, stabiliser le financement collectif et examiner une septième voie dynamique sur le pont Pierre-Laporte ainsi que l’abaissement du tablier du pont de Québec.
Le plan comprend la reprise du contrôle du Mont-Sainte-Anne, du logement étudiant près de l’Université Laval, des logements sociaux, le renforcement des soins de proximité et la réduction de l’itinérance de moitié d’ici 2030. Il appuie aussi la phase 4 de la promenade Samuel-De Champlain, le réaménagement d’axes autoroutiers, un éventuel stade sur le site du Colisée, le Carrefour de l’eau, la protection du territoire et le rôle diplomatique et culturel de Québec. Aucun coût global consolidé n’accompagne ce regroupement.
Agriculture
Le 10 septembre, le Parti Québécois a annoncé un plan de 450 millions de dollars sur quatre ans destiné au secteur agricole. Le parti souhaite notamment protéger davantage le territoire agricole, soutenir la relève, renforcer la souveraineté alimentaire, améliorer le revenu des producteurs et réduire le fardeau administratif des entreprises agricoles.
Le PQ affirme également vouloir faire passer progressivement la part du budget consacrée au secteur agricole d’environ 0,9 % à 1,5 % sur dix ans.
Parmi les engagements concrets figurent une cible de 75 % d’approvisionnement en produits québécois dans les institutions publiques, une contribution de 10 millions de dollars à la Fiducie agricole UPA-Fondaction en 2027-2028 et la mise en production acéricole de 50 000 hectares supplémentaires en forêt publique. Le parti propose aussi d’inscrire un principe de zéro perte nette du territoire agricole dans la réforme de sa protection.
Exemplarité de l’État
Le PQ propose également de geler les salaires des députés, ministres et dirigeants de sociétés d’État jusqu’au retour à l’équilibre budgétaire.
Le parti veut faciliter le congédiement de dirigeants responsables de mauvaise gestion grave, imposer des auditions parlementaires pour certains dirigeants de sociétés d’État, revoir les bonus et fixer des objectifs de performance plus précis.
L’économie budgétaire directe sera évidemment minuscule à l’échelle de l’État. L’intérêt de la proposition est ailleurs : faire de l’imputabilité au sommet une composante du ménage administratif.
Aînés et maintien à domicile
Le 7 septembre, le Parti Québécois a présenté un plan visant à favoriser le maintien à domicile des aînés. Le parti s’engage à augmenter de 50 % le budget consacré aux soins et services à domicile et souhaite simplifier l’accès à ces services par l’intermédiaire des CLSC.
Le PQ propose également une aide pouvant atteindre 10 000 $ pour transformer une propriété en maison intergénérationnelle, une bonification de 10 millions de dollars par année du Programme d’adaptation de domicile ainsi qu’un accès simplifié au crédit d’impôt pour maintien à domicile. Le parti prévoit faire appel aux ressources publiques, communautaires, aux entreprises d’économie sociale et au secteur privé pour fournir ces services.
Protection des aînés contre la fraude
Dans un communiqué daté du 25 septembre et publié le 26, le PQ promet de maintenir le crédit d’impôt pour le soutien aux aînés de 2 000 $ et d’accroître les ressources policières consacrées aux fraudes qui les ciblent.
Il veut mobiliser le Directeur des poursuites criminelles et pénales pour réclamer des peines plus sévères, faciliter les plaintes pour fraudes immobilières présumées en appliquant les mécanismes de lutte contre la maltraitance au processus de plainte de l’OACIQ, et renforcer la prévention, notamment Aîné-Avisé. Les effectifs et les crédits supplémentaires ne sont pas chiffrés.
Itinérance
Le plan du 18 septembre prévoit 1 milliard de dollars sur quatre ans et une cible de réduction de l’itinérance de 50 % d’ici 2030. Il répartit l’enveloppe entre 400 millions pour 2 000 logements adaptés avec accompagnement et 600 millions pour les programmes sociaux et la prévention. L’approche « Logement d’abord » ferait du logement stable le point de départ du soutien psychosocial.
Le 21 septembre, le PQ s’est engagé à réaliser Agora Déclic, dans l’ancien couvent des Franciscains à Rosemont : 144 logements, notamment pour des jeunes quittant la DPJ, avec soutien psychosocial et scolaire. Le communiqué chiffre le projet à 70 millions de dollars, construction comprise, et évoque 7 millions de fonctionnement pour le personnel sans préciser clairement leur horizon.
Le 24 septembre, Paul St-Pierre Plamondon a réaffirmé le plan après une rencontre avec la mairesse de Montréal et promis d’en suivre personnellement l’exécution. Cette précision de coordination ne crée pas une nouvelle enveloppe d’un milliard réservée à Montréal.
Famille, natalité et CPE
Le 20 septembre, le PQ a présenté un nouveau plan destiné aux familles dans un contexte de baisse de la natalité. Il promet de créer 10 000 nouvelles places en CPE en quatre ans, en plus des places déjà en développement ou en conversion.
Le parti propose également un supplément pour famille nombreuse aux allocations familiales : 350 $ par année pour un troisième enfant, puis un supplément additionnel pour un quatrième enfant, pouvant porter l’aide à 700 $ par année pour une famille comptant au moins quatre enfants admissibles.
Le PQ veut aussi bonifier le Régime québécois d’assurance parentale et allonger jusqu’à trois ans la période pendant laquelle certaines prestations pourraient être utilisées afin d’offrir davantage de flexibilité famille-travail. Il propose enfin de faire couvrir par le régime public les deuxième et troisième cycles de fécondation in vitro, alors que la couverture actuelle est plus limitée.
Culture : l’État national demeure bien présent
Le PQ a aussi présenté un bloc culturel comprenant :
- une formule « 2 pour 1 » pour les 25 ans et moins dans certaines institutions culturelles;
- 8 millions par année pour l’achat de livres dans les écoles;
- retour de la gratuité des musées le premier dimanche du mois;
- rétablissement des sorties culturelles scolaires;
- crédits du Conseil des arts et des lettres du Québec portés à 200 millions de dollars;
- soutien accru à la Fondation des artistes;
- promotion plus agressive des productions québécoises sur les grandes plateformes numériques.
Cette annonce illustre parfaitement la singularité du projet péquiste : moins d’administration ne signifie absolument pas moins de politique publique.
Indépendance et démarche référendaire
Le 11 septembre, une estimation du Parti Québécois chiffre à environ 130 millions de dollars la préparation et l’organisation d’un référendum sur la souveraineté. Elle comprend 10 millions en 2027-2028, puis 10 millions en 2028-2029, pour des études et une commission itinérante sur une constitution provisoire, ainsi que 110 millions pour le scrutin.
Paul St-Pierre Plamondon maintient son intention d’engager cette démarche même à la tête d’un gouvernement minoritaire. Il chercherait alors l’appui de députés souverainistes d’autres formations pour faire adopter la loi nécessaire.
Dans la dernière semaine de campagne, le calendrier annoncé situe le référendum après le départ prévu de Donald Trump de la Maison-Blanche, en 2029. Le compte rendu de La Presse Canadienne du 2 octobre précise cette séquence; le cadre financier inscrit les 110 millions consacrés au scrutin en 2029-2030. Il s’agit du calendrier politique proposé par le PQ.
Les 130 millions concernent la démarche référendaire. Ils ne constituent pas une estimation globale des coûts d’une éventuelle transition vers l’indépendance.
Monarchie et fonction de lieutenant-gouverneur
Le 29 septembre, Paul St-Pierre Plamondon a réaffirmé vouloir rompre les liens avec la monarchie et abolir la fonction de lieutenant-gouverneur. Il estime la contribution des contribuables québécois à la représentation monarchique entre 12 et 15 millions de dollars annuels et propose de consacrer les économies à l’itinérance. Cette estimation n’équivaut pas à un budget provincial intégralement récupérable.
La portée juridique doit être distinguée de la promesse politique. L’alinéa 41a) de la Loi constitutionnelle de 1982 soumet les modifications touchant la charge de lieutenant-gouverneur à la procédure de consentement unanime. L’abolition de cette fonction ne peut donc pas être présentée comme une simple décision budgétaire unilatérale de Québec.
Violence conjugale et hébergement
Le 13 septembre, le Parti québécois a annoncé trois mesures pour renforcer le réseau des maisons d’hébergement de première et de deuxième étape.
Le parti propose de construire six nouvelles maisons de première étape à Montréal, en Outaouais, à Laval, dans Lanaudière, en Montérégie et dans la Capitale-Nationale. Selon le PQ, ces nouvelles installations ajouteraient de 70 à 80 places pour des femmes victimes de violence.
Le PQ prévoit également investir 35 millions de dollars sur quatre ans dans les maisons de première étape et 52 millions de dollars sur quatre ans dans les maisons de deuxième étape. Ces deux enveloppes de fonctionnement totalisent 87 millions de dollars. Le communiqué ne précise toutefois pas le coût de construction des six nouvelles maisons.
Sécurité publique et crime organisé
Le 28 septembre, le Parti Québécois a regroupé et précisé plusieurs de ses engagements en matière de sécurité publique. Il réaffirme sa volonté d’ajouter 800 policiers aux effectifs du Québec, d’augmenter la capacité de formation de l’École nationale de police et de recruter 100 travailleurs de rue et travailleurs sociaux consacrés à la prévention.
Ces deux engagements ne sont toutefois pas nouveaux : le PQ les avait déjà présentés en 2024. L’annonce de 2026 ajoute ou précise notamment le rétablissement du Conseil sur les services policiers, le renforcement des Escouades régionales mixtes contre le crime organisé et l’intégration accrue des intervenants sociaux aux équipes mixtes sur le terrain.
Le PQ propose également de s’inspirer du règlement adopté à Montréal pour interdire les injures envers les corps policiers à l’échelle du Québec. La portée juridique exacte de cette interdiction et les sanctions applicables devront être précisées.
Cadre financier
Présenté le 15 septembre, le cadre financier du Parti Québécois couvre les exercices 2026-2027 à 2030-2031. Le PDF présente environ 6,5 milliards de nouvelles dépenses sur cinq ans, tandis que le communiqué de lancement mentionne quatre ans pour cette somme. Cette divergence entre deux documents officiels impose de préciser l’horizon utilisé. Le retour à l’équilibre annoncé pour 2028-2029 est conditionnel à la résorption d’un écart budgétaire.
Le scénario repose notamment sur une réduction de 2,5 % de la taille de l’État et sur la rationalisation des dépenses. Le communiqué regroupe environ 6,6 milliards d’économies associées à la bureaucratie. Dans le PDF, la mesure de recentrage de l’État représente 6,3 milliards sur cinq ans; l’abolition de Santé Québec et le gel de rémunérations figurent sur des lignes distinctes. Ces montants ne doivent pas être confondus avec la seule réduction de la masse salariale.
Le PQ maintiendrait les versements au Fonds des générations et conserverait 5 milliards de provisions pour éventualités, soit 1 milliard par année sur cinq ans. Il compte aussi sur 4,357 milliards de transferts fédéraux additionnels sur cette période. Ces recettes attendues constituent une condition du scénario, au même titre que les économies.
En 2028-2029, le solde après versements au Fonds des générations est de −1,801 milliard avant les écarts à résorber. Le cadre ajoute un écart à résorber de 1,85 milliard pour afficher un surplus de 49 millions. En 2029-2030, un déficit de 249 millions devient un surplus de 1 million après un écart à résorber de 250 millions. L’exercice 2030-2031 présente ensuite un surplus de 568 millions, sans écart à résorber. Les tableaux A.1 et A.2 rendent cette distinction explicite.
Au dépôt, le cadre réservait 2,710 milliards à des mesures encore à annoncer. Il faut rapprocher cette enveloppe des engagements publiés depuis : stages rémunérés, plan de 1 milliard contre l’itinérance, plan famille et projet Agora Déclic, notamment. Leur publication ultérieure ne permet pas de les additionner automatiquement aux dépenses du cadre; le PQ doit préciser la ventilation et les montants déjà provisionnés.
Le test de crédibilité
Le PQ annonce 1,6 milliard de dollars d’économies récurrentes par une réduction de 2,5 % sur trois ans des coûts de rémunération du secteur public. Son cadre porte à 6,6 milliards les économies associées à la bureaucratie, un ensemble plus large que la seule masse salariale. L’attrition et les départs volontaires ne garantissent pas que les fonctions supprimées seront celles devenues inutiles : chaque levier doit être détaillé avec ses coûts de transition.
Le point décisif n’est pas seulement l’étroitesse du surplus annoncé de 49 millions : ce surplus suppose d’abord de combler 1,85 milliard d’écart à résorber en 2028-2029. Le cadre doit donc être accompagné de mesures identifiées permettant de fermer cet écart, de réaliser les économies et d’obtenir les transferts attendus. Les engagements sectoriels et les annonces postérieures doivent être conciliés avec cette trajectoire, sans double compte.
La pause informatique appelle un chiffrage des contrats, des coûts d’arrêt et de reprise et des services à maintenir. La rémunération des stages dépendra du nombre de bénéficiaires et des critères d’admissibilité. En médecine, les admissions et les diplômés doivent être distingués, puisque la formation exige plusieurs années.
Le transport structurant dans l’Est de Montréal nécessite un coût, un mode et un échéancier. Pour Santé Québec, les précisions du 29 septembre obligent à distinguer l’abolition de la société d’État de celle de ses fonctions. Il faut chiffrer les responsabilités et les employés transférés au ministère, le coût de transition et les économies nettes de la réorganisation.
Sur le plan institutionnel, les 130 millions de la démarche référendaire ne couvrent pas la transition éventuelle vers l’indépendance. Le comité sur l’IA et les mesures contre la fraude envers les aînés restent à budgéter. La proposition d’abolir la fonction de lieutenant-gouverneur doit, pour sa part, être évaluée dans le cadre constitutionnel applicable.
Mot de l’éditeur
Le PQ emprunte plusieurs instruments au centre droit, dont la baisse de l’impôt des entreprises et l’allègement réglementaire, tout en conservant un projet d’intervention nationale ambitieux. Son programme cherche à dégager des moyens pour les missions qu’il privilégie; réduire l’administration ne signifie donc pas nécessairement réduire le périmètre de l’État.
Pour un indépendantiste libéral classique, deux questions doivent être distinguées : qui exerce la souveraineté, et jusqu’où ce pouvoir peut-il intervenir dans la vie des individus? L’indépendance ne fixe pas à elle seule la taille de l’État. Un Québec souverain pourrait choisir plusieurs modèles économiques.
Le projet péquiste mérite donc d’être évalué sur ces deux plans. La discipline administrative peut accroître la capacité d’action nationale; elle devrait aussi élargir la liberté des citoyens, plutôt que servir uniquement à rendre l’intervention gouvernementale plus efficace.
CAQ — Réparer et agrandir le modèle qu’elle administre déjà
Christine Fréchette se trouve dans la position la plus délicate des cinq chefs : elle doit promettre un changement tout en défendant le bilan d’un parti qui dirige le Québec depuis huit ans.
La proposition caquiste consiste donc moins à revoir le rôle de l’État qu’à promettre une version plus efficace, plus numérique et mieux administrée du système existant.
Cadre financier
| Engagement | Proposition |
|---|---|
| Nouveaux engagements électoraux | 9,2 G$ sur cinq ans; 9,7 G$ avec le service de la dette |
| Plan québécois des infrastructures | 180 G$ sur dix ans |
| Part consacrée au maintien des actifs | 75 % |
| Postes administratifs supplémentaires abolis | 2 900 |
| Économies projetées sur cinq ans | 507 M$ |
La CAQ vise le retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030. Son cadre financier conserve toutefois des écarts à résorber de 1,85 milliard de dollars en 2028-2029, puis de 2 milliards par année en 2029-2030 et en 2030-2031. Il s’agit d’améliorations budgétaires dont les mesures concrètes restent à préciser.
Le financement prévoit également 4,357 milliards de dollars de transferts fédéraux supplémentaires attendus et une réduction cumulée de 5 milliards des provisions pour éventualités sur cinq ans. La trajectoire annoncée dépend donc notamment de la réalisation de ces revenus et de la capacité à combler les écarts indiqués.
Fiscalité des investissements
Au débat du 23 septembre, puis dans les précisions rapportées le 24, Christine Fréchette a défendu l’arrimage à la mégadéduction fédérale à la productivité. Elle évalue son incidence sur les revenus du Québec à environ 1 milliard de dollars par année, à compenser en partie par 600 millions de retombées économiques attendues.
Pour les quelque 400 millions restants, la cheffe évoque un resserrement du crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation ainsi que du congé fiscal pour grands projets d’investissement. Les recettes de croissance demeurent une hypothèse. Ces précisions doivent être rapprochées d’un tableau financier actualisé avant de conclure que l’ajustement est entièrement financé.
État et services publics
La CAQ propose de supprimer 2 900 postes supplémentaires par départs volontaires et attrition, sans toucher directement les réseaux de la santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur.
Une équipe liée directement à la première ministre serait chargée de moderniser l’administration, notamment avec l’intelligence artificielle. Le parti veut également permettre davantage de comparaison et de concurrence entre fournisseurs publics et privés lorsque le privé peut, selon lui, offrir certains services plus rapidement ou à moindre coût.
En santé, cette philosophie passerait notamment par une utilisation accrue des capacités du secteur privé, mais avec financement public.
Accès aux soins et listes d’attente
Le plan du 31 août prévoit de proposer une chirurgie ailleurs dans le réseau public après six mois d’attente, puis au privé après neuf mois pour certaines interventions, sans frais pour le patient. Les premières spécialités visées sont l’orthopédie et la chirurgie plastique; les listes seraient regroupées pour faciliter l’orientation des patients.
La CAQ veut également financer 100 000 examens d’imagerie supplémentaires par année dans les cliniques privées, pour 39,5 millions de dollars annuels. Le référencement et le suivi demeureraient assurés par le réseau.
Christine Fréchette propose d’ouvrir une discussion avec les médecins sur la pratique mixte, avec une présence minimale au public. Il s’agit d’une possibilité à négocier. Elle souhaite aussi créer un statut d’infirmière spécialisée en soins aux aînés et un ordre professionnel pour les paramédics.
Achat québécois et fiscalité des PME
Le plan économique du 21 septembre regroupe plus de 1,2 milliard de dollars de mesures, dont plusieurs étaient déjà annoncées en formation, ports, construction navale, forêt et agriculture. Ce total n’est donc pas une enveloppe entièrement additionnelle.
Parmi les nouveaux engagements, chaque organisme public devrait adopter un plan d’achat québécois, avec cibles publiques et suivi annuel. Le ministère des Finances recevrait aussi, dans les 100 premiers jours, le mandat de proposer une transition progressive pour les PME dépassant 500 000 $ de revenu imposable, afin d’éviter un passage abrupt du taux réduit de 2,2 % au taux général de 11,5 %.
La CAQ veut recentrer Investissement Québec sur les secteurs stratégiques et les situations où le financement privé manque, tout en liant davantage la rémunération variable des dirigeants aux retombées obtenues.
Travail, formation et requalification
Le 10 septembre, la CAQ a annoncé 400 millions de dollars sur quatre ans pour bonifier le Programme de formation courte durée et permettre à environ 25 000 personnes de se requalifier dans les secteurs en demande.
Le Pôle perspective emploi et l’Institut de la statistique du Québec aideraient à anticiper les transformations des métiers. Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés ciblerait les besoins de secteurs stratégiques, notamment la défense. La CAQ veut aussi adapter l’application de la loi du 1 % pour encourager la reconversion et l’acquisition de compétences liées à l’IA.
Famille et garderies : approfondissement assumé du modèle
Le 5 septembre, Christine Fréchette a promis 25 000 places supplémentaires à tarif réduit d’ici 2030. La cible combine des créations et la conversion de places existantes vers le réseau subventionné. Les nouvelles éducatrices diplômées travaillant au moins deux ans en CPE ou en garderie subventionnée recevraient une prime de 10 000 $.
Le plan famille prévoit aussi deux semaines supplémentaires de congé de paternité au RQAP et davantage de flexibilité. Quatre semaines de prestations seraient offertes au parent qui n’a pas porté l’enfant en cas de décès après la 20e semaine de grossesse ou après la naissance.
La CAQ promet enfin de verser 1 000 $ au REEE de chaque enfant né au Québec à compter de l’automne 2027. L’ensemble prolonge explicitement le modèle québécois de soutien public aux familles.
Le 31 août, la CAQ a proposé une bonification de 50 $ par mois du Supplément pour enfant handicapé (SEH) et de 100 $ par mois de chacun des deux paliers du Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels (SEHNSE). Le coût annoncé est de 30 millions par année, soit 120 millions sur quatre ans.
Le 30 septembre, la CAQ a ajouté une mesure en matière de procréation assistée. Un gouvernement Fréchette couvrirait par le régime public un deuxième cycle complet de fécondation in vitro, alors que le programme actuel couvre un premier cycle pour les personnes admissibles. La deuxième tentative serait offerte selon les mêmes modalités que le programme existant, notamment pour la stimulation ovarienne, le prélèvement d’ovules, la fécondation en laboratoire et le transfert d’embryon. La CAQ évalue le coût de cette bonification à environ 40 millions de dollars par année.
Rentrée scolaire et frais de garde
Le 7 septembre, la CAQ a ajouté deux mesures à son Plan Famille. Le supplément actuellement destiné à l’achat de fournitures scolaires serait transformé en Supplément pour la rentrée scolaire pouvant atteindre 250 $ par enfant, selon le revenu familial.
Le parti propose également un nouveau crédit d’impôt couvrant jusqu’à 75 % des frais admissibles de garde en milieu scolaire, pour un remboursement pouvant atteindre 1 309 $ par enfant. La CAQ estime que plus de 500 000 enfants pourraient être concernés et que certaines familles pourraient recevoir plus de 1 400 $ par enfant par année grâce aux mesures combinées.
Jeunesse, santé mentale et DPJ
Le 23 septembre, la CAQ a présenté 32,4 millions de dollars de mesures à inscrire au premier budget. Elle prévoit 22 millions sur quatre ans pour ouvrir 10 Aires ouvertes supplémentaires, en plus des 48 existantes. Ces points de service accueillent les 12 à 25 ans en santé mentale, dépendances, santé sexuelle et soutien psychosocial.
Une commission examinerait la santé mentale des jeunes de 6 à 16 ans, notamment les effets possibles de certains contenus et dynamiques sur les réseaux sociaux. Enfin, les jeunes placés en famille d’accueil pourraient y demeurer jusqu’à 20 ans s’ils étudient et si la famille accepte. Une enveloppe de 10,4 millions sur trois ans maintiendrait la rémunération des familles concernées.
Dépistage des cancers
Le 26 septembre, la CAQ a annoncé 217 millions de dollars pour accélérer et moderniser le dépistage de quatre cancers : sein, colorectal, poumon et col de l’utérus.
Le parti propose notamment d’élargir progressivement le Programme québécois de dépistage du cancer du sein aux femmes de 45 à 49 ans, alors qu’il vise actuellement les 50 à 74 ans. La CAQ veut également compléter le programme organisé de dépistage colorectal pour les 50 à 74 ans, avec invitations et rappels systématiques ainsi qu’un meilleur suivi des résultats anormaux.
Le financement permanent du programme de dépistage du cancer du poumon serait assuré, tandis que le déploiement du test VPH contre le cancer du col de l’utérus se poursuivrait. La CAQ prévoit également moderniser les systèmes informatiques nécessaires aux invitations, rappels et suivis.
Tarifs gouvernementaux et électricité
La CAQ propose de limiter à 3 % par année la hausse des tarifs résidentiels d’Hydro-Québec pendant la durée du prochain mandat.
Elle souhaite également maintenir certaines limites tarifaires gouvernementales après l’expiration de la mesure actuelle. Il s’agit d’un plafond sur les hausses, et non d’un gel complet des tarifs. La proposition ne signifie pas non plus que tous les coûts liés à l’énergie seraient plafonnés à 3 %.
Accès à la propriété
Le 7 septembre, la CAQ a également proposé de bonifier le crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation, actuellement plafonné à 1 400 $, afin qu’il puisse atteindre 7 000 $. La mesure s’appliquerait autant à l’achat d’une habitation neuve qu’à celui d’une propriété existante.
Cette bonification s’ajouterait au crédit remboursable pouvant atteindre 5 875 $ destiné à compenser les droits de mutation de certains premiers acheteurs, annoncé en avril 2026. Les deux mesures sont donc distinctes.
Sécurité publique
Le plan du 12 septembre comprend :
- 176,4 millions de dollars pour ajouter environ 300 policiers à la SQ et aux services municipaux;
- 50 procureurs supplémentaires au Directeur des poursuites criminelles et pénales;
- 24 millions pour la lutte contre la violence armée;
- 14 millions sur quatre ans pour deux pôles d’expertise technologique, à Montréal et à Québec;
- 13,3 millions pour des équipes mixtes de policiers, intervenants sociaux et professionnels de la santé à l’extérieur de ces deux villes.
Violence conjugale
La CAQ avait aussi annoncé, le 30 août, un plan consacré aux services destinés aux femmes victimes de violence conjugale. L’engagement représente 53,4 millions de dollars sur quatre ans.
La formation veut ajouter une ressource d’intervention dans chacune des 164 maisons d’hébergement et financer huit nouvelles maisons de première étape. Ces sommes s’ajouteraient aux crédits déjà annoncés dans le dernier budget, selon la présentation du parti.
Aînés
La CAQ promet aussi :
- 1 milliard de dollars supplémentaire en soutien à domicile;
- bonification de 200 $ du crédit destiné aux aînés;
- exemption fiscale pouvant atteindre 35 000 $ de revenu d’emploi pour certains travailleurs de 65 ans et plus dans des secteurs essentiels en pénurie;
- prothèses auditives : 40 millions de dollars par année, notamment pour couvrir un deuxième appareil lorsque les personnes admissibles au programme public en ont besoin; ouverture à la vente libre d’aides auditives homologuées par Santé Canada pour les pertes auditives légères à modérées;
- un crédit d’impôt pouvant atteindre 7 500 $ par domicile pour les familles qui adaptent leur résidence afin d’accueillir un proche aîné, une mesure évaluée à 4 millions de dollars par année et visant environ 500 familles;
- le financement de 2 000 logements abordables supplémentaires pour les aînés autonomes, pour un investissement direct annoncé de 225 millions de dollars.
Le 20 septembre, la CAQ a ajouté 200 millions de dollars à son Plan Aînés afin de développer, avec des partenaires privés, près de 500 nouvelles places d’hébergement. Le modèle proposé réunirait différents niveaux de soins et de services dans un même milieu afin qu’une personne puisse y demeurer lorsque ses besoins évoluent. Les partenaires privés pourraient notamment fournir le terrain, construire et exploiter les bâtiments, tandis que le gouvernement financerait une partie de la construction ainsi que les services aux résidents.
La formation veut également simplifier les règles entourant les milieux hybrides combinant des places en RPA et en ressources intermédiaires, afin de faciliter la continuité entre différents niveaux d’autonomie.
L’exemption fiscale proposée pour certains travailleurs de 65 ans et plus illustre bien la philosophie caquiste : utiliser la fiscalité pour orienter certains comportements jugés souhaitables plutôt que réduire uniformément le fardeau fiscal.
Construction et logement
Le parti veut revoir certaines règles du Code de construction en fonction du risque réel des bâtiments, réduire les délais et les dédoublements administratifs pour certains projets résidentiels et soustraire les rénovations légères dans les immeubles résidentiels de moins de huit logements à l’application de la loi R-20. La CAQ prévoit également une consultation avec l’industrie afin de revoir plus largement l’encadrement de la construction résidentielle, tout en maintenant les exigences de qualification et de sécurité des travailleurs.
Itinérance
Le 2 septembre, la CAQ a présenté un plan visant à prévenir et à réduire l’itinérance. Un gouvernement Fréchette prévoit près de 100 millions de dollars supplémentaires pour bonifier les mesures d’aide et d’accompagnement au logement.
Le parti propose notamment l’ajout de 1 000 suppléments au loyer destinés à la prévention de l’itinérance ainsi que de 1 000 suppléments au loyer avec accompagnement pour des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. La CAQ souhaite également élaborer un nouveau plan d’action national en itinérance avec les villes, la société civile et le gouvernement fédéral au début du prochain mandat.
Infrastructures sportives, récréatives et scolaires
Le 4 septembre, la CAQ s’est engagée à investir 650 millions de dollars dans le développement et l’amélioration des infrastructures sportives et récréatives.
L’enveloppe serait répartie en trois volets : 300 millions de dollars pour les infrastructures récréatives, sportives et de plein air, 200 millions pour la construction de gymnases dans les écoles et 150 millions pour la rénovation et l’amélioration des cours d’école.
Infrastructures publiques
Le 9 septembre, la CAQ a présenté un nouveau volet consacré à la réalisation des infrastructures publiques. Pour chaque projet public de plus de 10 millions de dollars, le gouvernement évaluerait dès le départ le mode de réalisation offrant, selon lui, la meilleure valeur aux contribuables, notamment les modes collaboratifs et les partenariats public-privé.
Le parti souhaite également impliquer les entrepreneurs plus tôt dans la conception des projets, créer un catalogue québécois de modèles et de composantes standardisés et déposer un projet de loi inspiré de « Q5 » afin d’accélérer les projets prioritaires. Certains projets désignés pourraient ainsi obtenir une seule autorisation gouvernementale plutôt que de multiplier les permis et démarches.
Éducation : écoles clandestines et enseignement à la maison
Le 1er octobre, la CAQ a annoncé un resserrement de l’encadrement des écoles clandestines et de l’enseignement à la maison. Elle propose de remplacer la dispense actuelle pour l’enseignement à domicile par une autorisation ministérielle pouvant être retirée lorsque l’apprentissage de l’enfant est compromis.
Le plan prévoit également un permis ministériel pour les centres d’apprentissage, de tutorat et de soutien scolaire, avec le pouvoir de faire cesser les activités non autorisées, ainsi qu’une définition légale plus précise du tutorat. La CAQ veut aussi accorder de nouveaux leviers à la DPJ en cas de présomption de situation sectaire ou de non-fréquentation scolaire et renforcer les amendes et les infractions applicables. Le communiqué ne chiffre pas les coûts administratifs de ce nouveau régime.
Capitale-Nationale : écoles et mobilité
Le 11 septembre, la CAQ a présenté sa plateforme pour la grande région de Québec. Elle prévoit près de 800 millions de dollars pour la construction et la rénovation d’écoles, avec 15 nouveaux projets s’ajoutant à six projets déjà en construction. Les engagements comprennent notamment de nouvelles écoles primaires, une école secondaire à Beauport, des agrandissements et des investissements en formation professionnelle.
En transport, la CAQ réaffirme la poursuite du troisième lien, du tramway et du réaménagement de la tête des ponts. Christine Fréchette maintient son projet de troisième lien autoroutier à l’est, réalisé avec le privé. Le parti promet également un pont d’étagement Robert-Bourassa–Lebourgneuf évalué à 150 millions de dollars, ainsi que des travaux sur les routes 116 et 132 dans l’ouest de Lévis.
La septième voie réversible sur le pont Pierre-Laporte, promise pendant la course à la chefferie, ne figure toutefois pas dans la plateforme régionale. Questionnée le 11 septembre, Christine Fréchette a indiqué que cette option demeurait envisagée, sans renouveler un engagement ferme à la réaliser.
La plateforme réaffirme aussi la poursuite de la phase 4 de la promenade Samuel-De Champlain. La cheffe s’engage à soutenir la candidature de Québec pour une exposition internationale sur l’eau en 2033, à l’occasion du 425e anniversaire de la ville. Le parti souhaite enfin privilégier Québec pour l’installation de nouvelles fonctions stratégiques de l’État et l’accueil de grandes rencontres gouvernementales et diplomatiques.
Engagements pour Trois-Rivières
Le 19 septembre, Christine Fréchette a présenté un ensemble d’engagements locaux : agrandir le Centre hospitalier affilié universitaire régional, notamment en santé mentale, en pharmacie et en obstétrique; construire une école secondaire; agrandir l’école Le P’tit Bonheur; ajouter trois gymnases et soutenir une piscine dans le secteur du Cap-de-la-Madeleine.
Le plan comprend aussi des interventions en itinérance et en santé mentale, des améliorations de sécurité à la liaison des autoroutes 40 et 55, un parc industriel expérimental, des formations en robotique, en IA et en aérospatiale, ainsi que le développement du port et de marchés d’exportation. Le communiqué ne donne pas de coût global consolidé. Ces projets doivent être distingués des enveloppes nationales auxquelles ils pourraient être rattachés.
Régions, commerces de proximité et patrimoine
Le 25 septembre, la CAQ a annoncé 200 millions de dollars de nouveaux investissements destinés aux régions. La formation promet notamment de tripler, dès le prochain budget, les investissements consacrés aux commerces de proximité en région afin de maintenir des services comme les épiceries, dépanneurs et stations-service dans les communautés plus fragiles.
De cette enveloppe, 100 millions de dollars sont explicitement réservés à la requalification de bâtiments patrimoniaux. La CAQ prévoit lancer un appel de projets chaque année et revoir certaines exigences du Code du bâtiment afin de faciliter la conversion d’églises, de presbytères, de couvents ou d’autres bâtiments patrimoniaux en logements, espaces communautaires, lieux de travail ou équipements culturels.
La formation promet également d’élaborer avec les municipalités une stratégie nationale de prévention des feux de forêt. Une partie qualifiée de « significative » du Fonds d’électrification et de changements climatiques serait consacrée à l’adaptation des communautés et des infrastructures aux feux, aux inondations et aux autres événements climatiques extrêmes. Le communiqué ne chiffre toutefois pas cette portion du FECC.
Pour le pont sur le Saguenay, Christine Fréchette a promis au début de septembre un appel d’intérêt international dans les 100 premiers jours d’un prochain mandat. Cette étape de préparation ne constitue pas un calendrier confirmé de construction ou de livraison.
Forêt et régions
Le 8 septembre, la CAQ a présenté un Pacte forestier visant à donner davantage de pouvoir aux régions dans la gestion des forêts. Le parti souhaite lancer des projets pilotes afin de tester des modèles de gestion mieux adaptés aux réalités régionales, puis tenir un Chantier national sur la forêt réunissant notamment les régions, l’industrie et les Premières Nations.
La CAQ s’engage ensuite à réformer le régime forestier en fonction des résultats de ces travaux. Elle prévoit également 144 millions de dollars supplémentaires pour moderniser les usines, accélérer l’innovation, favoriser la construction en bois et adapter les programmes d’aide aux entrepreneurs forestiers, avec l’objectif de réduire la dépendance de l’industrie québécoise au marché américain.
Accès à la nature
Le 3 septembre, la CAQ a présenté un plan visant à améliorer l’accès des Québécois aux parcs, aux berges et aux plans d’eau. La formation prévoit notamment un investissement de 200 millions de dollars au Plan québécois des infrastructures afin de consolider et d’agrandir le réseau de la SÉPAQ, notamment par l’agrandissement de parcs, l’aménagement de nouveaux sites et le développement de l’offre d’hébergement.
La CAQ veut également instaurer une tarification préférentielle pour les résidents du Québec dans les parcs de la SÉPAQ, les visiteurs de l’extérieur du Québec devant payer davantage.
Pour améliorer l’accès aux plans d’eau, le parti propose que, lors de la vente d’un terrain public riverain, 20 % de la berge demeure accessible au public ou soit réservée à des fins récréatives. Il souhaite également modifier la législation afin de mieux protéger en matière de responsabilité civile les propriétaires riverains qui permettent gratuitement au public d’accéder à leur berge.
Le 10 septembre, Christine Fréchette a également annoncé un investissement de 70 millions de dollars pour prolonger la promenade Samuel-De Champlain, de l’Étang de la Côte à la chute Montmorency, dans les battures de Beauport. Cet engagement concerne la quatrième phase du projet et s’inscrit dans les propositions régionales de la CAQ pour la Capitale-Nationale.
Chasse, pêche et véhicules hors route
Le 29 septembre, la CAQ a annoncé près de 55 millions de dollars par année pour soutenir la chasse, la pêche et la pratique des véhicules hors route. La principale mesure consiste à rendre gratuits les permis de chasse et de pêche pour les résidents du Québec, pour un coût estimé par le parti à 49,62 millions de dollars par année.
La formation prévoit également 5 millions de dollars par année pour les associations et fédérations responsables de l’entretien des sentiers fédérés et des chemins multiusages utilisés notamment par les motoneigistes et les utilisateurs de véhicules tout-terrain. Le Québec compte environ 60 000 kilomètres de sentiers fédérés et près de 490 000 kilomètres de chemins multiusages, selon les données citées par la CAQ.
Le parti présente ces mesures à la fois comme un soutien au coût de la vie des utilisateurs et comme une politique de développement touristique et économique des régions.
Agriculture
Le 9 septembre, la CAQ a présenté un nouveau plan destiné au secteur agricole, évalué à 56 millions de dollars. La formation souhaite notamment maintenir le remboursement aux producteurs agricoles des coûts liés au marché du carbone et bonifier certains programmes d’accompagnement et de services-conseils.
Le parti propose également de porter la contribution gouvernementale au Fonds d’investissement pour la relève agricole (FIRA) de 50 à 100 millions de dollars, de simplifier certaines autorisations environnementales en appliquant notamment une logique de réduction réglementaire et de faciliter le transfert des entreprises agricoles. La CAQ réaffirme également son soutien au système de gestion de l’offre.
Le 2 octobre, la CAQ a ajouté une Politique nationale de l’érable à son volet agricole. Elle prévoit d’accroître la recherche sur les effets des changements climatiques et des ravageurs sur l’érable à sucre, d’augmenter les tests d’authenticité effectués par le Centre ACER et de hausser substantiellement les amendes liées à la fraude alimentaire.
Dans le cadre du Chantier sur la forêt, la formation veut réserver à long terme des superficies à potentiel acéricole et préparer leur mise en valeur. Le communiqué réaffirme l’engagement de réserver 50 000 hectares en forêt publique et indique que de nouvelles superficies pourraient s’y ajouter. Les 50 000 hectares ne doivent donc pas être comptabilisés une seconde fois comme une nouvelle promesse du 2 octobre.
La politique vise également à diversifier les marchés d’exportation afin de réduire la dépendance envers les États-Unis, à limiter les effets des grands projets énergétiques sur le potentiel acéricole et à permettre aux cabanes à sucre d’étirer leur saison, possiblement jusqu’à six mois, afin de développer leur offre agrotouristique tout en maintenant la protection du territoire agricole.
Alcools québécois et accès au marché
Le 12 septembre, la CAQ a proposé de retirer certaines barrières à la commercialisation des alcools québécois.
Les spiritueux fabriqués à partir de produits agricoles québécois pourraient être vendus dans les marchés publics, tout comme la bière des microbrasseries. Le parti souhaite également élargir le réseau des agences de la SAQ, permettre la vente dans certaines zones d’épiceries et autoriser la livraison commerciale directement par les producteurs artisanaux.
La CAQ veut aussi que le Québec adhère à une entente pancanadienne facilitant la vente directe d’alcool entre les provinces.
Le parti affirme que ces mesures n’auraient pas de coût budgétaire direct. Les taxes applicables et la majoration de la SAQ seraient toutefois maintenues. Il ne s’agit donc pas d’une abolition générale du monopole ni d’une baisse automatique de la fiscalité sur l’alcool.
Saint-Laurent, ports et construction navale
Le 20 septembre, la CAQ a présenté la stratégie Horizon Saint-Laurent, dotée de près de 390 millions de dollars. Le principal volet prévoit 300 millions de dollars pour les infrastructures portuaires le long du Saint-Laurent. Le parti veut utiliser cette somme comme levier pour attirer environ 2 milliards de dollars d’investissements fédéraux et privés, notamment à Québec, Montréal, Trois-Rivières, Contrecœur, Sept-Îles, Rimouski, Cacouna et Gaspé.
La stratégie comprend aussi 90 millions de dollars pour la construction navale, des grands chantiers aux PME et aux centres de recherche. La CAQ souhaite organiser un sommet des grands ports de la Francophonie afin de développer de nouveaux corridors commerciaux avec l’Europe et l’Afrique du Nord et nommer un envoyé spécial au développement du Saint-Laurent et au commerce maritime.
Le 19 septembre, la CAQ avait également promis 26 millions de dollars sur quatre ans pour pérenniser le réseau de navettes fluviales de la région métropolitaine. Le service deviendrait une composante permanente du transport collectif et sa saison serait prolongée jusqu’au 1er novembre.
Culture et production audiovisuelle
Le 27 septembre, la CAQ a présenté de nouveaux engagements pour le cinéma et la télévision québécois. Elle propose la création d’un fonds de 200 millions de dollars pour la pluralité de la production audiovisuelle indépendante québécoise.
La formation veut également élargir le crédit d’impôt de base à certaines téléréalités québécoises, bonifier de 10 % la composante destinée à attirer les productions étrangères et ajouter 100 millions de dollars au financement intérimaire du crédit d’impôt à la production cinématographique et télévisuelle québécoise, portant cette enveloppe à 200 millions.
Ces mesures s’ajouteraient à la Stratégie québécoise de l’audiovisuel de 609,6 millions de dollars annoncée avant la campagne; elles ne doivent donc pas être confondues avec cette enveloppe existante.
Le 2 octobre, la CAQ a proposé une programmation nationale annuelle consacrée à l’histoire, à la culture et à la langue du Québec, qui se déroulerait de la Journée nationale des patriotes jusqu’à la Fête nationale. La formation chiffre cette mesure à 22 millions de dollars par année.
L’enveloppe serait répartie entre 6 millions de dollars pour un « Passeport de l’histoire », notamment destiné aux jeunes, 15 millions pour des célébrations et des activités régionales regroupées sous l’appellation « Le Québec se raconte », et 1 million pour des activités de médiation et de diffusion au Musée national de l’histoire, dans les bibliothèques et à Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Soins vétérinaires
Le 17 septembre, la CAQ a proposé d’obliger les cliniques vétérinaires à afficher publiquement leurs prix, en ligne et dans leurs locaux, pour plusieurs services courants comme les consultations, la vaccination, la stérilisation et certains soins dentaires.
Le parti veut aussi renforcer les moyens de l’Ordre des médecins vétérinaires pour encadrer les objectifs de vente, commissions et autres incitatifs commerciaux, confier davantage d’actes aux techniciens en santé animale et accroître la concurrence dans la distribution des médicaments en donnant plus de responsabilités à d’autres professionnels, notamment les pharmaciens.
Municipalités, infrastructures et itinérance
Le 18 septembre, la CAQ a annoncé un fonds d’urgence de 250 millions de dollars pour l’itinérance, qui s’ajouterait aux 100 millions supplémentaires déjà promis en aide et accompagnement au logement.
Pour les infrastructures municipales, le parti propose de fusionner plusieurs programmes en un transfert annuel et prévisible et d’y ajouter 1 milliard de dollars, à compter de 2027. Les infrastructures essentielles d’eau seraient prioritaires; une fois celles-ci jugées en bon état, les municipalités pourraient affecter le financement restant à d’autres priorités.
La CAQ propose enfin de retirer la disposition permettant au ministre de l’Éducation d’exiger d’une municipalité la cession gratuite d’un terrain destiné à un centre de services scolaire.
Autonomie du Québec, immigration et compétences fédérales
Le 26 septembre, Christine Fréchette a présenté six engagements visant à renforcer l’autonomie du Québec au sein du Canada. Un gouvernement caquiste déposerait dès l’ouverture de la prochaine session une nouvelle version de la Constitution du Québec et renouvellerait, lorsque nécessaire, les dispositions de souveraineté parlementaire protégeant notamment les lois québécoises sur la laïcité, la langue et l’éducation.
La CAQ promet également d’entreprendre de nouvelles démarches auprès d’Ottawa afin de rapatrier des pouvoirs supplémentaires. En immigration, elle maintiendrait environ 45 000 admissions permanentes par année, poursuivrait la régionalisation et rendrait obligatoire la participation à Objectif Intégration pour les personnes souhaitant obtenir la résidence permanente au Québec.
La formation propose enfin un projet de loi visant à prioriser l’accès des Québécois à certains services. Le communiqué ne définit toutefois pas complètement la portée de cette priorité ni l’ensemble des services et catégories de personnes auxquels elle s’appliquerait.
Mode de scrutin
Le 29 septembre, Christine Fréchette a indiqué que la CAQ ne prévoyait pas de réforme du mode de scrutin. Cette déclaration confirme le maintien du système actuel dans son projet de gouvernement.
Le test de crédibilité
La CAQ peut être jugée sur huit années de gouvernement. Elle annonce 2 900 suppressions de postes et 507 millions de dollars d’économies sur cinq ans, tout en ajoutant des engagements dans de nombreux secteurs. Elle doit expliquer pourquoi les réformes proposées n’ont pas déjà produit les résultats attendus.
Le dossier informatique SIFA illustre cet enjeu : La Presse Canadienne rapportait le 14 septembre un coût autorisé de 329,4 millions et des estimations de risque pouvant atteindre 1 milliard, contestées par France-Élaine Duranceau. Ces chiffres ne constituent pas une facture finale acquittée; les hypothèses de coûts et les économies obtenues devraient être publiques.
Le cadre attend 4,357 milliards de transferts fédéraux supplémentaires. Il conserve des écarts à résorber de 1,85 milliard en 2028-2029, puis de 2 milliards en 2029-2030 et en 2030-2031. Ses provisions totalisent 3 milliards sur cinq ans, soit 5 milliards de moins que le scénario de référence. L’équilibre dépend donc de revenus attendus et de mesures restant à identifier, avec une réserve réduite.
L’ajustement lié à la mégadéduction nécessite un tableau actualisé : retombées de croissance et recentrage des crédits doivent être isolés des revenus déjà prévus. Les annonces postérieures au cadre, qu’elles concernent les aînés, les navettes fluviales, la jeunesse, les régions ou les permis de chasse et de pêche, ne s’ajoutent pas automatiquement aux 9,2 milliards d’engagements.
Le plan régional de 200 millions attribue 100 millions au patrimoine sans détailler entièrement le solde ni la portion du FECC destinée à l’adaptation. Les nouvelles mesures annuelles exigent également un horizon de financement. Pour toutes les réformes, les économies doivent être nettes de la sous-traitance et mesurées avec les délais et l’accès aux services : supprimer des postes ne démontre pas à lui seul un gain d’efficacité.
La couverture d’un deuxième cycle de FIV représente par ailleurs environ 40 millions de dollars de dépenses récurrentes par année. Comme cette annonce est postérieure au dépôt du cadre financier, il faudra préciser si elle était déjà provisionnée dans les engagements électoraux ou si elle s’y ajoute.
Mot de l’éditeur
La CAQ reste d’abord le parti de la gestion du modèle québécois. Elle cherche à améliorer la prestation des services par la numérisation, la standardisation et, dans certains domaines, une concurrence accrue. Ces changements peuvent produire des gains réels et doivent être jugés sur leurs résultats.
La limite de cette approche tient au nombre de responsabilités conservées ou ajoutées. Chaque nouveau crédit ciblé et chaque politique sectorielle peuvent aussi rendre l’ensemble plus complexe. Un État peut devenir plus rapide dans ses interventions tout en occupant davantage de place dans la vie économique.
Après huit années de gouvernement caquiste, la promesse d’efficacité doit donc être confrontée au bilan, aux moyens annoncés et à des objectifs vérifiables. La CAQ demande une nouvelle fois les clés du garage; les électeurs sont en droit d’exiger davantage qu’un nouveau devis.
PLQ — Plus de marché, mais sans véritablement réduire l’État
Avec Charles Milliard, le Parti libéral cherche manifestement à retrouver une identité économique plus favorable à l’entreprise, à la construction et à la croissance.
Sa ligne économique consiste à faire respirer davantage l’économie privée sans renoncer à l’essentiel de l’interventionnisme québécois.
Entreprises et réglementation
Le PLQ propose :
- un moratoire sur les nouvelles réglementations alourdissant les obligations des PME et municipalités;
- une règle de « deux pour un », soit deux exigences administratives supprimées pour toute nouvelle obligation;
- des délais obligatoires de réponse de l’administration;
- réduction progressive de l’impôt des PME de 11,5 % à 10 %;
- exemption de base sur certaines cotisations au Fonds des services de santé;
- meilleur accès des PME québécoises aux marchés publics;
- réduction des barrières commerciales interprovinciales.
Ce volet rapproche le PLQ d’une politique économique favorable à la liberté d’entreprendre.
Le cadre chiffre une exemption de base de 500 000 $ au Fonds des services de santé. Il prévoit aussi un congé temporaire de cotisations pour les entreprises frappées par les tarifs, évalué à 600 millions de dollars sur 2026-2027 et 2027-2028. Ce congé est distinct de l’exemption permanente proposée.
Le PLQ veut convertir 25 % de l’aide destinée aux PME admissibles en aide non remboursable. Sa politique industrielle vise une contribution manufacturière de 15 % du PIB en 2035, contre 12 % dans sa présentation de départ.
Éducation
Le PLQ promet 1 000 ressources spécialisées supplémentaires dans les écoles publiques à partir de 2027-2028 : 400 équivalents temps plein professionnels — orthopédagogues, psychoéducateurs, psychologues et orthophonistes — et 600 postes de techniciens en éducation spécialisée. Il veut ainsi intervenir plus tôt auprès des élèves en difficulté.
Le parti prévoit aussi des états généraux sur l’éducation, la modernisation de l’aide financière aux études et la compensation des stages dans le réseau public. Pour ces stages, le cadre inscrit 375 millions par année de 2028-2029 à 2030-2031, soit 1,125 milliard sur trois ans.
Famille et services de garde
Le plan du 14 septembre prévoit 5 000 nouvelles places en CPE sur cinq ans et la conversion de 10 000 places existantes en places subventionnées. Il combine donc augmentation de la capacité et réduction du coût de places déjà offertes.
Le PLQ ajouterait deux semaines au congé parental partageable du RQAP. Les parents qui y renonceraient pourraient recevoir les prestations correspondantes. Il propose aussi quatre semaines de prestations au père en cas de deuil périnatal et une révision de la politique familiale.
Langue française
Le PLQ propose un plan de 380 millions de dollars additionnels sur quatre ans consacré à la langue française. Sa page actuelle d’engagements précise 138,41 millions pour la francisation sur quatre ans et une cible de six semaines d’attente pour accéder aux services.
Le plan comprend également des mesures touchant la lecture, la réussite scolaire en français, la lutte contre l’analphabétisme, la découvrabilité des contenus francophones et le développement des échanges économiques avec les marchés de la francophonie.
Laïcité
Le 29 septembre, Charles Milliard a déclaré qu’il ne modifierait pas, pour l’instant, les mesures caquistes de laïcité, y compris les restrictions sur les signes religieux dans les écoles. Selon ses propos rapportés par TVA Nouvelles, il préfère attendre une décision de la Cour suprême, tout en reconnaissant des situations d’exclusion. Il s’agit d’une position sur le maintien des règles, sans nouvelle mesure budgétaire chiffrée.
Culture
Lors du débat consacré à la culture du 9 septembre, le représentant du PLQ s’est engagé à ce qu’un gouvernement libéral n’effectue aucune coupe dans le secteur culturel. Le parti souhaite également protéger les budgets consacrés à l’achat de livres et aux sorties culturelles scolaires, et propose de remettre un livre jeunesse québécois en français à chaque élève du primaire à la fin de l’année scolaire.
Le PLQ veut aussi faire de Télé-Québec une porte d’entrée privilégiée des jeunes vers les contenus québécois et soutenir les créateurs qui utilisent les nouveaux médias et les réseaux sociaux. Ces engagements complètent son plan consacré à la langue française.
Le 27 septembre, le PLQ a complété sa plateforme culturelle avec 235 millions de dollars supplémentaires sur quatre ans. Le parti propose notamment un fonds de 40 millions de dollars pour la production audiovisuelle et musicale québécoise. À défaut d’une entente avec les grandes plateformes étrangères, il souhaite utiliser les leviers du Québec afin d’obtenir une contribution équivalant à 3 % pour alimenter ce fonds.
Le parti prévoit également 5 millions de dollars supplémentaires par année pour les programmes de promotion et de découvrabilité de la SODEC, une hausse de 20 % du Programme d’aide au fonctionnement des institutions muséales — soit environ 5,3 millions de dollars supplémentaires par année — ainsi qu’un programme de 5 millions par année pour favoriser la diffusion culturelle dans les régions.
Le PLQ propose aussi d’interdire aux organisations culturelles subventionnées d’utiliser l’intelligence artificielle pour leurs outils promotionnels, de doubler de 4 % à 8 % la part minimale des placements publicitaires gouvernementaux destinée aux médias communautaires et de moderniser certains mécanismes de soutien à la philanthropie culturelle.
Logement
Le parti se fixe un objectif de 100 000 nouveaux logements par année à terme.
Pour y parvenir, il mélange incitatifs au marché et intervention publique :
- remboursement de 36 % de la TVQ sur une maison ou un condo neuf d’une valeur maximale de 500 000 $, jusqu’à concurrence de 10 000 $, avec une bonification pouvant porter le remboursement à 30 000 $ pour certains plex occupés par leur propriétaire;
- 1,5 milliard de dollars pour contribuer à la construction et à l’acquisition de 40 000 logements sociaux et abordables sur cinq ans;
- objectif de porter à 20 % la proportion de logements hors marché d’ici 2050.
C’est probablement le meilleur exemple du libéralisme québécois moderne : déréglementer d’une main et subventionner de l’autre.
Le 29 septembre, le PLQ a réaffirmé les cibles de 100 000 logements par année et de 40 000 logements sociaux et abordables sur cinq ans. Il a aussi rappelé le plafonnement des hausses en RPA, le rehaussement du supplément au loyer et la prévention des évictions menant à la rue. Le communiqué ne donne ni nouvelle enveloppe globale ni nouveaux paramètres chiffrés; il ne faut donc pas additionner une deuxième fois les cibles précédentes.
Agriculture et régions
Le PLQ propose également un plan de 560 millions de dollars sur quatre ans destiné au secteur agricole. Le parti veut notamment revoir l’utilisation de certaines sommes provenant du secteur agricole dans le Fonds vert, réformer la Financière agricole du Québec et améliorer l’accès au financement pour la relève.
Le plan comprend aussi une simplification du transfert des fermes, un allègement réglementaire dans le secteur agroalimentaire, le développement de pôles logistiques régionaux et une présence accrue des aliments québécois dans les écoles, les hôpitaux et les autres institutions publiques.
Forêt
Le PLQ réaffirme son engagement à réformer le régime forestier dès la première année : planification plus prévisible, allègement administratif, coopération avec l’industrie et les communautés autochtones, et décisions mieux adaptées aux régions.
Il veut accroître l’utilisation du bois québécois dans la construction et soutenir les PME et les chaînes d’approvisionnement forestières. Les interventions du 20 septembre précisent une orientation formulée auparavant plutôt qu’un engagement entièrement nouveau.
Accès à la nature et tourisme
Le 26 septembre, le PLQ a proposé de rendre les accès quotidiens aux 23 parcs nationaux de la Sépaq gratuits pour les résidents du Québec et des autres provinces et territoires canadiens, afin de favoriser le plein air, la prévention et le tourisme régional.
Il veut aussi interdire les clauses empêchant les établissements d’hébergement d’offrir directement des prix, rabais ou conditions plus avantageux que ceux affichés sur les plateformes de réservation.
Environnement et adaptation climatique
Le PLQ maintiendrait le marché du carbone et l’interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Il retient une réduction des GES de 37,5 % sous le niveau de 1990 d’ici 2035 et la protection de 30 % du territoire d’ici 2030.
Il propose un portrait québécois des PFAS, une planification pour prévenir les pénuries d’eau et un certificat de résilience aux inondations. Les investissements du FECC seraient progressivement rééquilibrés selon la contribution des secteurs aux émissions, et les infrastructures municipales devraient être adaptées aux événements extrêmes.
Infrastructures
Le PLQ propose de porter le Plan québécois des infrastructures à 195 milliards de dollars sur dix ans à compter de 2027. Il souhaite consacrer 75 % du PQI au maintien des actifs, jusqu’à ce qu’au moins 80 % des infrastructures publiques soient évaluées dans un état satisfaisant ou mieux.
Le parti veut également étendre l’horizon de planification du PQI à 25 ans et faire passer la part consacrée aux infrastructures municipales de 4,4 % à 8 % pendant un premier mandat, puis maintenir cette proportion.
Le 6 septembre, Charles Milliard a aussi promis de compléter l’élargissement à quatre voies de l’autoroute 50, une annonce qui s’ajoute à son programme d’infrastructures.
Le 22 septembre, le PLQ s’est également engagé à aller de l’avant, durant un premier mandat, avec l’élargissement de l’autoroute 30 entre Brossard et Boucherville. Le projet ajouterait une voie dans chaque direction, nécessiterait le réaménagement de certaines bretelles et de certains échangeurs et prévoirait une gestion dynamique des nouvelles voies afin de pouvoir les réserver notamment au transport collectif et au covoiturage. Aucun coût n’a été annoncé au moment de l’engagement.
Le projet n’est toutefois pas entièrement nouveau dans la planification gouvernementale : l’élargissement de ce tronçon de l’A-30 est inscrit en planification depuis décembre 2020 au tableau de bord québécois des infrastructures. L’engagement libéral consiste donc surtout à promettre d’en faire avancer la réalisation durant un premier mandat et à en préciser l’utilisation.
Sur le troisième lien Québec-Lévis, Milliard a précisé le 6 septembre qu’il ne commanderait pas de nouvelles études : il souhaite consulter celles qui existent déjà. Il conserve un « préjugé favorable » au projet, mais sans promettre formellement sa réalisation durant un premier mandat.
Engagements pour l’Est de Montréal
Le 21 septembre, le PLQ a promis une modernisation par phases de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, au PQI, avec financement et calendrier à établir. Il veut renforcer la première ligne, compléter la ligne bleue et dégager un consensus sur le transport structurant de l’Est, sans choisir entre REM et tramway.
Le regroupement comprend aussi du logement près des stations, la protection du parc existant, la décontamination et la réutilisation des terrains, et la revitalisation commerciale. Aucune enveloppe globale n’est présentée.
Engagements dans Orford et à Magog
Lors de sa visite du 24 septembre, Charles Milliard a appuyé le renforcement des effectifs de l’hôpital de Magog et une plus grande autonomie décisionnelle locale, tout en maintenant Santé Québec. Les engagements évoqués comprennent l’agrandissement de l’école secondaire de la Ruche, la rénovation d’Orford Musique, la protection du lac Memphrémagog et l’amélioration de la couverture cellulaire.
Le projet d’Orford Musique est évalué à 40 millions de dollars au total, avec une campagne de financement de 10 millions. Les parts gouvernementales restent à établir : il serait inexact de présenter les 40 millions comme une promesse de subvention provinciale. La protection du lac comprend l’interdiction de rejets dans son bassin et la lutte contre les polluants et les espèces envahissantes.
Santé et itinérance
Le PLQ veut mettre sur pied une plateforme publique de télésanté accessible à l’ensemble des Québécois et intégrée à la première ligne. Le service reposerait sur une approche interdisciplinaire permettant d’orienter le patient, selon ses besoins, vers le professionnel approprié — notamment une infirmière, un assistant médical ou un médecin — tandis que les soins nécessitant un examen physique continueraient d’être offerts en personne.
Le communiqué du 30 septembre ajoute une relance progressive des ratios sécuritaires entre professionnels et patients. Leur application serait adaptée aux milieux cliniques, aux réalités régionales et à la disponibilité du personnel. L’annonce ne fixe pas une enveloppe distincte pour cette mise en œuvre.
Il propose également 60 millions de dollars supplémentaires par année dans une stratégie visant à progresser vers « l’itinérance zéro ».
Le 17 septembre, le PLQ a aussi promis 200 millions de dollars supplémentaires pour renforcer les équipes de proximité et faire des CLSC des points d’ancrage du réseau. Les sommes serviraient notamment à renforcer les soins, la santé mentale, le soutien psychosocial et la prévention, tout en donnant aux CLSC davantage de latitude pour adapter leurs services aux besoins locaux.
Le cadre prévoit également 375 millions de dollars sur quatre ans pour la parité salariale en santé en Outaouais : 90 millions en 2027-2028, puis 92, 95 et 98 millions dans les exercices suivants.
Prévention en santé
Le PLQ propose de faire passer progressivement les investissements en prévention à 5 % du budget québécois de la santé d’ici la fin de la prochaine décennie.
Le parti souhaite notamment envoyer automatiquement aux citoyens des invitations personnalisées pour les dépistages, les vaccinations et les examens recommandés selon leur âge, leur sexe et leurs facteurs de risque.
La formation veut aussi élargir les programmes organisés de dépistage du cancer, renforcer la prévention des maladies chroniques et favoriser de meilleures habitudes de vie.
Aînés et RPA
Le PLQ propose un plafond annuel aux hausses de loyer et des services déjà reçus en RPA. Pour le dépasser, la résidence devrait justifier l’augmentation devant le TAL; le résident n’aurait plus à porter seul la démarche de contestation.
Le parti veut éviter que l’encadrement entraîne une réduction des soins et accompagner les petites RPA et les établissements régionaux offrant des coûts abordables. Il propose aussi d’harmoniser inspections et redditions de comptes pour supprimer des dédoublements administratifs.
Soutien à domicile et proches aidants
Le 11 septembre, le PLQ a annoncé 700 millions de dollars supplémentaires en soutien à domicile, sans préciser leur horizon dans le communiqué, et 80 millions sur quatre ans pour l’adaptation des logements. Il veut élargir le PEFSAD aux services à la personne.
Pour les proches aidants, il propose de revoir le crédit d’impôt et de protéger la rente de retraite de ceux qui réduisent ou interrompent leur travail. Les crédits destinés aux aînés seraient simplifiés. Le plan comprend aussi 200 millions sur quatre ans pour les organismes communautaires, avec financement à la mission plus prévisible et exigences allégées.
Réduction et modernisation de l’État
Le plan du 9 septembre vise la suppression de l’équivalent de 12 000 postes à temps complet sur cinq ans, principalement en administration et en gestion, avec maintien des services de première ligne. Le PLQ estime les économies récurrentes à terme à 1,7 milliard de dollars, dont 300 millions dès 2027-2028. Il propose moins de paliers hiérarchiques, davantage d’autonomie et d’automatisation, ainsi que la fin du financement public des campagnes servant essentiellement à promouvoir le gouvernement.
Le 10 septembre, Charles Milliard a précisé qu’il retirerait l’obligation uniforme de présence au bureau trois jours par semaine. Les gestionnaires détermineraient les besoins selon les tâches et les résultats, sans garantir un nombre fixe de journées de télétravail à tous les employés.
Le 18 septembre, le PLQ a proposé une Agence numérique Québec, rattachée au ministère de la Cybersécurité et du Numérique, dotée de 50 millions par année. Elle réunirait une expertise interne mieux rémunérée pour réduire la dépendance aux firmes privées. Le parti estime les économies numériques à terme à 500 millions, soit 7,5 % des dépenses prévues d’ici 2031, et promet de publier les avis ministériels sur les projets de plus de 25 millions amorcés sous la CAQ.
Il veut enfin une loi-cadre sur le développement et le déploiement de l’IA, avec maintien d’une responsabilité humaine pour les décisions publiques qui touchent directement un citoyen.
Jeux en ligne et marché prédictif
Dans son plan de modernisation de l’État du 9 septembre, le PLQ propose aussi d’élargir le mandat de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) aux plateformes de jeu en ligne. Il veut encadrer la publicité et protéger les mineurs, faire financer par l’industrie un organisme indépendant de prévention de la dépendance et confier à la RACJ et à l’Autorité des marchés financiers (AMF) l’encadrement des marchés prédictifs.
Cadre financier
Présenté le 13 septembre, le cadre financier du PLQ chiffre à 11,916 milliards de dollars sur cinq ans les engagements détériorant le solde : 5,990 milliards de nouvelles dépenses, 1,801 milliard lié aux engagements d’infrastructures dans ce calcul budgétaire et 4,125 milliards de réductions de revenus. Le service de la dette est modélisé séparément et n’est pas inclus dans ce total. Le parti vise l’équilibre en 2029-2030, maintient les versements au Fonds des générations et conserve 4 milliards de provisions sur cinq ans.
Il prévoit 4,25 milliards d’économies cumulées de modernisation de l’État, 4,36 milliards de transferts fédéraux supplémentaires attendus et 1,25 milliard d’économies provenant de mesures à venir. Le surplus budgétaire projeté en 2029-2030 est de 9 millions de dollars.
Le financement comprend aussi l’annulation des mesures caquistes de détaxation de certains produits alimentaires et de remboursement des droits de mutation, ainsi qu’un recentrage de crédits d’impôt aux entreprises.
Le test de crédibilité
Le PLQ doit réaliser ses économies sans transférer les tâches aux consultants ni dégrader les services. Son cadre limite la croissance des dépenses de portefeuille à 1 % en 2028-2029 et en 2029-2030. Les transferts fédéraux attendus et les économies à venir restent donc déterminants. La revue indépendante annexée vérifie une concordance avec le modèle, sans certifier le réalisme des hypothèses ou la faisabilité du programme.
Le suivi devrait publier les économies nettes, la sous-traitance et les délais de service. L’objectif de 100 000 logements par année dépend aussi des terrains, des permis, de la main-d’œuvre et du financement; il n’est pas une production garantie par décret.
L’autoroute 30 doit être chiffrée, avec échéancier, part imputée au PQI de 195 milliards et effets des voies dynamiques. Le rehaussement du supplément au loyer réaffirmé le 29 septembre nécessite également des paramètres et un traitement budgétaire précis.
Mot de l’éditeur
Le PLQ cherche à renouer avec une politique favorable à l’investissement, à l’entreprise et à la croissance. Ses propositions de simplification et de réduction administrative méritent d’être examinées pour leurs effets concrets sur les citoyens et les entreprises.
Son projet demeure toutefois celui d’un État interventionniste, qui cherche à mieux choisir ses outils et à réaffecter ses ressources. Cette combinaison peut être cohérente, mais son caractère libéral dépendra de la liberté effectivement rendue aux individus, autant que de la qualité de la gestion.
Le véritable arbitrage est désormais visible dans son cadre financier : financer des priorités tout en comprimant fortement la progression des dépenses. Le PLQ devra démontrer quelles tâches peuvent disparaître, quels programmes seront recentrés et comment les services seront maintenus. L’efficacité promise devient crédible lorsqu’elle se traduit par des changements identifiables.
Québec solidaire — L’expansion assumée du modèle québécois
Québec solidaire présente un diagnostic économique opposé à celui du PCQ.
Son diagnostic est que les services publics ne sont pas suffisamment financés, que la richesse est trop concentrée et que plusieurs marchés produisent des résultats considérés comme socialement inacceptables.
La solution proposée est donc logiquement davantage d’intervention publique, davantage de redistribution et davantage de réglementation.
Grandes fortunes
QS veut instaurer un impôt sur les grandes fortunes visant les ménages dont le patrimoine net dépasse 25 millions de dollars.
Le parti annonce environ 5 milliards de dollars de recettes annuelles à terme. Son cadre financier prévoit une progression de 4,51 milliards en 2027-2028 à 5 milliards en 2030-2031.
Il s’agit d’une hypothèse de revenus du parti. Le rendement réel dépendrait notamment des réactions des contribuables, de la structure exacte de la taxe et de la mobilité des capitaux.
Impôt sur le revenu
Le cadre financier prévoit une hausse des taux marginaux à partir de 110 000 $, accompagnée d’une augmentation de 500 $ du montant personnel de base.
Selon la simulation publiée par QS pour une personne seule, l’effet net devient défavorable au-delà de 113 500 $ de revenu brut. Ce seuil tient compte de l’effet combiné des modifications fiscales; il ne correspond pas simplement au début d’une nouvelle tranche d’imposition.
Travail et salaires
Le 7 septembre, Québec solidaire s’est engagé à porter le salaire minimum à 20 $ l’heure dès le 1er mai 2027.
Le parti prévoit également une enveloppe de 330 millions de dollars dès la première année du mandat afin d’accompagner les organismes communautaires, les PME et les entreprises agricoles dans la transition.
Le 2 octobre, lors d’une visite chez Siemens Énergie, Ruba Ghazal a réaffirmé la volonté de QS d’interdire les lockouts. Cette orientation figurait déjà au programme du parti; l’intervention constitue une réaffirmation en campagne.
Soutien au revenu et aux familles
Le communiqué financier du 11 septembre annonce une bonification de 200 $ par enfant de l’Allocation famille, sans détailler ses modalités. Le cadre prévoit 1,9 milliard de dollars en 2027-2028, puis 2,02 milliards en 2030-2031, pour augmenter le revenu des personnes en situation de pauvreté.
La rémunération des stages postsecondaires est un engagement distinct, détaillé dans la rubrique Éducation et dans le cadre financier.
Le 2 octobre, Québec solidaire a regroupé plusieurs de ses engagements destinés aux familles et a précisé deux mesures qui ne figuraient pas encore dans ce dossier : étendre le Régime québécois d’assurance parentale afin que les pères puissent obtenir cinq semaines de congé supplémentaires et recourir à l’achat groupé de fournitures scolaires afin de les rendre gratuites pour les familles.
Les autres éléments du même communiqué — bonification de 200 $ par enfant de l’Allocation famille, création de 30 000 places en CPE et programme de repas scolaires — correspondent à des engagements déjà recensés ailleurs dans ce dossier et ne doivent pas être comptabilisés une seconde fois.
Épiceries publiques
Québec solidaire propose :
- création d’environ 15 épiceries publiques sans but lucratif;
- objectif de 75 % de produits québécois;
- plafonnement à 2 % des marges des grandes chaînes alimentaires.
La formation estime que son plan pourrait représenter jusqu’à 2 500 $ d’économies annuelles pour certains ménages.
C’est probablement l’une des propositions qui révèle le mieux sa philosophie économique : lorsque la concurrence privée est jugée insuffisante, l’État peut devenir lui-même producteur, concurrent et régulateur.
QS propose également de combattre les faux rabais et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour ajuster les prix. Son plafond de 2 % concerne les marges de profit annoncées par le parti; il ne doit pas être assimilé sans précision à une limite uniforme sur la majoration de chaque produit.
Essence et ristourne carbone
Le 24 mars, QS a proposé une ristourne annuelle ciblée de 100 $ à 475 $ pour les ménages vulnérables, financée par 20 % des revenus de tarification du carbone liés aux carburants, soit près de 150 millions de dollars en 2026. Cette proposition antérieure à la campagne maintient le marché du carbone. Les critères précis d’admissibilité et de calcul doivent être établis.
Fiscalité des biens usagés
Québec solidaire s’est également prononcé en faveur de l’abolition de la TVQ sur les biens usagés. Cette position rejoint celles du Parti conservateur du Québec et du Parti Québécois sur ce volet du coût de la vie.
Logement
QS propose de combiner contrôle des loyers, accès à la propriété et expansion du logement social et communautaire :
- plafonner les hausses de loyer à l’inflation pendant un an, puis réformer leur calcul pour les lier à l’inflation avec un maximum de 3 %;
- offrir à certains premiers acheteurs un prêt pouvant atteindre 50 000 $ pour la mise de fonds;
- acquérir et remettre en état 2 000 propriétés pour les offrir à un prix visé de 25 % sous le prix courant;
- augmenter l’imposition de certains gains en capital immobiliers;
- accorder des pouvoirs supplémentaires d’expropriation contre les propriétaires multirécidivistes.
Le cadre du 11 septembre prévoit 11,8 milliards de dollars sur quatre ans pour le logement. Le 21 septembre, le parti a précisé sa cible de 50 000 logements sociaux et communautaires pendant le premier mandat : 25 000 constructions et 25 000 acquisitions d’immeubles existants retirés du marché privé. Il souhaite atteindre 20 % de logements sociaux et communautaires dans le parc locatif d’ici 2050.
QS prévoit jusqu’à 400 millions par année au Programme de supplément au loyer pour que les ménages admissibles n’y consacrent pas plus de 25 % de leur revenu. La ligne de fonctionnement liée au logement atteint déjà 400 millions à terme dans le cadre; sa ventilation doit être précisée avant de compter une enveloppe additionnelle.
Le 20 septembre, le parti a réaffirmé deux mesures annoncées au printemps : divulgation des offres d’achat pour mettre fin aux enchères à l’aveugle et calcul de la commission du courtier plafonné à la valeur affichée plutôt qu’au prix final. Il ajoute une réforme de l’encadrement légal du courtage, avec régulation et reddition de comptes plus indépendantes.
Le 26 septembre, QS a confirmé sa volonté de prolonger le moratoire sur les évictions pour subdivision, agrandissement substantiel ou changement d’affectation. Cette orientation précédait la campagne; la nouvelle durée n’est pas précisée. Le moratoire est actuellement appelé à prendre fin en 2027, sous réserve des mécanismes prévus par la loi.
Le 1er octobre, QS a proposé une trêve hivernale interdisant les évictions, les reprises de logement et les résiliations de baux du 1er décembre au 31 mars, afin d’éviter les expulsions en plein hiver. Cette mesure est distincte de la prolongation du moratoire contre certaines évictions. Le parti rappelle aussi sa volonté de taxer les logements vacants et de réformer le Tribunal administratif du logement.
CPE et petite enfance
Le 17 septembre, Québec solidaire a proposé d’embaucher 5 000 éducatrices qualifiées d’ici 2030 afin de compléter le réseau des CPE et de permettre la création de 30 000 nouvelles places.
Le plan comprend un rattrapage salarial négocié pour les éducatrices et le personnel de soutien, la rémunération du stage final du DEC en éducation à l’enfance, de la formation continue rémunérée et une campagne de valorisation de la profession.
QS chiffre le coût de fonctionnement de ces mesures à 610 millions de dollars par année en 2030-2031, auxquels s’ajouteraient 1,2 milliard de dollars d’investissements en infrastructures pendant un premier mandat.
Transport collectif
QS prévoit 23 milliards de dollars sur dix ans pour développer et entretenir les transports collectifs, notamment les tramways de Québec et de Gatineau, la ligne orange et un projet structurant dans l’Est de Montréal.
Les engagements régionaux du 10 septembre comprennent deux lignes de service rapide par bus à Québec et un SRB à Lévis connecté au tramway, un réinvestissement dans la traverse Québec–Lévis, l’abaissement du tablier du pont de Québec pour les camions et des voies de transport collectif sur les accotements autoroutiers.
La précision tarifaire du 12 septembre prévoit la gratuité pour les 25 ans et moins et les 65 ans et plus, ainsi qu’un crédit d’impôt de 20 % des dépenses de transport collectif pour les autres usagers. Un transfert supplémentaire de 500 millions par année aux sociétés de transport compenserait les pertes tarifaires et soutiendrait les services.
Le plan sur la qualité de l’air du 16 septembre propose une norme journalière de nickel de 14 ng/m³ plutôt que 70 ng/m³, une opposition au terminal QSL, une surveillance accrue et des normes plus strictes pour White Birch, ainsi que la conversion des autoroutes Dufferin-Montmorency et Laurentienne en boulevards urbains. QS appuie aussi la stratégie nationale de l’air sain proposée par l’Association québécoise des médecins pour l’environnement.
Transport interurbain par autocar
Le 25 septembre, QS a proposé un réseau public d’autocars interurbains sous une bannière commune dès le premier mandat, avec davantage de trajets et de fréquences pour desservir les régions. Le parti veut assurer la continuité des liaisons et offrir une alternative à l’automobile.
Le communiqué ne chiffre pas le dispositif. Le modèle de propriété et d’exploitation, la place des transporteurs existants, les tarifs et l’articulation avec les 23 milliards annoncés pour le transport collectif restent à préciser.
Santé : retour massif aux CLSC
Le 5 septembre, Québec solidaire a présenté son engagement de renforcer la première ligne selon le modèle des CLSC. Sa plateforme prévoit l’ajout de 400 nouveaux points d’accès aux soins à travers le Québec.
Le parti veut en faire la principale porte d’entrée du réseau, avec davantage de soins de proximité, de services psychosociaux et de traitement des urgences mineures.
La plateforme solidaire prévoit également de rendre la contraception gratuite et d’offrir des produits d’hygiène menstruelle gratuits dans des lieux publics. QS souhaite aussi éliminer ce qu’il appelle la « taxe rose », soit le supplément de prix associé à la version féminine de certains produits ou services.
QS prévoit également de rendre les soins oculaires et dentaires gratuits pour les moins de 18 ans.
Le 28 septembre, Québec solidaire a précisé son modèle de première ligne en annonçant la création d’Équipes-Accueil Santé mentale dans ses 400 points d’accès en CLSC.
Toute personne qui se présenterait dans un CLSC pour un besoin en santé mentale aurait la garantie de rencontrer un intervenant le jour même. Les équipes seraient multidisciplinaires et pourraient notamment comprendre des travailleurs sociaux, psychologues, psychoéducateurs et infirmières.
L’Équipe-Accueil offrirait jusqu’à trois séances, afin d’évaluer les besoins, diminuer la détresse immédiate et diriger ensuite la personne vers la ressource appropriée. Le communiqué ne présente pas de nouvelle enveloppe budgétaire distincte pour cette mesure; il faudra donc préciser son financement à l’intérieur du plan plus large des 400 points d’accès.
Est de Montréal et itinérance
Le 14 septembre, QS s’est engagé à inscrire 5 milliards de dollars au Plan québécois des infrastructures pour le nouvel hôpital Maisonneuve-Rosemont. Le parti prévoit 1 milliard pendant le premier mandat pour les travaux préparatoires, ainsi qu’un transport collectif structurant dans l’Est et la remise en état du métro. Il propose aussi un ministère de la Lutte à l’itinérance, davantage de places en refuge et un soutien accru aux organismes communautaires. Son plan comprend également du logement social et communautaire, une taxation des locaux commerciaux vacants et un encadrement des loyers commerciaux.
Municipalités, infrastructures et itinérance
Le 18 septembre, lors du Sommet électoral de l’Union des municipalités du Québec, Québec solidaire a promis 2 milliards de dollars supplémentaires pendant un premier mandat pour les infrastructures municipales. Cette somme s’ajouterait à son programme de 23 milliards sur dix ans en transport collectif.
QS prévoit aussi 140 millions de dollars pour l’adaptation municipale aux changements climatiques, en plus de son fonds d’urgence climatique de 500 millions de dollars par année.
En itinérance, le parti précise son engagement en promettant 6 000 logements spécifiquement destinés à sortir des personnes de la rue, accompagnés de 135 millions de dollars pour les organismes offrant des services dans ces logements. Il réitère également son intention de confier la coordination du dossier à un ministre responsable de l’itinérance.
Le 19 septembre, QS a précisé son dispositif en annonçant 112 millions de dollars par année pour un nouveau plan québécois de lutte contre l’itinérance, avec un volet particulier consacré à l’itinérance des femmes. Cette annonce doit être lue avec les engagements précédents afin d’éviter de compter deux fois les sommes déjà rattachées aux logements et à l’accompagnement.
Culture
Le 4 septembre, Québec solidaire a présenté un engagement culturel annoncé à 510 millions de dollars par année. Le parti propose notamment 380 millions de dollars supplémentaires par année pour doubler le soutien à la création offert par le Conseil des arts et des lettres du Québec et la Société de développement des entreprises culturelles. Une enveloppe de 130 millions de dollars serait consacrée à un projet pilote de filet social pour les artistes de la Capitale-Nationale.
Lors du débat culturel du 9 septembre, QS a également présenté une passe culture de 75 $ destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, afin de leur permettre d’acheter des billets et des œuvres culturelles. Le parti défend aussi l’indexation du financement culturel afin d’en préserver la valeur face à l’inflation.
Éducation
Pour l’école publique, QS veut réduire de moitié le décrochage, embaucher 1 500 employés de soutien et 500 professionnels, mieux protéger les budgets et progresser vers un réseau commun pour réduire les écarts entre parcours scolaires. Il chiffre ces mesures à 340 millions de dollars.
Le 22 septembre, le parti a annoncé une réduction de 50 % des droits universitaires et des frais d’inscription au cégep pendant le premier mandat. Il estime l’économie à environ 2 000 $ par année pour certains étudiants. La gratuité complète demeure un objectif à moyen terme, sans être promise entièrement sur le mandat.
Cette réduction figure déjà à la page 5 du cadre du 11 septembre : 170, 200, 240 et 350 millions de dollars de revenus en moins de 2027-2028 à 2030-2031, soit 960 millions sur quatre ans. Les stages rémunérés constituent une autre ligne, à la page 4 : 250, 400, 430 et 500 millions, soit 1,58 milliard. Ces deux engagements ne s’ajoutent donc pas une seconde fois au cadre et ne doivent pas être confondus.
Organismes communautaires
L’annonce du 15 septembre vise environ 1 milliard de dollars supplémentaires par année pour le financement à la mission. Le cadre du 11 septembre inscrit déjà une progression de 400, 590, 650 et 1 070 millions de 2027-2028 à 2030-2031, soit 2,71 milliards sur quatre ans. Le milliard désigne l’ordre de grandeur atteint à terme, sans constituer une autre enveloppe annuelle.
QS veut pérenniser le financement, améliorer les conditions de travail et revoir le PSOC avec les organismes. La ventilation entre secteurs et les chevauchements éventuels avec l’itinérance, les violences et l’alimentation restent à expliciter.
Alimentation scolaire
Le 10 septembre, Québec solidaire a proposé un programme universel d’alimentation scolaire, destiné aux élèves du primaire et du secondaire publics. La participation serait volontaire : les parents pourraient se retirer du programme, et une contribution volontaire de 0 à 7 $ serait demandée pour les repas.
Le déploiement se ferait progressivement jusqu’en 2031, en commençant par les écoles primaires, puis secondaires. Les centres de services scolaires administreraient le programme avec des partenaires publics et communautaires, en privilégiant des aliments locaux, nutritifs et frais. Québec solidaire estime son coût à 480 millions de dollars par année.
Agriculture et relève
Le 10 septembre, Québec solidaire a annoncé une bonification de 210 millions de dollars par année du budget du MAPAQ. Le parti vise également 75 % d’achats locaux dans les institutions publiques, notamment les écoles et les établissements de santé.
Pour faciliter l’accès aux terres, QS propose un projet pilote de 100 millions de dollars, offrant à la relève des prêts à taux fixe sur 40 ans. Il souhaite aussi interdire l’achat de terres agricoles par des fonds d’investissement privés.
Les producteurs pourraient également bénéficier du fonds d’urgence climatique prévu par QS. Ce fonds général, doté de 500 millions de dollars par année, ne serait pas réservé exclusivement à l’agriculture.
Redevances minières et régions
Un engagement rapporté le 11 septembre prévoit de redistribuer 200 millions de dollars de redevances minières aux régions. Le cadre financier inscrit cette redistribution chaque année de 2027-2028 à 2030-2031. La formule de partage entre les régions reste à préciser.
Guerre commerciale et soutien aux entreprises
Le 8 septembre, Québec solidaire a remis de l’avant sa proposition de constituer une « provision Trump » de 2 milliards de dollars sur deux ans afin de soutenir les entreprises québécoises directement touchées par la guerre tarifaire.
Selon QS, ces sommes serviraient notamment à permettre aux entreprises de maintenir leurs emplois au Québec, transformer leur production et diversifier leur clientèle. Le parti souhaite également considérer l’hydroélectricité québécoise comme un levier de négociation dans une éventuelle riposte commerciale.
Souveraineté énergétique et transition
Le 8 septembre, QS a présenté la transition énergétique comme une réponse à la guerre commerciale : utiliser les leviers de l’État pour empêcher de nouvelles infrastructures pétrolières et gazières, réduire la dépendance au pétrole et investir dans les renouvelables et les équipements de transition. Il souhaite aussi mobiliser l’hydroélectricité comme levier de négociation commerciale.
Le plan climat du 18 septembre vise une réduction des émissions de GES de 37,5 % à 45 % d’ici 2030, avec carboneutralité en 2050. Il reprend les 23 milliards sur dix ans en transport collectif et prolonge Roulez vert de quatre ans. Le programme « Vieux bazous », doté de 10 millions par année, offrirait 1 000 $ et un abonnement au transport collectif ou à l’autopartage pour retirer un véhicule de plus de 15 ans.
QS prévoit aussi 250 millions par année pour la sobriété et l’efficacité énergétiques des bâtiments et la conversion du chauffage, et 950 millions sur le mandat pour les infrastructures vertes et le verdissement municipal. Il réaffirme son opposition aux gaz de schiste et aux nouvelles infrastructures pétrolières ou gazières.
Le 23 septembre, la candidate de Sherbrooke, Stéphanie Vachon, a réclamé un moratoire provincial sur les nouveaux centres de données, le temps d’un BAPE générique et d’un encadrement plus clair. Le communiqué du parti vise les effets sur l’énergie, les ressources, les écosystèmes et les collectivités. La portée nationale exacte de cette proposition portée par une candidate reste à confirmer.
Protection du Corridor lorettain
Le 23 septembre, QS a aussi annoncé son appui à la protection du Corridor lorettain, à L’Ancienne-Lorette, en réponse à l’appel du maire. Cet engagement régional complète le volet environnemental du dossier; aucune enveloppe supplémentaire n’est comptabilisée ici sur la seule base de l’extrait du communiqué accessible.
Violences faites aux femmes
Le 13 septembre, QS a proposé de créer un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres dans les 100 premiers jours du mandat, ainsi qu’un service de première ligne contre les cyberviolences. Le parti prévoit 10 jours d’absence rémunérée pour les victimes de violence conjugale et 600 millions de dollars pour construire jusqu’à 1 000 nouvelles places en maisons d’hébergement pendant un premier mandat.
Premières Nations, Inuit et réconciliation
Le 30 septembre, Québec solidaire a présenté plusieurs engagements concernant ses relations avec les Premières Nations et les Inuit. La formation réaffirme sa volonté d’établir une relation de nation à nations, reconnaît l’existence du racisme systémique envers les peuples autochtones et s’engage à combattre celui-ci.
QS propose surtout d’entreprendre une démarche afin de faire de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre, un jour férié au Québec. Cette journée serait accompagnée d’une campagne nationale de sensibilisation et d’éducation consacrée à la réconciliation.
Le parti s’engage également à favoriser la pleine participation des Premières Nations et des Inuit à la grande consultation qu’il prévoit tenir sur son projet d’indépendance. Cette dernière mesure doit être rapprochée de la démarche constituante déjà décrite dans la section suivante afin d’éviter de présenter deux fois le même processus.
Démocratie et indépendance
Québec solidaire lie également son projet indépendantiste à une réforme des institutions démocratiques. Un gouvernement solidaire s’engage à lancer, dans les 100 premiers jours de son mandat, une réforme du mode de scrutin afin d’assurer, selon le parti, une représentation politique plus fidèle au vote populaire.
QS propose aussi la création de mécanismes de référendums d’initiative populaire, afin de permettre aux citoyens de provoquer directement certains exercices référendaires plutôt que de limiter leur participation politique aux élections générales.
Le 24 septembre, QS a précisé qu’il veut mener sa démarche d’indépendance pendant un premier mandat de quatre ans. Le processus comprendrait une assemblée constituante coconstruite avec les Premiers Peuples, une consultation de la population, puis un référendum sur l’adoption d’une nouvelle constitution. Le parti prévoit une déclaration d’indépendance dès le lendemain d’une victoire référendaire.
La séquence annoncée associe donc l’adhésion à un projet constitutionnel à l’accession à l’indépendance. Elle distingue la démarche constituante de QS de celle du PQ. Son calendrier est plus explicite, mais les conditions politiques, institutionnelles et juridiques de réalisation restent à préciser.
La page 4 du PDF du cadre financier prévoit pour la ligne « Mettre sur pied l’assemblée constituante » 200, 210, 210 puis 220 millions dans les colonnes annuelles de 2027-2028 à 2030-2031. Le cumul est donc de 840 millions sur quatre ans; les 220 millions correspondent à la dernière année. La somme de 220 millions rapportée le 11 septembre pour la démarche, assemblée comprise, doit être rapprochée de cette ventilation. Les 840 millions concernent cette ligne précise et ne constituent pas un chiffrage complet d’une transition vers l’indépendance.
Laïcité et droits individuels
Le 29 septembre, en réaction aux déclarations libérales, QS a réaffirmé vouloir retirer de la loi 94 les dispositions qu’il juge contraires aux droits et libertés. Cette position rapportée par TVA Nouvelles concerne l’encadrement des signes religieux à l’école et confirme une divergence avec le PLQ et la CAQ sur les règles actuelles.
Cadre financier
Présenté le 11 septembre, le cadre financier de Québec solidaire vise l’équilibre en 2029-2030 et prévoit la suspension des versements au Fonds des générations.
| Année financière | Solde budgétaire annoncé |
|---|---|
| 2027-2028 | −3,414 milliards de dollars |
| 2028-2029 | −1,460 milliard de dollars |
| 2029-2030 | Équilibre |
| 2030-2031 | Équilibre |
Ces soldes sont ceux publiés à la page 6 du PDF consulté. Dans cette même version, la différence entre les totaux des pages 5 et 4 donne plutôt des déficits de 3,430 et 1,445 milliard pour les deux premières années : les écarts avec les soldes annoncés sont respectivement de 16 et 15 millions. Les tableaux ne concordent donc pas entièrement et doivent être réconciliés. Le dossier conserve les soldes annoncés, sans leur substituer un recalcul partiel.
Le tableau des nouvelles mesures, après économies et avec provisions et charges financières, totalise 39,325 milliards sur quatre ans. Le cadre prévoit aussi 26,8 milliards supplémentaires au Plan québécois des infrastructures. Les économies attribuées à Pharma-Québec atteindraient 3,3 milliards en 2030-2031, tandis que le fonds d’urgence climatique disposerait de 500 millions par année.
Le tableau de synthèse de la page 6 affiche 2,5 milliards de provisions pour risques économiques dans chacun des deux premiers exercices, puis 1,5 milliard dans chacun des deux suivants, soit 8 milliards sur quatre ans. La provision « Trump » de 1 milliard par année pendant les deux premières années figure déjà dans le tableau des nouveaux projets : elle ne s’ajoute pas une seconde fois au total de 39,325 milliards.
Le financement ne repose pas uniquement sur les grandes fortunes et l’impôt des particuliers. QS prévoit aussi d’accroître les prélèvements sur les grandes sociétés, les institutions financières et les géants du numérique.
Les annonces sur le financement communautaire, la baisse des frais de scolarité et les stages rémunérés précisent des lignes déjà présentes dans le cadre : respectivement 2,71 milliards, 960 millions et 1,58 milliard cumulés sur quatre ans. Ces montants, détaillés dans les rubriques sectorielles, ne doivent pas être ajoutés une seconde fois au total des nouvelles mesures.
Le plan sur la qualité de l’air annoncé le 16 septembre ne comporte pas non plus de coût détaillé dans le cadre financier. Certaines mesures relèvent directement du Québec, tandis que d’autres supposent une coordination avec des municipalités, des organismes portuaires ou d’autres autorités. Leur financement et leur calendrier devront donc être précisés séparément.
Ces montants constituent les projections du parti. Leur réalisation dépendrait notamment du rendement des mesures fiscales, de l’exécution des projets et des économies effectivement obtenues.
Le test de crédibilité
Le financement de QS dépend des réactions économiques à sa fiscalité. Les quelque 5 milliards de dollars annuels attendus de l’impôt sur les patrimoines supérieurs à 25 millions varieraient avec la valeur des actifs, la résidence fiscale, la mobilité des capitaux et les stratégies d’évitement. Les économies de Pharma-Québec doivent également être réalisées. Suspendre les versements au Fonds des générations modifie la trajectoire de dette; ce n’est pas une économie sur la prestation des services.
Les coûts doivent être comparés selon leur nature : la hausse du salaire minimum constitue d’abord une obligation pour les employeurs, distincte de l’aide publique à la transition; les investissements immobiliers ne se comparent pas directement aux dépenses annuelles de fonctionnement. Une analyse de sensibilité mesurerait la résistance du cadre à des revenus ou économies plus faibles.
La capacité de livraison est tout aussi décisive : personnel dans les CLSC et les équipes de santé mentale, chantiers, repas scolaires, transports et réseau interurbain. Le financement communautaire est prévu, mais sa ventilation doit être lisible. Le plan sur l’air demeure à chiffrer. Pour la constituante, les 840 millions cumulés sur quatre ans sont identifiables; leur articulation avec les 220 millions évoqués publiquement et les autres coûts de la démarche reste à expliquer. Les écarts entre tableaux financiers doivent aussi être réconciliés.
En enseignement supérieur, il faut vérifier la compensation des établissements, l’évolution des inscriptions et l’organisation des stages. En logement, les 25 000 constructions exigent terrains et main-d’œuvre; les 25 000 acquisitions dépendent de vendeurs et des prix. Les 400 millions annuels de fonctionnement à terme doivent être ventilés, notamment pour les suppléments au loyer, sans être comptés deux fois.
Mot de l’éditeur
Québec solidaire assume l’extension de l’action publique pour réduire les inégalités et améliorer l’accès aux biens essentiels. Son argument est celui d’une liberté rendue possible par des conditions matérielles suffisantes : un logement, des soins, des moyens de se déplacer et un revenu permettant de vivre.
Une lecture libérale classique partage la préoccupation pour la pauvreté, mais interroge les instruments proposés. Taxer le patrimoine, plafonner les prix ou accroître les pouvoirs d’expropriation modifie les incitations et les droits de propriété. L’intention sociale d’une mesure ne suffit pas à établir son efficacité ni à justifier toute restriction.
Notre critique porte donc sur les moyens, leurs coûts et les pouvoirs qu’ils concentrent. Il faut évaluer si l’intervention améliore durablement la situation des personnes visées et si des solutions moins contraignantes pourraient obtenir des résultats comparables. La cohérence du programme solidaire rend ce débat plus clair; elle ne le tranche pas.
Bibliothèques publiques
Le questionnaire de l’Association des bibliothèques publiques du Québec, mis à jour le 22 septembre, permet de comparer des réponses sectorielles parfois absentes des annonces nationales. Les montants ci-dessous ne s’ajoutent pas automatiquement aux cadres financiers.
| Parti | Réponse publiée et principaux engagements |
|---|---|
| PCQ | Aucune réponse du PCQ publiée dans le tableau consulté. Cela ne permet pas de conclure à l’absence d’une position. |
| PQ | Appui au diagnostic sectoriel, au financement des acquisitions et au maintien des bâtiments; soutien aux missions d’accueil et de francisation. |
| CAQ | Rappel de 5 M$ additionnels sur cinq ans pour les municipalités de moins de 5 000 habitants et des programmes d’immobilisations existants. |
| PLQ | Intérêt pour le diagnostic et la promotion des métiers; ouverture à la modernisation des normes d’immobilisations et à la clarification des directives linguistiques. |
| QS | 475 000 $ pour le diagnostic, 950 000 $ sur quatre ans pour promouvoir les métiers et 2 M$ par année pour les collections et l’élargissement des dépenses admissibles. |
Immigration : des objectifs à comparer avec précaution
Les admissions annuelles à la résidence permanente, le nombre de résidents temporaires présents au Québec et les demandes d’asile correspondent à des catégories différentes. Un changement de statut d’une personne déjà établie au Québec n’équivaut pas nécessairement à une nouvelle arrivée sur le territoire.
| Parti | Orientation documentée et précisions de campagne |
|---|---|
| PCQ | Aucun seuil global précisé lors de l’annonce du 14 septembre; priorité à l’immigration économique et réduction proposée de certaines catégories non économiques. |
| PQ | 35 000 admissions permanentes par année; réduction de moitié de l’immigration temporaire et sélection économique permanente dans le bassin des personnes déjà présentes, pendant un moratoire sur le recrutement à l’étranger. |
| CAQ | Environ 45 000 admissions permanentes par année dans la planification 2026-2029, orientation réaffirmée en campagne le 26 septembre; intégration et régionalisation renforcées. |
| PLQ | Une fourchette de 45 000 à 70 000 admissions permanentes, rapportée par La Presse Canadienne le 12 septembre; volonté d’obtenir davantage de pouvoirs en immigration temporaire. |
| QS | 70 000 admissions permanentes par année, rétablissement du Programme de l’expérience québécoise, volet régional et francisation rémunérée en milieu de travail. |
Le 14 septembre, le PCQ a proposé de réduire de 25 % les prestations d’aide sociale des demandeurs d’asile. Il veut aussi ramener à 10 000 la composante qu’il regroupe sous les réfugiés et le regroupement familial, contre une référence de 20 000 avancée dans sa présentation. Ce chiffre ne constitue pas un plafond global d’immigration.
Le parti propose en outre de maintenir le retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) jusqu’en 2028, de créer une table régionale dans chacune des 17 régions afin d’adapter la planification à leurs besoins, de renforcer le test des valeurs québécoises et de renégocier l’Accord Canada–Québec pour rapatrier l’ensemble des pouvoirs en immigration. Il entend aussi favoriser les personnes provenant de pays qui, selon sa formulation, partagent « les mêmes valeurs que le Québec ». Ces propositions sont des engagements électoraux, et non des règles déjà en vigueur.
Leur évaluation doit porter sur les catégories concernées, les besoins régionaux, la francisation, les effets sur le logement et les services, ainsi que les pouvoirs nécessaires à leur mise en œuvre.
Contexte de la guerre tarifaire
Le 7 septembre, le gouvernement de Christine Fréchette a adopté une série de mesures visant à favoriser les entreprises québécoises et canadiennes dans les marchés publics en réponse à l’escalade tarifaire avec les États-Unis.
Le Centre d’acquisitions gouvernementales pourra notamment réserver certains appels d’offres aux entreprises établies au Québec ou au Canada, exiger que certains biens soient produits ou transformés ici et accorder une marge préférentielle pouvant atteindre 15 % en fonction de la valeur ajoutée québécoise ou canadienne.
Pour certains contrats de construction de moins de 9,2 millions de dollars, notamment dans les secteurs des transports, de la santé et des infrastructures publiques, au moins 15 % de la valeur des matériaux et équipements devra provenir du Québec ou du Canada. Les sociétés d’État devront également se doter d’une stratégie favorisant l’achat québécois.
Le gouvernement prévoit aussi une équipe spécialisée, pilotée notamment par Investissement Québec International, afin d’aider les PME québécoises à développer leurs marchés ailleurs au Canada et à remplacer certains fournisseurs américains. Des assouplissements sont également prévus au programme FORCE afin d’accélérer l’accès au financement et aux liquidités pour les entreprises touchées.
La première ministre a précisé le 8 septembre qu’environ 1,5 milliard de dollars de contrats publics pourraient être touchés par ces nouvelles règles au cours des quatre prochains mois.
Alléger la paperasse et réduire l’État
Les cinq formations dénoncent, à des degrés différents, la lourdeur administrative. Leurs remèdes et leurs objectifs ne sont toutefois pas équivalents.
| Parti | Mesure phare sur l’efficacité |
|---|---|
| PCQ | Réduire de 30 % le fardeau réglementaire |
| PQ | Secrétariat à l’efficacité et clauses de révision des règlements |
| CAQ | 2 900 postes de moins, IA et concurrence public-privé |
| PLQ | 12 000 ETP de moins, automatisation, 1,7 G$ d’économies récurrentes et règle deux-pour-un |
| QS | Décentralisation accrue de certains services, notamment via les CLSC |
Un diagnostic transversal se dégage : la machine québécoise est devenue lourde.
Mais la véritable divergence arrive immédiatement après.
Est-ce la paperasse qui est excessive, ou est-ce plutôt le nombre de responsabilités confiées à l’État?
Un gouvernement peut supprimer trois formulaires tout en créant deux nouveaux programmes, quatre crédits d’impôt et un organisme. Il peut réduire le nombre de fonctionnaires tout en augmentant le nombre de décisions prises politiquement.
Simplifier l’État et limiter l’État sont deux choses différentes.
Notre grille : le test du réalisme
À la veille du scrutin, le nombre de promesses importe moins que leur financement et leur exécution. Quatre questions permettent de distinguer une politique publique réalisable d’un communiqué électoral.
1. Qui paie?
Une nouvelle dépense doit être couverte par des revenus publics supplémentaires, une réaffectation des dépenses existantes ou un emprunt. Le financement par la dette reporte une partie de la charge et ajoute des intérêts.
La même règle s’applique aux baisses fiscales : elles doivent être accompagnées d’une réduction des dépenses, d’une croissance suffisante des revenus gouvernementaux ou d’un déficit plus important.
Un milliard annoncé sans source de financement n’est pas un milliard trouvé. C’est un milliard déplacé.
2. Les économies existent-elles vraiment?
À droite comme au centre, « éliminer le gaspillage » est devenu une source de financement presque magique.
La même exigence s’applique à tous : recettes de croissance du PCQ, réduction de la masse salariale au PQ, suppressions de postes de la CAQ, modernisation administrative du PLQ et économies pharmaceutiques de QS. Pour chaque montant, il faut connaître le point de départ, le mécanisme, le calendrier et les coûts de transition.
Une économie doit être mesurée par rapport à un scénario de référence explicite. Réduire une dépense, supprimer un programme et ralentir une hausse prévue constituent trois opérations différentes : un cadre financier sérieux doit préciser laquelle il promet.
3. Le gouvernement contrôle-t-il le résultat?
Promettre 100 000 logements par année ne signifie pas que 100 000 logements apparaîtront.
Taxer davantage un comportement ne garantit pas que les revenus fiscaux seront ceux projetés. Plafonner une marge ne garantit pas que les prix évolueront exactement comme prévu. Réduire un impôt ne garantit pas davantage que la croissance économique compensera parfaitement la perte de revenus.
Les gouvernements contrôlent les règles. Ils ne contrôlent pas entièrement les réactions humaines à ces règles.
C’est l’un des grands angles morts du débat électoral.
4. Quelle liberté échangeons-nous contre la sécurité promise?
Une nouvelle subvention signifie des critères. Une nouvelle réglementation signifie des interdictions ou des obligations. Une nouvelle taxe modifie la façon dont le citoyen peut utiliser son revenu. Un nouveau monopole public réduit l’espace disponible à la concurrence.
L’inverse est également vrai : moins réglementer peut créer certains risques et diminuer certaines protections; réduire les dépenses peut signifier moins de services pour des citoyens qui en dépendent.
Le débat intéressant ne consiste donc pas à prétendre qu’un côté représente le bien et l’autre le mal.
Il consiste à reconnaître l’arbitrage.
Le véritable candidat de 2026 : le modèle québécois
Cette élection porte sur le nom du prochain premier ministre, mais aussi sur ce que nous voulons continuer à confier au gouvernement. Les partis se rapprochent lorsqu’ils dénoncent la lourdeur administrative; ils s’éloignent dès qu’il faut décider quelles responsabilités conserver, transférer ou abandonner.
Le réflexe québécois devant un problème social ou économique reste souvent de créer un programme, un crédit, une réglementation, un fonds ou un nouveau secrétariat. Lorsque l’ensemble devient trop complexe, une nouvelle structure est ensuite chargée de simplifier les anciennes. Il y a là quelque chose qui frôle parfois l’art conceptuel. Reconnaître l’encombrement administratif ne suffit donc pas à remettre en question le périmètre politique de l’État.
| Parti | Orientation face au modèle québécois |
|---|---|
| CAQ | Mieux le gérer |
| PLQ | Le rendre plus performant économiquement |
| PQ | Réduire la bureaucratie et renforcer l’État national |
| QS | L’étendre |
| PCQ | En réduire substantiellement la portée |
Aucune de ces orientations n’est automatiquement réaliste parce qu’elle correspond à une philosophie politique particulière. Une rupture mal financée peut être aussi irresponsable qu’un programme social sans financement. Une réduction d’impôt payée par le déficit déplace la charge vers l’avenir; une dépense publique dont les bénéfices dépassent les coûts mérite d’être examinée sans réflexe partisan.
La question demeure : et si le problème de l’État québécois n’était plus seulement la manière dont il fonctionne, mais le nombre de choses que nous lui demandons de faire? Les infrastructures vieillissantes, les services sous pression, le vieillissement de la population et l’incertitude internationale imposent des choix. Ces contraintes s’appliquent à tous les programmes.
Une croissance plus forte et des gains de productivité peuvent élargir les possibilités. Ils doivent toutefois être démontrés, plutôt qu’utilisés comme une réponse automatique à toutes les contraintes. Promettre simultanément davantage de programmes, davantage de services, moins d’impôts et moins de dette exige un financement explicite et des hypothèses robustes.
Le réalisme politique commence lorsque les partis expliquent leurs arbitrages et acceptent d’en répondre. Au-delà du catalogue des promesses, c’est ce débat que les électeurs devraient pouvoir trancher.
Médiagraphie
Les sources officielles établissent les engagements des partis. Les références journalistiques et institutionnelles précisent leur contexte. Les documents financiers sont cités dans leur version datée; les annonces ultérieures ne sont pas automatiquement additionnées à leurs totaux. Les références sont regroupées par formation et les doublons retirés.
Sources générales et comparaisons sectorielles
Carte électorale — Délimitation finale, 127 circonscriptions
Élections Québec — Consignes du scrutin du 5 octobre
Parti conservateur du Québec
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC. Cadre financier, 9 septembre 2026.
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC. Plateforme en éducation, 12 septembre 2026.
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC. Plateforme sur le logement, 11 septembre 2026.
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC. Plateforme Forêt, document officiel consulté le 14 septembre 2026.
GAGNON, Marc-André. Reportage sur le plan d’immigration du PCQ, TVA Nouvelles, 14 septembre 2026.
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC. « Plateforme Agriculture », 17 septembre 2026.
Bonification des soins à domicile. 24 septembre 2026.
Duhaime appuie les demandes de Mario Pelchat, 27 septembre 2026.
Bilan de campagne et stratégie de balance du pouvoir — 2 octobre
Parti Québécois
PARTI QUÉBÉCOIS. Le Livre bleu. Projet institutionnel et politique d’un Québec indépendant.
PARTI QUÉBÉCOIS. Plan agricole présenté le 10 septembre 2026.
PARTI QUÉBÉCOIS. Communiqué sur la gouvernance des projets informatiques, 14 septembre 2026.
PARTI QUÉBÉCOIS. Cadre financier — PDF du 15 septembre.
PARTI QUÉBÉCOIS. « Le Parti Québécois soutient le projet Agora Déclic », 21 septembre 2026.
PARTI QUÉBÉCOIS. Le PQ et Montréal au même endroit pour l’itinérance — Métro. 24 septembre 2026.
Le Parti Québécois présente ses engagements pour la Capitale-Nationale, 25 septembre 2026.
PARTI QUÉBÉCOIS. Engagements sur les langues autochtones et la réconciliation, 30 septembre 2026.
PARTI QUÉBÉCOIS. 20 000 logements sociaux et hors marché — 30 septembre.
LE CHARLEVOISIEN. « Un statut particulier pour Charlevoix si le PQ est élu », 2 octobre 2026.
PARTI QUÉBÉCOIS. Engagements sur le consensus québécois en matière de laïcité, 27 septembre 2026.
LA PRESSE CANADIENNE— Calendrier référendaire, 2 octobre.
PARTI QUÉBÉCOIS. Charlevoix — Communiqué du 2 octobre, publié le 3 octobre.
PARTI QUÉBÉCOIS. Priorités des 100 premiers jours — 3 octobre.
Coalition Avenir Québec
LE PEUPLE LOTBINIÈRE. « Résumé de la journée du 9 septembre », 9 septembre 2026.
COALITION AVENIR QUÉBEC. Cadre financier, 30 août 2026.
COALITION AVENIR QUÉBEC. Communiqué sur l’accès aux prothèses auditives, 11 septembre 2026.
Engagements de Christine Fréchette pour Trois-Rivières. 19 septembre 2026.
L’équipe Christine Fréchette continuera d’affirmer l’autonomie du Québec, 26 septembre 2026.
COALITION AVENIR QUÉBEC. Engagements sur le développement de l’érable québécois, 2 octobre 2026.
Parti libéral du Québec
PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC. « Objectif ambitieux : 100 000 logements par année », 31 août 2026.
PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC. « Moderniser l’État pour mieux servir les Québécois », 9 septembre 2026.
PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC. Cadre financier 2026-2027 à 2030-2031, 13 septembre 2026.
PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC. Communiqué de présentation du cadre financier, 13 septembre 2026.
PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC. Bonification du RQAP et développement des places en CPE, 14 septembre 2026.
Charles Milliard en campagne à Magog — Le Reflet du Lac. 24 septembre 2026.
Une culture plus forte qui rayonne ici et ailleurs, 27 septembre 2026.
Construire 100 000 logements par année pour résorber la crise, 29 septembre 2026.
PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC. Télésanté et ratios sécuritaires — 30 septembre
Québec solidaire
QUÉBEC SOLIDAIRE. Bâtir un pays pour tout le monde. Plateforme électorale 2026.
DESCHÊNES, Érick. Résumé de la journée du 10 septembre, Le Peuple Lotbinière, 10 septembre 2026.
QUÉBEC SOLIDAIRE. Communiqué sur les engagements agricoles, daté du 10 septembre 2026.
QUÉBEC SOLIDAIRE. Les moyens de nos ambitions — Cadre financier, 11 septembre 2026.
QUÉBEC SOLIDAIRE. Communiqué accompagnant la présentation du cadre financier, 11 septembre 2026.
TVA NOUVELLES. Suivi de la 16e journée de campagne, 11 septembre 2026.
QUÉBEC SOLIDAIRE. Communiqué sur les priorités dans l’Est de Montréal, 14 septembre 2026.
DESCHÊNES, Érick. « Résumé de la journée du 16 septembre », Le Peuple Lotbinière, 16 septembre 2026.
QUÉBEC SOLIDAIRE. « Québec solidaire présente son Plan climat », 18 septembre 2026.
Démarche constituante et indépendance pendant le premier mandat. 24 septembre 2026.
QUÉBEC SOLIDAIRE. Plateforme électorale 2026 — PDF de 35 pages consulté le 4 octobre
Gouvernement et contexte économique
Note méthodologique
Cette version finale avant scrutin recense les engagements structurants et les nouveautés documentées des cinq formations étudiées jusqu’au 4 octobre 2026 à 13H35 (heure du Québec). Elle conserve les programmes sectoriels, les analyses et les réserves nécessaires à leur comparaison, sans reproduire chaque programme dans son intégralité ni certifier indépendamment les cadres financiers.
Les plateformes, communiqués et documents financiers établissent les propositions des partis. Les sources gouvernementales, institutionnelles et journalistiques précisent les règles existantes, les déclarations et leur contexte. Une réaffirmation, un engagement nouveau et une mesure déjà adoptée sont distingués; les contradictions non résolues restent signalées.
Les montants sont présentés avec leur nature et leur horizon : coût annuel ou cumulé, investissement, réaffectation, économie ou recette attendue. Une économie par rapport à une trajectoire n’équivaut pas toujours à une baisse absolue. Les investissements ne s’additionnent pas automatiquement au fonctionnement, et une annonce postérieure au cadre n’est pas nécessairement une dépense supplémentaire.
Le retour à l’équilibre se compare en tenant compte du Fonds des générations, des provisions et des mesures restant à détailler. Le simulateur ministériel ou une revue de concordance ne garantit pas la faisabilité d’un programme. Les estimations de revenus, de capacités ou de logements demeurent des projections, même lorsqu’elles sont chiffrées.
Les tests de crédibilité portent sur le financement, les incitatifs, les délais et l’exécution. Les mots de l’éditeur expriment une appréciation inspirée du libéralisme classique, centrée sur la liberté individuelle, la propriété et le périmètre de l’État. Cette orientation est explicite et n’exempte aucun parti de démontrer ses hypothèses.
Dernière révision éditoriale : 4 octobre 2026 à 13H35 (heure du Québec). Les dates propres aux communiqués et aux cadres financiers sont conservées pour rendre la chronologie vérifiable. Les informations publiées après cette clôture ne sont pas intégrées à cette édition.


