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La victimisation, ça va faire !

Mme Karine Gagnon,

Je vous trouve, ma foi, de plus en plus triste. Ce que je ressens envers vous lorsque je lis vos chroniques, ce n’est pas de la haine. Bien au contraire, il s’agit plutôt de pitié.

Vous qui vous considérez comme journaliste, vous agissez davantage en chroniqueuse. De plus, vous semblez utiliser votre poste de directrice adjointe à l’information au Journal de Québec pour régler vos comptes avec les uns et les autres. Les exemples ne manquent pas.

Une fois, vous mangiez dans un restaurant fonctionnant avec un système de deux services. Vous aviez choisi le premier. Lorsqu’est venu le temps de quitter afin de céder votre place aux personnes du deuxième service, vous étiez encore en train de siroter votre vin.

À la suite de cet événement, plusieurs options s’offraient à vous, notamment l’introspection et la remise en question. Vous avez plutôt choisi d’écrire une chronique intitulée « Quand les restaurateurs se tirent dans le pied ». Cette histoire, je ne l’ai point inventée, puisque vous la racontiez vous-même.

Un autre exemple survint lorsque vous avez rédigé une réponse à Stéphan Dupont en le traitant de misogyne. Vous l’aviez qualifié ainsi parce qu’il avait demandé à Bruno Marchand si vous travailliez pour lui. Vous l’aviez même menacé de poursuites judiciaires.

Vous avez fait de même avec Dominique Dumas lorsqu’il avait défendu M. Dupont. Or, vous collez beaucoup aux basques des maires de Québec, peu importe qui occupe la fonction, qu’il s’agisse de Régis Labeaume ou de Bruno Marchand.

Parlant de Régis Labeaume, vous vous plaisez à dénoncer la toxicité des uns et des autres. Cependant, votre combat est difficilement conciliable avec certains de vos propres articles et prises de position, tant vous lui avez été favorable.

En effet, vous le défendiez, peu importe ce qu’il disait ou faisait. Vous avez même écrit son livre. Pourtant, il pouvait lui-même se montrer particulièrement virulent envers les conseillers d’opposition, les journalistes et les animateurs de radio, allant jusqu’à réclamer la tête professionnelle de quiconque le contredisait.

Vous avez également tendance à blâmer Radio X pour l’exacerbation du « climat toxique » dans la région de Québec. Vous vous disqualifiez donc vous-même lorsque vous prétendez combattre la toxicité en politique sans appliquer les mêmes standards à tous.

Vous vous plaisez également à cracher sur le PCQ, que vous qualifiez de rétrograde. Vous êtes même allée jusqu’à comparer son chef, Éric Duhaime, à un curé lorsqu’il proposait 100 $ pour aider toute femme qui souhaiterait élever son enfant à la maison plutôt que d’attendre longtemps avant de lui trouver une place en CPE.

Vous avez joué le jeu de la CAQ; pardon, de l’Équipe Christine Fréchette, en reprenant la même rhétorique que sa cheffe. Or, Éric Duhaime a longtemps répété qu’il souhaitait favoriser le libre choix.

Pourtant, il semble que vous n’ayez pas compris cette notion. Je me demande même si vous savez réellement ce qu’est la liberté de choix. Il serait aisé de croire que ce concept vous est plutôt étranger.

De plus, vous prétendez que les militants d’Éric Duhaime dans Bellechasse seraient toxiques en vous appuyant sur des affirmations et des ouï-dire entendus ici et là. Si vous disposez de preuves concrètes, montrez-les. Basez-vous sur des faits plutôt que sur quelques anecdotes.

Votre acharnement envers le PCQ ne s’arrête pas là. Vous avez fait tout un scandale du fait que Dominique Dumas, candidat dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière, avait fait le ménage dans ses réseaux sociaux.

J’ai une petite nouvelle pour vous qu’écris-je, un scoop, pardi ! : tous les candidats font le ménage dans leurs réseaux sociaux. Par expérience, je peux même vous dire que les employés politiques doivent eux aussi le faire.

Il est aisé pour vous de critiquer en tant que gérante d’estrade. Il est facile de brailler contre les uns et les autres lorsque vous-même n’avez jamais fait de politique. Je vous mets donc au défi de vous présenter à une prochaine élection, qu’elle soit fédérale, provinciale ou municipale. Juste pour voir.

Vous affublez même Dominique Dumas de toutes sortes d’étiquettes : antiavortement, sexiste, misogyne, etc.

Je doute cependant que vous réussissiez facilement à trouver un parti correspondant réellement à vos positions, tant votre ligne idéologique paraît difficile à cerner. Ce qui vous attire dans la politique, ce ne sont pas tant les idées que le pouvoir. Du moins, vous semblez vouloir rester à proximité du Soleil.

Or, il ne faut jamais voler trop près du Soleil, car il finit par brûler les ailes et, tel Icare, on tombe.

Vous êtes même allée jusqu’à prétendre que des militants du PCQ étaient derrière les insultes qu’aurait reçues la fille de Bernard Drainville lors d’une séance de porte-à-porte dans la circonscription de Lévis.

Pour avoir moi-même fait du porte-à-porte dans le passé, je sais qu’il est peu fréquent, mais certainement pas impossible, que certains citoyens se comportent mal envers des candidats ou des militants.

Je ne prétends aucunement que la fille de Bernard Drainville ait menti. En revanche, mettre cet incident sur le dos du PCQ me semble un peu fort de café.

Pourtant, lorsque les pancartes de la candidate conservatrice de Lévis, Karine Laflamme, sont vandalisées, aucune chronique de votre part.

Je trouve également certaines de vos réactions étranges. Lorsque des gens répondent à vos articles, que ce soit par l’humour ou par la franchise, vous semblez parfois vous réfugier dans la victimisation.

Vous expliquez alors certaines réactions par le fait que « vous êtes une femme ». Honnêtement, je trouve cela bien culotté de votre part.

Lorsque Régis Labeaume se montrait insultant, voire verbalement déplacé, envers Anne Guérette, ou lorsqu’il tenait des propos agressifs concernant Josée Verner, vous ne dénonciez pas son sexisme avec la même vigueur.

Vous êtes donc mal placée pour faire la leçon aux autres en matière de morale et d’intégrité. Vous contribuez vous aussi à la toxicité du climat politique dans la région de Québec.

Lorsque des gens vous répondent sur le fond, vous donnez parfois l’impression de ramener la critique au fait que vous êtes une femme. Pourtant, la majorité des gens n’ont que faire de ce que vous avez entre les jambes. Ils réagissent surtout à vos chroniques.

Certaines atteignent d’ailleurs un tel niveau de controverse que les commentaires ont été désactivés.

Vous représentez, à mes yeux, plusieurs travers que l’on peut reprocher à certains journalistes : la complaisance, la paresse intellectuelle et la victimisation.

Si vous souhaitez vous complaire dans un statut de victime, libre à vous. Cependant, ma canette d’empathie à votre égard est vide.

Les gens qui ne font que se victimiser me font pitié, car ils finissent par être incapables d’avancer. Vous semblez malheureusement en faire partie.

Je vous invite donc à faire preuve d’un peu d’introspection.

À un moment donné, la victimisation, ça va faire !

Nicolas Drolet

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Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

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