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Déficits, rigidité, déclin : heure de vérité pour Postes Canada 🔒

La situation financière de Postes Canada est très précaire. Ce dernier a été frappé de plein fouet par la concurrence dans la livraison de colis. Gabriel Giguère estime que la société d’État ne peut pas continuer de faire des déficits. Selon lui, seules la privatisation et la libéralisation permettraient de baisser les coûts de ce secteur et d’offrir un service efficace pour consommateurs canadiens et québécois.

Entretien

Gabriel Giguère est analyse de politiques publiques à l’Institut économique de Montréal.

Simon Leduc : Quelle est la situation actuelle de Postes Canada?

Gabriel Giguère : « Cela fait des années que Postes Canada n’est plus viable sur le plan financier. Ce sont les conditions de travail (le fait de refuser de travailler les week-ends) et les salaires sont au centre des négociations entre les employés et l’employeur. C’est sa grande rigidité qui empêche les dirigeants de Postes Canada d’être plus performants et de s’adapter aux nouvelles réalités du marché. Je ne crois pas que le conflit de travail va se terminer rapidement. Cela risque de s’étirer pour encore plusieurs mois.

Est-ce que la libéralisation et la privatisation de Postes Canada sont nécessaire afin d’améliorer le secteur de la livraison de colis et de lettres?

Gabriel Giguère : Tout d’abord, cela fait des années que Postes Canada n’est plus en bonne santé financière. Depuis une décennie, cette société de la couronne a un déficit de trois milliards de dollars. Postes Canada a le monopole de la livraison de lettres. Mais, le secteur est en déclin depuis l’avènement de l’Internet. Ce sont les consommateurs qui doivent payer la facture salée des déficits chroniques de Postes Canada. Ces derniers optent de plus en plus pour des entreprises privées qui offrent un meilleur service à moindre coût. Donc, Postes Canada est condamnée à décliner.

Il faut savoir que Postes Canada détenait 62 % des parts de marchés du secteur de la livraison de colis avant la pandémie. Après la crise covidienne, cette société d’État contrôle seulement 33 % de ce marché. Depuis quelques années, le marché de la livraison de colis a explosé à cause de l’achat en ligne qui est en pleine expansion. C’est pour cela que la libéralisation et privatisation sont nécessaires afin d’ouvrir ce secteur à la concurrence. Cela permettrait de hausser le rendement du service avec un prix moins élevé pour les Canadiens et Québécois. Donc, la privatisation de cette société d’État est inévitable à cause de ses problèmes financiers. Le gouvernement fédéral devra un jour agir en ce sens pour que les consommateurs aient accès à un marché concurrentiel qui va leur offrir un bon service de livraison peu coûteux. »

Est-ce que des pays occidentaux ont privatisé la livraison de colis et de lettres?

Gabriel Giguère : « En Allemagne, les entreprises privées contrôlent 85 % du secteur de la livraison de colis et de lettres contre 15% pour l’État allemand. Cette politique a permis de baisser les prix et de hausser la qualité du service. La concurrence a forcé les corporations privées d’offrir un service de livraison de qualité à un prix raisonnable. Je pense que le Canada devrait s’inspirer du modèle allemand.

Pour conclure, Postes Canada est à la croisée des chemins. Ses dirigeants doivent s’adapter à la nouvelle réalité. La libéralisation et la privatisation sont les seules options pour que les Canadiens et Québécois aient accès à un service efficient et peu coûteux. On ne peut pas demander indéfiniment aux consommateurs d’éponger les déficits de Postes Canada. Il faut absolument que l’État fédéral se retire de ce secteur. »

L’entrevue complète en version audio

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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