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La santé : listes d’attente et coûts records… l’humain avant la machine ?

Imagine un mécanicien de 52 ans, à Trois-Rivières ou à Rimouski. Il se blesse le genou au travail. L’opération est nécessaire, mais l’attente s’étire : 8, 10, parfois 12 mois. Il boite, il dort mal, il manque des semaines de travail. Sa famille en arrache avec lui. Et quand il passe enfin, la récupération prend encore du temps.

C’est le quotidien de milliers de Québécois. Pendant ce temps, la machine administrative continue de tourner : formulaires, comités, règles centralisées. On investit des milliards, mais trop souvent l’humain passe après.

À l’autre bout, pense à une grand-maman de 87 ans en perte d’autonomie. Elle ne peut plus rester seule chez elle. L’hôpital veut libérer le lit, mais il n’y a pas de place adaptée en ressource intermédiaire ou en CHSLD. Alors elle « bounce » : hôpital, quelques jours à la maison, urgence à nouveau. Dans un environnement instable comme ça, son stress augmente et sa santé mentale et physique se détériore systématiquement. Un milieu stable et adapté améliore presque toujours son état général.

Le constat : des listes qui persistent et des coûts qui grimpent

Au début 2026, environ 142 000 personnes attendaient une chirurgie au Québec. Plusieurs milliers depuis plus d’un an, surtout en orthopédie. Aux urgences, les temps d’attente restent élevés dans plusieurs régions. Le budget de la santé dépasse les 65 milliards de dollars. C’est une part massive des dépenses publiques, qui augmente avec le vieillissement.

Mais ce n’est pas seulement le vieillissement. La pénurie touche l’ensemble des professionnels de la santé. Médecins, psychologues, travailleurs sociaux, ergothérapeutes et bien d’autres font face aux quotas restrictifs, aux rigidités territoriales et aux barrières à l’entrée maintenues par les ordres professionnels et les structures universitaires. Résultat : des déserts de services et des listes qui s’allongent partout.

  • Chez les infirmières : Ce n’est pas tant un manque global qu’une mauvaise utilisation : une part importante du personnel se retrouve dans des fonctions administratives, de coordination ou de conformité qui limitent le temps consacré aux soins directs.
  • L’environnement de travail : Souvent dur, avec des horaires difficiles, il augmente aussi les congés de maladie.
  • Les IPS : Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ont encore des pouvoirs trop limités pour soulager efficacement le système là où elles pourraient pourtant agir rapidement.

Le coût réel de l’attente

Huit à douze mois de retard, c’est des mois de productivité perdue : arrêts de travail, prestations, fatigue accumulée. Pour le travailleur et sa famille, c’est une perte de revenu directe. Pour la société, c’est du manque à gagner en impôts pour financer les services, incluant les soins aux aînés. C’est un cercle qui alourdit le fardeau de tous.

Pourquoi ça coince : la machine avant l’humain

Le personnel soignant fait un travail remarquable dans un système rigide. Mais plusieurs parties de l’administration contribuent à des délais qui n’ont plus de sens. Trop de couches, trop de règles centralisées, trop de temps en comités au lieu d’être auprès des patients.

Les GMF se sont fait demander d’inscrire beaucoup plus de patients, mais sans toujours avoir la marge de manœuvre nécessaire pour les suivre correctement. Les salles d’opération ne tournent pas à plein. La fluidité manque, particulièrement pour les aînés. On investit beaucoup, mais une bonne partie de l’argent passe dans l’administration plutôt que dans les soins directs.

💡 6 pistes de solution pour ramener le bon sens

Voici une piste de solution qui permet de s’attaquer à la cause véritable et non juste aux conséquences.

1. Moins d’administration et plus de flexibilité locale

Décentraliser les décisions vers les régions et les équipes sur le terrain. Simplifier les règles pour que les hôpitaux et GMF puissent mieux organiser leurs ressources. Réduire progressivement la part des ressources infirmières affectées aux tâches administratives afin de maximiser le temps consacré aux soins directs.

2. Assouplir les quotas, les rigidités territoriales et les barrières à l’entrée

Former plus de médecins, psychologues, IPS et autres professionnels, et permettre une répartition plus souple selon les vrais besoins des régions. Donner une pleine autonomie de pratique aux IPS dans leur champ d’expertise, comme on le voit déjà en Ontario ou ailleurs.

3. Accepter et organiser plusieurs vitesses d’accès

On a déjà deux vitesses : ceux qui sont bien connectés passent plus vite, les autres attendent.

  • Une troisième vitesse payée par la RAMQ (cliniques conventionnées après un délai raisonnable de 6 à 9 mois) est essentielle pour garder l’accès gratuit.
  • Une quatrième vitesse, où ceux qui veulent et peuvent payer de leur poche le font, existe déjà dans les faits : chaque année, des Québécois se rendent aux États-Unis ou ailleurs pour obtenir certains traitements. Autant permettre que ces soins soient offerts ici : on garderait ces dépenses, ces emplois et cette expertise au Québec, tout en libérant de la place pour ceux qui dépendent du public.

4. Améliorer la fluidité pour les aînés

Accélérer la création de places intermédiaires et en CHSLD. Ici, le Québec fait face à une limite réelle : notre capacité de construction locale est insuffisante et les règlements font exploser les coûts dans certains projets. Quand les coûts par place atteignent des niveaux difficiles à justifier, il faut avoir le courage de remettre en question les règles qui contribuent à ces dépassements. Ouvrir à la saine concurrence, y compris aux constructeurs compétents de l’extérieur, force nos propres structures à se moderniser tout en gardant des standards de qualité élevés.

5. Orienter davantage vers la guérison et les changements de mode de vie

Pour chaque problème de santé, offrir systématiquement, quand c’est possible autrement, des options complémentaires en plus de la médication : réadaptation intensive, soutien nutritionnel, activité physique adaptée, accompagnement psychologique, télésuivi. L’objectif n’est pas de juger, mais d’aider les gens à retrouver leur autonomie plus vite et mieux.

6. Renforcer la transparence et fixer des cibles claires

Les tableaux de bord publics existent déjà ; il faut les rendre encore plus utiles. Toute chirurgie jugée prioritaire devrait être réalisée dans un délai maximal de six mois, un seuil qui demeure compatible avec les standards observés dans plusieurs systèmes performants. Si le réseau public ne peut respecter ce délai, la RAMQ doit automatiquement financer l’intervention dans une clinique conventionnée, selon un tarif juste qui reflète la valeur réelle du soin, et non les barrières comptables de la machine publique.

L’impact sur ta vie et sur notre prospérité collective

Quand on réduit les délais inutiles, le mécanicien au genou blessé retourne au travail plus vite. Il gagne son salaire, paie ses impôts, soutient sa famille. Surtout, il retrouve une meilleure santé mentale : il n’est plus diminué par la douleur physique constante ni par l’épuisement psychologique. Il peut être plus actif à la maison, s’occuper de ses enfants, les soutenir comme il faut et reprendre sa place dans sa famille. La société y gagne en richesse collective. La grand-maman retrouve une place stable et digne où son état s’améliore. Tout le monde en bénéficie, sans exception.

Un système plus efficace, c’est moins de souffrance, plus d’autonomie pour les Québécois, et à long terme une pression allégée sur les finances publiques. C’est ton portefeuille et la qualité de vie de tes proches qui sont en jeu.

📌 Conclusion : remettre l’humain avant la machine

On a un système qui a sauvé et sauve encore des vies. Mais on peut faire mieux. Avec moins de bureaucratie, plus de bon sens local, une pleine autonomie pour les IPS, de meilleures conditions pour les infirmières (incluant des horaires plus humains), une acceptation réaliste des vitesses multiples, une vraie ouverture à la concurrence en construction, des cibles claires et une orientation vers la guérison complète et non juste la médication, on peut réduire les listes d’attente et mieux contrôler les coûts.

C’est une question de lucidité et de respect pour le contribuable et le patient. La fierté québécoise, ce n’est pas de défendre un système figé. C’est d’avoir le courage de l’améliorer pour qu’il serve vraiment le monde.

L’humain doit passer avant la machine. Point final.

Sources : Données Québec (portrait des listes d’attente – avril 2026), Le Devoir (février 2026), Budget du Québec 2026-2027.

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Cédric Tardif
Cédric Tardif
Cédric Tardif est un entrepreneur québécois autodidacte, parti de rien – travail en boucherie à 14 ans, apprentissage sur le tas en tech dès 1997, croissance d’une entreprise puis acquisition et revente après des années de travail intense. Passionné par l’autonomie énergétique, la prospérité de tous les Québécois et l’équité sociale, il souhaite contribuer à un enrichissement durable du Québec avec une vision réaliste et pleine de potentiel, pour que chaque Québécois retrouve justice et richesse dans son quotidien.

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